Réduire de 90 pour cent la consommation de bois, c’est possible !

L’utilisation de foyers améliorés permet de diviser par dix la quantité de bois consommé.
© PNUD Burundi / Aaron Nsavyimana / 2014 - L’utilisation de foyers améliorés permet de diviser par dix la quantité de bois consommé. Mais le recours à ces foyers, qui ne sont pas encore vulgarisés à travers tout le pays, ne suffira pas pour éradiquer le fléau de la déforestation au Burundi. Le recours à d'autres énergies alternatives, à large échelle, pourra seul concourir à limiter la destruction de l’environnement.

Le Burundi dépend à 95 pour cent du bois pour le chauffage et la cuisson. Cela signifie que chaque année 64 km² de forêt partent en fumée.  À ce rythme, le pays sera complétement déforesté d’ici 30 ans !  Aujourd’hui, l’heure est à la recherche de techniques pour substituer ou réduire l’utilisation du bois pour sauver cette ressource qui se raréfie, et par ricochet préserver l’environnement.

Dans cette course contre la montre, le pays est soutenu par le PNUD et d’autres partenaires, comme la Chine, qui prévoient d’appuyer prochainement un concours sur l’énergie. Lors de la semaine de l’innovation, le PNUD a présenté l’énergie comme un secteur qui mérite l’attention pour confirmer son importance au Burundi. L’an dernier le PNUD a ainsi accompagné le pays dans la rédaction du document de Stratégie nationale sur l’énergie.

À retenir

  • Au Burundi, Le bois sert à couvrir 100 % des besoins en énergie domestique, et occupe 95 % de la balance énergétique nationale.
  • Un kilo de charbon provient de la carbonisation de 10 kilos de bois. Leur utilisation directe génère 40 000 kilocalories.
  • Un kilo de charbon ne produit que 6000 kilocalories et la carbonisation réduit la disponibilité énergétique de 80 pour cent.
  • Une famille de 8 personnes utilise quotidiennement environ 3000 ou 4000 francs Bu pour se procurer du charbon de bois, tandis que le bois utilisé directement sans carbonisation permet de préparer de la nourriture pour 15 personnes (2 ménages) à un prix compris entre 500 et 1000 FBU
  • L’utilisation des briquettes et des foyers améliorés peut réduire de 90 à 10 pour cent la consommation du bois Une famille peut ainsi réduire la dépense en charbon de bois de 50 à 60 pour cent en utilisant 5 kg de briquettes vendues à 300 FBU le kg, soit 1500 FBU.

Les différents secteurs concernés par les questions de l’énergie et environnement étaient invités à ce forum national, dont les départements gouvernementaux,  le parlement,  les ONG, la société civile, le système des Nations Unies et le secteur privé. Ce dernier était  particulièrement représenté par les opérateurs spécialisés dans le domaine, et par des investisseurs potentiels venus témoigner de leur expérience dans l’utilisation de substituts au bois de chauffage et de cuisson (foyers améliorés, briquettes combustibles, fours solaires, vélo, lumière, biogaz, etc.).

La société « Burundi Quality Stoves S.A.» (BQS), crée en 2006 et dirigée par M. Éphraïm Ndayishima, un chimiste d’une cinquantaine d’années, est à l’origine de l’une de ces initiatives nouvelles de protection de l’environnement. Cette entreprise, qui occupe 120 personnes, fabrique  des foyers améliorés qui réduisent la consommation du bois. Elle a également mis sur pied une unité de transformation des déchets en briquettes combustibles.

Ces briquettes, appelées « Tabara igiti » en Kirundi, ce qui signifie « Sauver le bois », sont fabriquées à partir du recyclage des déchets de café, de bois, de palmier, de canne à sucre et de tous les autres déchets agro-forestiers. « Ce que d’autres considèrent comme des  détritus constitue notre  matière première. Notre travail a donc un double aspect de nettoyage et de protection de l’environnement par la production de ce combustible», souligne Éphraïm.

100 ha de boisement partent en fumée quotidiennement

Les villes du Burundi déciment chaque jour 100 ha de boisement. « La ville de Bujumbura consomme à elle seule 600 tonnes de charbon de bois par jour » affirme Ephraim. Ce constat est alarmant et une solution limitant la consommation de charbon de bois serait la bienvenue.  L’utilisation de foyers améliorés qui permet de diviser par dix la quantité de bois consommé est l’une des réponses à cette problématique.

Le recours à ces foyers qui ne sont pas encore vulgarisés à travers tout le pays n’est toutefois pas une panacée pour éradiquer le  fléau de la déforestation au Burundi. Le stopper exiger un  travail en synergie des producteurs de combustibles et autres sources d’énergie comme le gaz, le biogaz, la tourbe, l’énergie solaire, l’énergie électrique. Le recours à ces énergies alternatives, à large échelle, peut concourir à limiter la destruction de l’environnement et à la pression sur les forêts, car il  faut laisser le temps aux arbres de se régénérer.

Promotion des énergies renouvelables : le rôle incontournable du gouvernement

Les entreprises du secteur privé qui promeuvent les énergies renouvelables jugent primordial le rôle du gouvernement pour promouvoir les combustibles qui remplacent le bois et le charbon. « L’État seul a les moyens de pousser son avantage là où nous ne pouvons aller. À titre d’exemple, l’État finance des institutions qui consomment beaucoup de bois, comme les écoles, la police, l’armée, etc. Il peut donc les sensibiliser à l’utilisation de combustibles de substitution et de foyers améliorés », note Éphraïm.

Éphraïm part des  expériences pilotes qui ont déjà été lancées au Burundi. « La distribution de briquettes recyclées à l’armée depuis 2006 a permis de protéger 2000 ha de forêt. Cette année, nous avons entamé la distribution mensuelle de  400 tonnes de nos briquettes à 6000 ménages vivant dans les camps de réfugiés. Au bout d’une année, nous aurons permis de protéger de 200 à 300 ha en évitant que les réfugiés n’utilisent le bois », ajoute Éphraïm.

Encouragé par l’engagement du gouvernement et du PNUD à valoriser les solutions alternatives à la consommation du bois, Éphraïm entend apporter sa pierre à l’édifice à travers la vulgarisation de ses produits et la création de synergies entre fabricants de biens  similaires, pour surmonter ensemble les problèmes communs.  C’est dans cette perspective qu’il négocie avec les institutions de microfinance afin de faciliter aux ménages l’achat de foyers à crédit. Aux artisans, il demande de  s’investir et d’être disponibles. «C’est une source d’emploi et de revenu », conclut  Éphraïm.

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