Burundi : l’urgence de créer des emplois durables et décents

18 déc. 2015

 La transformation structurelle des économies implique le développement de nouvelles activités plus productives, ainsi que le déplacement des ressources et de la main d’œuvre des activités traditionnelles vers ces nouvelles activités. © PNUD Burundi / Aude Rossignol / 2014 - « La transformation structurelle des économies implique le développement de nouvelles activités plus productives, ainsi que le déplacement des ressources et de la main d’œuvre des activités traditionnelles vers ces nouvelles activités. Cela permettra d’accroître la productivité globale et de créer de nouveaux emplois plus décents.

« Le Burundi est actuellement le seul pays de la Communauté des pays d’Afrique de l’Est (CAE) à ne pas disposer d’une Politique nationale d’industrialisation. Fort de ce constat, le Gouvernement a décidé, en novembre 2015, d’entamer le processus de formulation de cette politique, avec l’appui technique et financier du PNUD. Un Comité de pilotage assure la coordination de l’élaboration d’un premier document de projet qui sera soumis à l’examen de l’ensemble des parties prenantes avant l’adoption d’un document final. Cette initiative suit les orientations des documents cadres comme la « Vision Burundi 2025 » et le Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté (CSLP II), ainsi que les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD), notamment les objectifs 8 et 9 relatifs à la diversification et la transformation structurelle des économies des pays en développement en vue de la création de nouveaux emplois décents et durables.

« La transformation structurelle des économies implique le développement de nouvelles activités plus productives, ainsi que le déplacement des ressources et de la main d’œuvre des activités traditionnelles vers ces nouvelles activités. Cela permettra d’accroître la productivité globale et de créer de nouveaux emplois plus décents. L’histoire du développement nous enseigne le rôle essentiel que l’Industrialisation a joué dans l’amélioration des conditions de vie des populations en Europe, en Amérique et en Asie. Les économistes reconnaissent le rôle particulier de l’Industrie comme lieu principal des innovations technologiques et des gains de productivité. Elle demeure un des principaux moteurs de l’activité économique, en termes de valeur ajoutée et d’emploi.

L’état des lieux
« La population du Burundi vit à près de 90 % en milieu rural et essentiellement des produits de l’agriculture traditionnelle. Le secteur industriel reste sous-développé et ne contribue que pour à peine 15 % au PIB et à moins de 1% des emplois. Selon la dernière Enquête nationale sur les conditions de vie des ménages (ECVMB), publiée en juillet 2015 (Module enquête emploi), le secteur agricole occupe toujours près de 90 % de la population active et fournit près de 80 % des emplois. Malheureusement, plus de 90 % des emplois de ce secteur restent informels et précaires.

« Le Burundi demeure un des pays les plus pauvre du monde avec près des deux tiers de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Les deux dernières enquêtes nationales sur les conditions de vie des ménages (ECVMB-2013/2014 et QUIBB 2006) nous apprennent que la pauvreté n’a reculé que de 2,3 % entre 2006 et 2014, et ce malgré la période de stabilité politique et de consolidation de la démocratie à partir de l’année 2005. Cependant, le pays ne peut espérer réaliser les ODD et éradiquer la pauvreté d’ici 2030 si la pression démographique se maintient à la densité moyenne actuelle de près de 340 habitants par km2 avec un indice de fécondité qui reste élevé (6,4 enfants par femme). La pression sur la disponibilité en terres cultivables est donc forte (moins de 0,5 Ha par ménage en moyenne) et le manque de terres  est à l’origine des tensions communautaires. Dans le même temps, elle aggrave et accélère la dégradation de l’environnement (érosion et baisse de la fertilité des sols, déboisement, appauvrissement de la biodiversité etc.). L’économie burundaise, essentiellement agricole et peu industrialisée, est également exportatrice d’une gamme très limitée de matières premières agricoles.

Le secteur industriel doit lui faire face à d’énormes contraintes, tant du point de vue du manque de capitaux destinés à la rénovation des vieux équipements et à l’exploitation des filières porteuses de transformation, que de celui de l’absence de normes de qualité, d’un climat des affaires peu propice aux investissements et de l’absence de services de promotion et d’appui à la production industrielle. En conséquences de cette situation, la base exportable de produits manufacturés est extrêmement faible et la balance commerciale du pays est structurellement et largement déficitaire ; le taux de couverture des importations par les exportations étant inférieur à 20 % depuis plusieurs années.

Les solutions envisageables
« Le Burundi voudrait se doter d’une Politique industrielle pour à la fois promouvoir la diversification de son économie, transformer le monde rural en créant de nouveaux emplois décents, soutenir l’objectif d’augmentation du taux d’urbanisation du pays, améliorer sa balance commerciale et soutenir une croissance inclusive et durable.

« Le pays possède un certain nombre d’avantages comparatifs en matière de ressources naturelles (mines, agriculture, climat, eau, énergie, forêts, etc.). Mais elles ne sont pas encore exploitées de manière optimale. En s’appuyant sur de bonnes politiques et des institutions publiques appropriées et performantes, ces ressources naturelles peuvent être à la base du développement d’une industrie diversifiée et de filières à même de créer de nouveaux emplois décents, en particulier dans le monde rural. Le secteur agricole dans lequel travaillent la grande majorité des pauvres doit demeurer à moyen terme une grande priorité pour le Burundi. Celui-ci peut, tout comme la plupart des pays africains, et s’il se dote des leviers politiques adéquats, engager sa propre révolution verte et faire avancer la commercialisation de ses produits agricoles à forte valeur ajoutée.

« Cependant, il y a des prérequis à la réussite d’une politique nationale d’industrialisation, à commencer par la stabilité politique, la bonne gouvernance et un bon climat des affaires. Atteindre ces prérequis est indispensable pour pouvoir attirer les investissements structurants dans le pays. Les instruments politiques doivent également inclure : la coordination des investissements en matière de formation et de renforcement des compétences dans les filières porteuses ; le développement des infrastructures d’appui à la production, notamment dans les domaines de l’énergie, des transports et des Technologies de l’information et de la communication (TIC) ; la promotion de la Recherche & du développement, l’élaboration de politiques destinées à attirer les Investissements directs étrangers (IDE) ; des politiques fiscales appropriées, etc.

« Si toutes les conditions sont réunies, un premier document de projet sera produit avant la fin de l’année 2015, et examiné par le comité de pilotage mis en place à cet effet.  Il sera ensuite partagé avec toutes les parties prenantes en vue de son amélioration. L’adoption de cette Politique nationale d’industrialisation du Burundi pourrait avoir lieu au courant du premier trimestre 2016, à l’issue d’un processus participatif. Cette politique d’industrialisation devrait donc permettre au Gouvernement de disposer, dès le début de l’année prochaine, d’une Vision et d’un Plan d’action lui permettant d’orienter la diversification et les transformations structurelles de l’économie burundaise, en vue de créer de nouveaux emplois décents et durables dont le pays a tant besoin pour son développement ».

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