Les femmes apportent une solution à la gestion des déchets de Cibitoke

© PNUD Burundi/Aude Rossignol /2012 - Les marchés et les rues de Cibitoke étaient jonchés d’ordures. Aucun service n’était prévu pour débarrasser la ville de ses déchets. L’association Dusukure Igisagara (Rendons propre la ville), qui veille chaque jour à l’enlèvement des ordures, à leur stockage et à leur revalorisation.

Voici un mois, les marchés et les rues de Cibitoke étaient jonchés d’ordures. Aucun service n’était prévu pour débarrasser la ville de ses déchets ménagers et publics, ni pour assurer leur recyclage. Face à cette problématique, plusieurs partenaires ont décidé de s’unir pour créer l’association Dusukure Igisagara (Rendons propre la ville), qui veille chaque jour à l’enlèvement des ordures, à leur stockage et à leur revalorisation.

C’est l’ADIB (Association pour le développement intégral au Burundi) qui coordonne l’initiative, avec l’appui du PNUD. Dans le cadre d’un partenariat public-privé avec la commune, 60 personnes précarisées (ex-combattants, vulnérables, rapatriés) ont été sélectionnées pour mettre en œuvre ces travaux de salubrité publique.

En 2012, quatre projets pilotes ont été lancés dans les provinces de Cibitoke et de Bubanza. Ils visent en particulier à autonomiser les femmes, qui constituent 80 pour cent des participants. La moitié d'entre elles sont des veuves. Elles ont commencé leurs activités par l’évacuation des montagnes de déchets qui polluaient les marchés de la ville. Par la suite, elles ont mis en place un système de collecte quotidien des déchets des ménages. Chaque jour, équipées de brouettes et de pelles, elles sillonnent les rues de la ville pour collecter les ordures, qui au préalable ont été stockées par les familles dans des sacs fournis par l'ADIB.

À retenir

  • En 2012, quatre projets pilotes ont été lancés dans les provinces de Cibitoke et de Bubanza. Ils visent en particulier à autonomiser les femmes, qui constituent 80 pour cent des participants. La moitié d'entre elles sont des veuves.
  • L’ADIB (Association pour le développement intégral au Burundi) coordonne cette initiative communautaire, avec l’appui du PNUD.
  • Les travailleurs du projet sont rémunérés 2 USD par jour. Sur cette somme, une épargne individuelle de 0,5 USD et une cotisation sociale de 0,2 USD sont prélevées et placées sur le compte du projet.
  • Pour que le projet devienne à terme autosuffisant financièrement et assure sa pérennité, la population est invitée à payer une taxe mensuelle par ménage de 0,5 USD, afin de financer les services rendus.

Les déchets sont alors stockés par quartier dans des aires transitoires, avant d’être enlevées par un camion qui les emmène à la décharge située en dehors de la ville. Dans cet espace mis à disposition par la commune, les travailleurs trient les déchets. Les résidus organiques sont séparés des plastiques et de la ferraille. Tout ce qui peut être transformé en compost est déposé dans des fosses couvertes de toits de paille. Au bout de deux mois, quand la fumure sera prête à l’utilisation, elle sera revendue 0,8 USD les 10 kg.

Ces bénéfices viendront alimenter les caisses de l’association, contribuant à assurer sa pérennité. Les déchets de fer, très peu nombreux, seront revendus au kilo à une entreprise qui les recycle. Les déchets plastiques quand à eux n’ont pas encore trouvé de débouché et sont enterrés dans le sol.

Un emploi qui nourrit et qui valorise

Les travailleurs du projet sont rémunérés 2 USD par jour. Sur cette somme, une épargne individuelle de 0,5 USD et une cotisation sociale de 0,2 USD sont prélevées et placées sur le compte du projet. Au-delà de l’apport économique et de l’intérêt en termes d’hygiène, l’initiative a un réel impact social. Les femmes qui étaient marginalisées par leur statut d’ex-combattantes, de rapatriées ou de vulnérables sont valorisées par le service utile qu’elles rendent à la communauté en évacuant les déchets.

« Certaines femmes n'ont aucune source de revenus », explique Jacqueline Ndikumana, bénéficiaire du projet. « Avec l'argent gagné grâce au projet, elles peuvent maintenant se lancer dans l’agriculture, faire du commerce et subvenir à d'autres besoins ».

« Personnellement, je gagne mieux ma vie », confie Peruth qui participe elle aussi au projet de gestion des déchêts« Je sors progressivement de la pauvreté. J'ai acheté des outils ménagers, et ils sont très utiles pour ma famille ».

Dans le cadre de ce projet, des séances de formation à l’hygiène sont organisées pour les habitants de Cibitoke. Ces espaces de discussion et de sensibilisation permettent aux communautés de donner leurs points de vue et de participer à la gestion de la cité.

L'association Dusukure Igisagara n’est qu’à ses débuts. Il s'agit d'un projet d'autonomisation économique des femmes qui fait partie de l'initiative PPP (Partenariat Public Privé) financée par le BCPR (Bureau for Crisis Prevention and Recovery) à travers le bureau régional du PNUD (RSC-ESA). Ces subsides couvrent notamment le matériel et les salaires des six premiers mois de fonctionnement. À terme, le projet devra être autosuffisant financièrement pour assurer sa pérennité.

C’est dans ce sens que les différents acteurs locaux impliqués sensibilisent la population au paiement d’une taxe mensuelle par ménage de 0,5 USD, pour financer les services rendus par les nettoyeurs et recycleurs de Cibitoke. La motivation et le courage de ces derniers, l’utilité de leur travail, promettent un avenir radieux à leur initiative. Mais il leur sera nécessaire d’être créatifs et ingénieux pour résoudre les problèmes de recyclage des déchets non organiques. Peut être la solution viendra-t-elle des pays voisins ? Une belle histoire à suivre…

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