L’artisanat et la créativité au service du développement

08 avr. 2014

Elena Dot, «Ellie», vit actuellement au Rwanda. Elle exerce à Kigali les fonctions de directrice de production et designer auprès de l’organisation Rwanda Basket Company © PNUD Burundi/Aude Rossignol - En mars 2014, «Ellie» a appuyé au Burundi en tant que consultante les formations en teinture et design des fibres végétales du projet d’artisanat de l’organisation Opportunities Accross Africa (OAA), soutenu par le PNUD.

En mars dernier, Eleanor Dart a appuyé au Burundi en tant que consultante les formations en teinture et design des fibres végétales du projet d’artisanat de l’organisation Opportunities Accross Africa (OAA), soutenu par le PNUD. OAA promeut le commerce équitable et la lutte contre la pauvreté à travers le développement de l’artisanat. Ellie nous dévoile son parcours et sa perception du rôle de l’artisanat dans le développement de la sous-région.

« Titulaire d’une formation universitaire en design textile, spécialisation broderie j’ai pu apprendre les techniques de tissage, de coloration des fibres et de design.

« Au terme de mes études, je suis partie en Tanzanie pour travailler dans une fabrique de paniers, « Women craft ». J’ai pris conscience de l’importance de comprendre le savoir faire traditionnel pour pouvoir l’orienter et lui donner une valeur monétaire dans le monde moderne! J’ai appris là-bas à tisser des paniers et à coudre avec des machines à pédales, ce qui m’a permis d’être beaucoup plus efficace dans l’appui donné aux artisans.

« J’ai été engagée ensuite au Rwanda dans mes fonctions actuelles. Mon travail auprès de la Rwanda Basket Company consiste à créer de nouveaux designs et à les introduire auprès des artisans. J’aide aussi à standardiser les couleurs et la qualité des produits afin qu’ils soient prêts et attractifs pour le marché américain, où nous vendons nos articles.

« Nous travaillons au Rwanda avec plusieurs groupements d’artisans qui fabriquent des paniers, des perles de papiers et des sacs en tissus. Je passe beaucoup de temps avec les artisans et savoir tisser, coudre et réaliser des bijoux en papier signifie que je peux donner des conseils techniques pertinents pour améliorer la qualité de l’artisanat. C’est un travail très exigent car les clients aux États-Unis ne connaissent rien aux réalités de l’Afrique de l’Est. Ils achètent un produit en dehors de son contexte et si il ne les satisfait pas en termes de finitions et de couleur : ils n’achètent pas ! J’essaie donc de communiquer aux artisans l’importance de dupliquer le même objet de nombreuses fois exactement de la même façon et aussi de comprendre l’utilité des objets qu’ils fabriquent. Je leur explique que nous allons vendre ces sous-plats aux États-Unis où les familles aiment décorer de belles tables pour recevoir leurs invités. Quand ils comprennent la réelle fonction des choses, cela donne du sens à leur travail, ils savent que les objets qu’ils fabriquent sont importants pour leurs clients, même si pour eux cela n’a aucun intérêt !

Un appui novateur au secteur artisanal burundais
« Je suis venue à Bujumbura cette semaine pour travailler comme consultante pour le projet d'Opportunities Accross Africa (OAA). L’idée initiale était de réaliser un atelier de teintures de fibres végétales. J’ai identifié deux membres d’OAA qui avaient les compétences requises pour être formés à ces techniques.

« J’ai amené avec moi les teintures et la méthodologie et nous avons travaillé ensemble quatre jours pour apprendre à teindre le sisal et le rafia. Comme nous essayons de standardiser les couleurs, cet exercice de teinture qui peut paraître simple se révèle complexe car les mêmes conditions doivent être reproduites à chaque coloration de fibres ! Nous travaillons sur des palettes de couleurs très spécifiques qui doivent correspondre aux saisons du marché américain. J’ai donc appris à mes deux apprentis comment peser précisément et mélanger les pigments, ensuite comment mesurer la température de l’eau et estimer le temps de trempage des matières pour obtenir les coloris exacts. Cette maîtrise de la teinture va aider les bénéficiaires qui sont regroupés en coopérative dans la région de Makamba pour le tissage de bracelets en sisal. Les matières premières vont être teintes aux tons exacts dans le bureau de Bujumbura et puis elles seront acheminées dans les coopératives pour être tissées.

