Aborder les défis actuels fera progresser le Burundi dans la réalisation des ODD

14 févr. 2016

© PNUD Burundi / Aude Rossignol / 2015 – Le décollage du secteur privé et la transformation structurelle de l’économie devraient être favorables au développement économique et social du Burundi. © PNUD Burundi / Aude Rossignol / 2015 – Le décollage du secteur privé et la transformation structurelle de l’économie devraient être favorables au développement économique et social du Burundi.

Par Daniel Gbetnkom

« À peine la page des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) est-elle tournée que s’ouvre celle des Objectifs de développement durable (ODD) et, si l’on fait le bilan des OMD au Burundi, leur performance peut être classée en trois catégories :

1e catégorie - celle des OMD 2 (Assurer l’éducation primaire pour tous), OMD 3 (Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes)  et OMD 6 (Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies) dont presque toutes les cibles ont été entièrement atteintes, avec une performance très appréciable ;

2e catégorie - celle des OMD intermédiaires, les OMD 4 (Réduire la mortalité infantile) et OMD 5 (Améliorer la santé maternelle), dont la performance moyenne a permis de  réaliser partiellement les cibles visées ;

3e catégorie - celle des OMD à performances médiocres qui n’ont atteint presque aucune cible. Il s’agit notamment de l’OMD 1 (Éradiquer la pauvreté et la faim) et de l’OMD 7 (Préserver l’environnement). Ce dernier OMD compte certes des avancées en matière d’accès à l’eau potable mais il marque aussi un recul important en ce qui concerne le couvert forestier du pays qui est menacé de disparaître, d’ici à 24 ans selon les dernières estimations, si des efforts conséquents ne sont pas déployés pour sa préservation.

L’OMD 8 (Partenariat mondial pour le développement) rentre lui aussi dans la même catégorie. Ses progrès n’ont toutefois pas été à la hauteur des attentes si l’on considère la grave crise socio-politique dans laquelle se trouvait le pays au moment de l’adoption des OMD en 2000. Cette crise avait plongé le pays dans une phase de croissance négative dès les années 90. Remonter la pente et arriver au niveau où nous en sommes aujourd’hui, est à porter au crédit du Burundi. Bien que les  progrès obtenus ne soient pas à la hauteur des attentes espérées, ils n’en demeurent pas moins légèrement perceptibles.

Passer des OMD aux ODD, dans quel but ?

« Passer d’un cycle de développement à 8 objectifs à un cycle composé de 17 objectifs a pour but principal de corriger les manquements observés au cours de la période du cycle des OMD, comme par exemple la prise en compte des inégalités sociales et de ce qui peut être le fondement de la réduction de la pauvreté, la croissance.

« Compte tenu du bilan des OMD, le Burundi est directement interpellé par les ODD 1, 2, 4, 7, 8, 9, 10, 13, 16 et 17, mais les autres ODD sont aussi très importants pour le pays. Il faut également que le Burundi pérennise certains des acquis considérables obtenus par le pays au cours de la phase des OMD. Les ODD pour lesquels le pays devra fournir beaucoup d’efforts au cours des prochaines années tournent autour des secteurs sociaux, des droits de l’homme et de la gouvernance, mais également des secteurs de la transformation économique, qui sont les fondements d’un décollage économique effectif pouvant conduire à la création d’emplois et à la réduction considérable de la pauvreté.

« Cependant, les bailleurs de fonds, qui contribuent à 50 % du budget national, sont aujourd’hui réticents à maintenir le niveau de leur aide, et partant, la continuité de ce cadre de politique internationale. À moins que dans les jours et les mois à venir, la diplomatie du pays ne se fasse plus conquérante pour enrayer la froideur des bailleurs de fonds et revitaliser le partenariat mondial, l’incidence sera négative sur la stabilité du secteur social et des programmes de développement économique. La réalisation de certains ODD devrait également en souffrir d’une manière considérable. Cela signifie que sans aide extérieure, le pays ne pourra compter que sur la collecte de l’épargne locale qui est, comme on le sait, plutôt faible.

« En se fondant uniquement sur la loi de finance 2016, on peut citer quelques exemples, par ordre décroissant d’importance, des ODD qui seront les plus concernés :

- les ODD relatifs au développement local et à la réduction de la pauvreté qui est plus élevée en zones rurales, et dont le budget a été réduit de 300 %.
- De même, les ODD 3, 6, 16, et 17, qui concernent l’accès à l’eau potable et la préservation de l’environnement, les droits de l’homme et les affaires sociales, la santé et le bien-être et la revitalisation du partenariat mondial enregistrent des compressions budgétaires respectives de 85 %, 65 %, 54 % et 30 %.

« Si les défis conjoncturels actuels, à savoir l’insécurité élevée, la gouvernance, une diplomatie active pour ramener les bailleurs de fonds à la table du développement, le décollage du secteur privé, la transformation structurelle de l’économie, sont abordés sereinement, alors le Burundi devrait au cours des 15 prochaines années enregistrer des progrès très appréciables, car ce pays regorge d’atouts favorables au développement économique et social. Le Burundi dispose ainsi :
-    de ressources naturelles et environnementales non négligeables, comme la grande source de nickel[1] au niveau du continent africain ;
-     d’un  potentiel non négligeable pour développer le secteur agricole ;
-     de ressources humaines et notamment sa jeunesse;
-     d’une position géostratégique dans l'entre deux sous-régions, l’Afrique centrale et l’Afrique orientale et d’une intégration régionale ;
-     de son engagement dans la mise en œuvre des différents Cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté (CSLP).

« Un autre atout est la diversité des partenaires classiques au développement, concourant  à propulser le Burundi vers la réalisation des ODD : le Gouvernement, partenaire fondamental ; la société civile, véritable contrepoids aux orientations gouvernementales ; le secteur privé, au centre de la mise en œuvre des ODD  qui crée l’emploi. Tous concourent à  l’éradication de la pauvreté, sans oublier les Partenaires techniques et financiers (PTF), dont l’apport est capital. En effet, rappelons que le budget du pays dépend à 50 % de l’aide internationale ».

 

 

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[1]  La quantité de Nickel disponible est estimée à plus de cent cinquante millions de tonnes (gisement de Musongati, province de Rutana) et 90 millions de tonnes (gisement de Waga-Nyabikere, province de Karusi)

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