L’artisanat et la corne de vache comme moteurs de changement !

10 avr. 2014

La curiosité de Ben Omondi et son talent pour le travail de la corne et de l’os de bétail l’ont amené à renforcer les capacités de nombreuses communautés d’Afrique de l’Est au travail de ces matières.   © Pnud Burundi/Aude Rossignol/2014 - La curiosité de Ben Omondi et son talent pour le travail de la corne et de l’os de bétail l’ont amené à renforcer les capacités de nombreuses communautés d’Afrique de l’Est au travail de ces matières. Objectif ? Développer l’utilisation de la corne de vache dans l’artisanat burundais et offrir un revenu stable et décent aux familles des bénéficiaires.

Originaire du kenya, Ben Omondi est expert en artisanat dans l’organisation Bemos Craft Developpers. Il nous livre son parcours et sa perception du rôle de l’artisanat dans le développement de la sous-région.

« J’ai commencé à travailler dans l’artisanat en 1997. Je vivais à l’époque dans un bidonville de Nairobi avec mes parents. Dans mon quartier, un vieux monsieur réalisait des articles de cuisine avec des os d’animaux et cela m’impressionnait beaucoup. Je m’y suis intéressé, j’ai passé la plupart de mon temps libre chez lui pour en savoir plus. J’ai développé à ses côtés une passion et des compétences artistiques.

« Quand j’ai quitté mon emploi en 1997, je n’avais pas d’économies pour me permettre de devenir indépendant. En 1998, j’ai reçu un appui de l’ONG Kenya Gatsby Charitable Trust (KGCT), qui a pour objectif principal de vendre de l’artisanat et de travailler avec des groupes d’artistes. J’ai visité leur centre et je leur ai fait part de mon idée de travailler les os d’animaux. Quand ils ont compris que mon idée était nouvelle et leur permettait d’exploiter la filière du bétail, ils m’ont engagé tout de suite pour travailler dans leur département design avec des professionnels. Cette opportunité m’a permis de construire la plupart de mes compétences en design. Nous avons travaillé à la création de plusieurs articles sculptés dans de l’os. Après six mois, l’organisation s’est rendue compte que je possédais de nombreuses connaissances dans ce domaine et je suis devenu une de leurs principales personnes ressource.

« J’ai alors commencé à travailler avec des communautés pour développer des créations à partir d’os. En 1999, ils m’ont envoyé travailler avec une communauté locale de l’Est du Kenya, où il y a beaucoup de chèvres, pour utiliser leurs os à des fins artisanales. L’idée de base était d’insérer ces os dans la fabrication de paniers, comme éléments ornementaux. J’ai fait des recherches sur place et j’ai pu constater que les os pouvaient être parfaitement insérés dans la vannerie. Nous avons créé des modèles simples qui ont été répliqués par la population locale et le projet a été un succès.

« La même année, l’organisation m’a envoyé dans un autre centre artisanal, à Mombasa pour introduire l’utilisation des os et pour les aider dans l'amélioration de leurs sculptures en bois. Grâce à ces expériences j’ai pu commencer à me forger un solide potentiel. Fin 1999, j’ai travaillé à Zanzibar pour initier l’utilisation d’arêtes de poissons. J’ai fait des recherches avec la population et nous avons trouvé des débouchés pour ces trésors de la mer.

« En 2001, Udugu society, une compagnie qui travaille dans l’exportation d’artisanat, a pris connaissance de la qualité de mon travail et m’a fait venir en Ouganda, où j’ai travaillé avec leur département exportation pour développer de nouveaux produits en os. J’ai travaillé étroitement avec leurs designers et nous avons créé de très bons articles. À partir de là, j’ai travaillé pendant trois ans avec différentes organisations de développement communautaire. L’idée était de former les gens à réaliser des objets commercialisables à partir de matières premières disponibles sur place. J’ai fait cela dans la plupart des régions du Kenya où il y a beaucoup de bétail.

« En 2007, KGCT m’a soutenu pour étudier à Kampala la manière dont les gens utilisent les cornes de vaches. J’ai été envoyé aussi en Somalie, au Puntland, pour développer l’utilisation des os de chameau et de la corne de vache.

« Comme vous pouvez le constater, le succès de ce que je fais actuellement est le résultat d’un long processus.

La valorisation de déchets pour lutter contre la pauvreté au Burundi
« Cette année, j’ai été contacté par Opportunities Accross Africa pour intervenir comme consultant au Burundi et appuyer un groupe de bénéficiaires dans le cadre d’un projet du PNUD. Ces personnes de la région de Makamba se lancent dans l’exploitation artisanale de la corne de vache. Il y a beaucoup de potentiel au Burundi pour ce type d’artisanat ! Ici, personne n’utilise la corne et les os de vache, c’est considéré comme un déchet. La plupart des abattoirs les enterrent ou les jettent dans les marais ! Pourtant, ces matériaux sont d’excellente qualité. Les populations locales peuvent donc en tirer profit professionnellement si elles sont soutenues.

« Pour démarrer le projet, nous avons ciblé cinq abattoirs de la région qui fourniront les artisans en matières premières. J’ai formé le personnel de ces abattoirs au traitement de la corne une foi que les vaches ont été abattues. Le projet va leur permettre également d’améliorer leurs revenus car les artisans leur achèteront les cornes à terme entre 1 et 2 dollars É.-U.. Les bénéficiaires du projet, c’est à dire les vingt apprentis artisans, ont été sélectionnés selon les critères de vulnérabilité. Plusieurs d’entre eux sont des rapatriés ou des déplacés internes victimes de la guerre et connaissent une précarité extrême. Ils sont très motivés à apprendre ce métier. Ils ont été impressionné par les échantillons de bijoux et d’objets fabriqués en corne de vache au Kenya que je leur ai présenté au début de la formation qui va durer 29 jours. À son terme, ils devront être capables de réaliser des objets pour l’exportation comme des bagues et des bracelets. Les produits seront achetés par All Across Africa et vendus aux États-Unis.

« L’artisanat peut apporter beaucoup de revenus à la population si les autorités politiques s’impliquent et soutiennent le secteur. Le Kenya est un bon exemple où de très nombreux artisans kényans participent avec leurs produits aux foires artisanales de la région.

« Les défis au développement de l’artisanat peuvent être le manque d’équipements appropriés pour réaliser le travail. Les chalenges sont également humains : lorsque les techniques sont nouvelles, construire l’intérêt des travailleurs peut prendre du temps. Par exemple au Kenya la population n’utilisait auparavant la corne de vache que pour nourrir la volaille. Les kényans ont appris petit à petit les techniques de sculpture de ces matériaux. Mais cela a été un grand challenge pour la population de s’approprier ses techniques, car la plupart des gens ne voient pas l’artisanat comme une source intéressante de revenus ! Les classes les plus éduquées ne souhaitaient pas s’impliquer dans ce travail, car elles recherchaient des métiers « pour les blancs ».

« Depuis que nous avons installé le projet d’artisanat dans le bidonville, où beaucoup de personnes sont sans emploi, la population accepte de venir dans notre structure et de s’adonner à ce travail de création.

« Je suis donc optimiste quant au développement positif de cette nouvelle initiative, ainsi que de sa pérrenité au Burundi. Les futurs artisans ont les matières premières, les outils, la motivation et le marché pour écouler leurs produits. Une combinaison gagnante pour un secteur innovant dans un pays où tout est possible... »

 

Dans le cadre de cette initiative nouvelle, le PUD a apporté son soutien à OAA en finançant la formation des bénéficiaires et les équipements utiles au travail de la corne.

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