« Les apprentis ont vraiment envie d’apprendre, notamment la maîtrise des couleurs. En Europe nous apprenons cela dès l’école primaire : distinction entre couleurs primaires et secondaires, quelles teintes mélanger pour obtenir telle autre... Ce ne sont pas des concepts que les gens maîtrisent en Afrique de l’Est, ils ne savent pas qu’en mélangeant du bleu et du jaune ont obtient du vert... C’est un grand défi auquel je fais face mais je suis très étonnée de la capacité d’apprentissage de mes stagiaires! Je pense réellement qu’ils feront un travail de qualité à l’avenir.

« Actuellement, je suis en train d’accompagner les coopératives d’artisans de Makamba qui viennent de démarrer leurs activités. Nous avons vu ensemble les principes de base de la distinction des couleurs, nous avons nommé les différentes teintes en kirundi, et pour la continuité de leurs activités elles pourront compter sur l’appui technique du bureau de Bujumbura. Je suis certaine qu’au final, lorsque leurs bracelets de sisal arriveront aux États-Unis, ils seront d’excellente qualité et rencontreront les attentes des clients !

La formation comme pilier d’un projet réussi
« Dans les semaines à venir, les apprentis teinturiers vont continuer à pratiquer leurs connaissances dans la coloration des fibres végétales. Ils vont venir également visiter notre centre de teinture à Kigali où les artisans colorent les fibres à grande échelle. Cela leur donnera une idée de ce que leur centre pourra devenir d’ici un an ou deux.

« Les bénéficiaires regroupées en coopératives à Makamba sont encadrées pendant six semaines par des formatrices qui ont déjà une certaine pratique du tissage de fibres végétales. Ces formatrices ont eu l’opportunité de venir dans notre centre artisanal à Kigali où elles ont reçu la formation technique de base pour réaliser les bracelets en sisal. Lors de l’atelier de cette semaine avec les bénéficiaires, je vais leur présenter les designs de base et l’agencement des couleurs. Venir au Burundi est une étape clé car elle me permet de montrer concrètement à quoi devront ressembler les produits finis. C’est beaucoup plus compréhensible de leur montrer directement l’objet plutôt que de leur envoyer une photo !

« Les formatrices burundaises ont été sélectionnées sur base d’une liste de compétences à démontrer : avoir déjà travaillé dans le tissage, posséder de la dextérité dans les mains, avoir les bases adéquates en mathématique et en mesure.

« Les bénéficiaires sont très appliquées et travaillent très bien, j’estime que d’ici une ou deux semaines elles seront à même de réaliser des produits de bonne qualité pour l’exportation.

Quelle place pour l’artisanat dans le développement ?
« L’artisanat est un secteur très important pour les pays en développement car il n’est pas uniquement focalisé sur le changement et la course en avant ; il donne de l’importance à l’histoire, la culture et aux traditions. Je pense que l’on peut réellement aider un pays à se développer lorsque l’on encourage les compétences et les techniques que les personnes maîtrisent et auxquelles elles accordent de l’importance. C’est pour cela que j’ai envie de dédier ma vie à la valorisation des compétences culturelles et historiques qui existent et les maintenir en vie. Il s’agit de comprendre par exemple comment les artisans rwandais font les paniers, d’où viennent les matériaux faciles d’accès et comment en faire un produit qui se vend plus largement. Il s’agit d’adapter et de changer, de développer les compétences traditionnelles. C’est un réel "empowerment" pour eux, car l’organisation reconnait leurs talents et les aide à les développer ! Je leur apporte des idées nouvelles et ils utilisent leurs compétences techniques pour les développer dans leurs produits d’artisanat. Parfois je rencontre des résistances dans la mise en pratique des nouveaux design que je leur propose. Avoir pu apprendre les bases des techniques de confection et de tissage traditionnelles m’aide énormément pour dépasser ces freins. Je peux élaborer un prototype très basique pour montrer que la réalisation est possible. Comme ils ont beaucoup plus de talent que moi, ils veulent faire mieux, le prennent comme un défis et réalisent des modèles plus aboutis ! Les artisans sont fiers de leurs compétences et leur valorisation les rend aussi fiers de leur pays ».

 

L’appui aux associations de d’artisans fait partie du nouveau pôle de développement local du bureau du PNUD au Burundi.

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