À la SOPROCO, les femmes salariées diversifient les activités pour pérenniser
leur emploi

14 mars 2014

 © PNUD Burundi/Aude Rossignol/2014 © PNUD Burundi/Aude Rossignol/2014 - « Nous louons également une maison que nous avons entièrement équipée pour fabriquer du pain et cuisiner des repas pour les clients du restaurant attenant à notre petite boulangerie. Un repas complet coûte environ 1000 FBU (0,65 USD) ».

Ou comment passer de la gestion des déchets à une entreprise multifonctions 

L’an dernier, une soixantaine de femmes précarisées de Cibitoke ont  été soutenues par le PNUD pour créer une entreprise de collecte des déchets, une première dans la région.

« Grâce à cette première phase de travaux qui s’est concrétisée par 9 mois d’emploi temporaire, nous avons  pu  économiser 4 480 000 Francs burundais (+/- 2900 USD). Les travaux consistaient à collecter et trier les déchets ménagers du centre ville de Cibitoke.

« Avec le capital économisé, nous avons démarré plusieurs activités génératrices de revenus. L’idée était de créer diverses sources d’emploi pour mettre toutes les chances de notre côté afin de garder un travail stable. Nous avons notamment lancé un petit élevage de chèvres et acheté des parcelles cultivables à Cibitoke. Nous louons également une maison que nous avons entièrement équipée pour fabriquer du pain et cuisiner des repas pour les clients du restaurant attenant à notre petite boulangerie. Un repas complet coûte environ 1000 FBU (0,65 USD).

« À côté de ces activités, nous commercialisons le charbon de bois et nous poursuivons nos activités de collecte des déchets. Malheureusement pour cette dernière activité, les citoyens bénéficiant de nos services ne paient pas régulièrement leur cotisation. Un grand effort de sensibilisation reste à déployer pour faire changer les mentalités !

« Pourtant, nous avons contribué à l’amélioration de la situation sanitaire de la ville : les hôpitaux nous ont signalé une baisse des cas de choléra et autres maladies liées au manque d’assainissement urbain. Seuls 200 ménages (sur un total de 2000) paient leur cotisation mensuelle. Le manque de participation financière des habitants nous met en difficulté pour le paiement de nos salaires. Pour remédier à cette difficulté, nous avons décidé, il y a quelques mois, de passer la contribution des ménages de 1000 FBU (0,65 USD) à 3000 FBU (2 USD) par mois.

 

Diversifier l’emploi pour le garantir

« Actuellement, chaque membre de l’association travaille deux jours par semaine à la collecte des déchets et en tire un salaire de 24 000 FBU (16 USD) par mois. Cet apport financier est complété par la participation de chacun dans nos autres activités. La gestion des déchets reste rentable, mais nous souhaitons résoudre une série de problèmes qui entrave le développement de notre projet d’assainissement. Par exemple,  nous rencontrons des difficultés en termes de transport des déchets. Les brouettes dont nous disposons ne sont pas appropriées pour les longs déplacements : leur manipulation demande beaucoup d’efforts et nous ne gagnons pas assez de bénéficies pour louer des camions qui pourraient transporter les déchets de notre lieu de transit au centre ville  jusqu’à la décharge qui se trouve à deux kilomètres d’ici.

« Par ailleurs, nous manquons de débouchés pour la vente du compost. Certains pensent que nous devrions transformer la fumure en briquettes combustibles. Nous aimerions recevoir un appui pour étendre nos connaissances et nos techniques dans ce type de transformation des déchets, ce qui nous aiderait à trouver une alternative à la pénurie de charbon.

« Notre volet vente de charbon est jusqu’à présent le plus rentable de nos projets ; nous achetons le sac au grossiste 1200 FBU (8 USD), et nous le revendons 15 000 FBU (10 USD). Mais nous rencontrons aussi certaines difficultés en termes d’approvisionnement : l’OBR[1] exige beaucoup de taxes. De plus, cette institution nous a sanctionné récemment d’une amende de 100 000 FBU (65 USD) car nous n’avons pu leur fournir de certificat de provenance du charbon.

 

Transformer les matières premières, gage de rentabilité

« Dans le cadre de notre activité de restauration, pour augmenter nos gains, nous aimerions acquérir un moulin pour fabriquer de la farine de maïs. Jusqu’à présent nous utilisions la farine de manioc mais ce tubercule est victime dans la région de la maladie dite « Mosaïque » et les prix ont flambé. Nous utilisons de la farine de maïs venue d’Ouganda mais l’importation de cette denrée augmente son prix. Nous venons d’introduire une demande auprès de l’urbanisme pour acquérir un terrain sur lequel nous souhaitons construire un local pour abriter un moulin à farine.

« Nous vivons dans un climat d’entraide très soudé, les membres de l’association se soutiennent et se serrent les coudes. Mais la conjoncture économique ne permet pas à nos initiatives de prendre leur envol. Nous souhaiterions que l’appui du PNUD se poursuive encore quelques mois le temps de renforcer nos acquis.

« Je pense que ce projet a réellement contribuée à notre épanouissement en tant que femme. L’émancipation de la femme est pour nous toutes la base du développement social, car nous sommes le pilier de la famille ! Une femme émancipée envoie ses enfants  à l’école, elle contribue à améliorer la situation sanitaire des siens  et elle participe à l’amélioration de la société. Actuellement, aucun membre de notre association ne rencontre de problème d’émancipation, nous sommes arrivées à un stade acceptable.

« Les autres femmes de Cibitoke nous envient car elles font face à de nombreux problèmes.  Je pense notamment à la polygamie. Si une femme n’est pas économiquement rentable, son mari la laisse et prend une autre femme qui a des moyens financiers plus élevés. S’ensuivent des problèmes de pauvreté qui amènent les femmes délaissées à la mendicité, voire même à la prostitution. Ce n’est pas une vie décente pour une femme ! »

 

[1] Office burundais des recettes

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