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 © PNUD Burundi/Aude Rossignol/2015 – 20 personnes vulnérables, dont 18 femmes, suivent une formation de 4 mois en sérigraphie et en gestion des coopératives, organisée par l'ONG OAA et soutenue par le PNUD. Le but final est que les bénéficiaires puissent gérer, indépendamment, intégralement et de façon pérenne, leur futur atelier de production.
© PNUD Burundi / Aude Rossignol / 2015 – Claudine et Donatien sont deux bénéficiaires de la formation à la sérigraphie, organisée par OAA et soutenue financièrement par le PNUD. Tout comme les dix-huit autres participants au projet, ils ont été sélectionnés selon des critères de vulnérabilité. Tous les participants sont des rapatriés victimes des heures sombres de la guerre civile.

Derrière un portail discret de la petite ville de Bubanza, à l’Ouest du Burundi, plusieurs personnes en tablier blanc s’activent, pot de couleur à la main, autour de toiles de coton et de films plastiques.

A l’écoute des conseils des formateurs, ils pratiquent les enseignements pratiques acquis à l’occasion d’une formation de quatre mois à la sérigraphie, organisée avec le financement du PNUD.

« Nous avons constaté que créer un atelier de sérigraphie pouvait répondre à une demande sur le marché de la vente d’artisanat. Localement pour les mariages et les fêtes mais aussi à l’étranger pour  la vente de différents petits produits tels que les nappes, les trousses… », affirme Denis, qui encadre le projet pour le compte de l’ONG Opportunities Across Africa (OAA), partenaire du PNUD.

À retenir

  • 20 personnes vulnérables, dont 18 femmes, bénéficient actuellement de la formation à la sérigraphie à Bubanza.
  • Pendant la durée de la formation, les bénéficiaires reçoivent 2000 BIF (1,2 USD) et un repas par jour.
  • Après la formation, chaque nouvel artisan recevra une première somme de 22 USD pour acheter le matériel de base et démarrer sa production artisanale.
  • Au total, avec le soutien financier du PNUD, OAA souhaite créer sur deux ans au Burundi 12 coopératives de 20 artisans. Au total 240 personnes seront concernées par le projet.

Les vingt participants au projet ont été sélectionnés selon des critères de vulnérabilité. Tous sont des rapatriés victimes des heures sombres de la guerre civile.

«  Nous avons lancé des communiqués au niveau des églises pour informer du démarrage d’une formation sur les métiers. Les personnes intéressées se sont inscrites et nous avons rendu visite aux candidats pour évaluer leurs conditions de vie. Nous avons sélectionné les plus vulnérables »,  précise Denis.

Claudine, 22 ans, a déjà eu une trajectoire de vie difficile « J’avais douze ans quand j’ai décidé d’intégrer un groupe rebelle pour pouvoir gagner un peu d’argent pour survivre. J’ai vécu plusieurs années dans la forêt de la Kibira, avant d’être démobilisée à l’âge de dix-sept ans ».

© PNUD Burundi/Aude Rossignol/2015 – Claudine et Donatien, deux bénéficiaires de la formation à la sérigraphie. © PNUD Burundi / Aude Rossignol / 2015 – 20 personnes vulnérables, dont 18 femmes, suivent la formation de 4 mois en sérigraphie et en gestion des coopératives, organisée par l'ONG OAA et soutenue financièrement par le PNUD. Le but final est que les bénéficiaires puissent gérer, indépendamment, intégralement et de façon pérenne, leur futur atelier de production.

Claudine a alors essayé de retourner à l’école, mais cela n’a pas été possible faute de moyens pour couvrir les frais scolaires. « J’ai donc décidé de me marier et de travailler dans les autres familles comme ouvrière agricole », raconte Claudine. « Les conditions de vie étaient très difficiles. Heureusement j’ai eu la chance d’intégrer le projet de création de coopératives d’artisans ». Quand elle a intégré le groupe d’artisans, Claudine ne connaissait rien à la sérigraphie. « J’ai connu des moments de désespoir au début, je ne pensais pas pouvoir reproduire un jour les techniques que l’on m’apprenait. Mais aujourd’hui je le fais tellement bien que je me sens capable de former de nouvelles personnes ! Ma famille est très enthousiaste par rapport à ce que j’apprends, et je ferai en sorte de léguer à mes enfants les connaissances artisanales acquises ici ».

Un soutien indispensable au leadership

Des personnes, ayant un niveau scolaire plus avancé, ont été associées au projet pour qu’elles puissent assumer le rôle de leader dans la gestion de la coopérative qui sera lancée après la formation. C’est le cas de Donatien, un rapatrié de Tanzanie, qui a pu étudier jusqu’en 9ème année. « Je suis très content d’avoir appris comment écrire des textes parfaits sur une banderole. C’est une technique assez difficile qui me permettra assurément d’avoir un salaire pour subvenir à mes besoins ». 

En plus de la formation pratique, les bénéficiaires suivent des cours théoriques sur la gestion des coopératives. Ils y apprennent comment s’organiser au sein d’un groupement d’artisans, comment obtenir un  capital pour démarrer leur coopérative artisanale. « Nous avons appris également à rédiger des rapports, à constituer une épargne et à étendre notre commerce en ouvrant d’autres centres d’artisanats. Nous souhaitons créer nous-mêmes une solution pour les personnes sans emploi en leur offrant une formation similaire à celle que nous avons suivi », explique Donatien.

Les apprentis-sérigraphes sont également formés par un designer qui les aide à créer leurs modèles et les stimule dans la pratique de la technique.

À l’issue de la formation, chaque coopérative de 20 personnes recevra jusqu'à 15 840 dollars américains en appui au démarrage de leurs activités d'artisanat et pour s'autonomiser par la suite sur les marchés local, national, régional et international.
OAA, grâce à ces fonds octroyés par le PNUD, suivra et accompagnera pendant trois mois le fonctionnement et le financement de la coopérative. Le but est, qu’au terme de cette période d’incubation, les bénéficiaires prennent leur envol pour gérer, indépendamment, intégralement et de façon pérenne, leur atelier de production. Une première coopérative de transformation de la corne de vache, composée de 20 membres dont 8 femmes, a ainsi déjà été démarrée sur ce principe à Nyanza Lac.

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