L’emploi des jeunes : un pari pour le Burundi

2 août 2013

© PNUD Burundi/2011/Aaron Nsavyimana - Assurer l’emploi, surtout l’emploi des jeunes, est inscrit en lettres d’or parmi les secteurs prioritaires du développement du pays. Un jeune en formation au centre Don Bosco à Bujumbura

Par Aaron Nsavyimana

Bujumbura, Burundi - Le 31 décembre 2015 sonnera la fin de l’échéance fixée en septembre 2000 par les dirigeants du monde pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Les évaluations montrent que les pays pauvres ont enregistré des progrès mitigés, certains ayant même frôlé le recul. La pauvreté, la mauvaise gouvernance, l’exploitation irrationnelle des ressources naturelles, les conflits, la démographie non maitrisé, le chômage des jeunes sont autant de facteurs qui ont empêché la réalisation des OMD.

Quelle est la situation actuelle ?

Aujourd’hui, le compte à rebours a commencé. Le Burundi peut se targuer d’avoir enregistré quelques progrès palpables. Néanmoins, le chemin à parcourir reste long. Des réflexions ont été entreprises pour prévoir un cadre de développement post-2015. Assurer l’emploi, surtout l’emploi des jeunes, est inscrit en lettres d’or parmi les secteurs prioritaires du développement du pays.

Le Burundi s’enlise dans une crise de l’emploi générée par les faibles performances de sa croissance économique ces trois dernières décennies. Inférieure à 5 pour cent pour la décennie 1980, négative pendant les années 1990, elle s’est accompagnée d’un accroissement de la pauvreté qui est passée de 35 pour cent en 1990 à 67 pour cent aujourd’hui, après avoir atteint un pic de 81,3 pour cent en 1998. La petite amélioration enregistrée entre 2006 et 2009, avec un taux de croissance annuelle de 4 pour cent, n’a pas beaucoup changé la donne. Pour la période 2012-2015, les projections tablent sur une croissance annuelle de 6,9 pour cent, ce qui ne suffira pas pour résoudre le problème actuel du chômage des jeunes, particulièrement chez les diplômés et les jeunes vivant en milieu urbain.

Pourquoi une telle ampleur des problèmes de l’emploi ?

Les facteurs sous-jacents à l’origine du chômage sont liés au faible développement du secteur privé, au ralentissement des recrutements dans la fonction publique, à l’inadéquation des profils de formation, à l’absence de politique nationale de l’emploi et à la mauvaise connaissance du marché du travail. À cela s’ajoutent des problèmes de gouvernance dans la gestion des opportunités d’emploi, d’inaccessibilité au système formel de financement, d’insuffisance de structures d’encadrement à l’auto-emploi et de faible diversification des créneaux porteurs d’emploi.

Pour inverser la tendance, et en vue de permettre l’industrialisation du pays, il faut mobiliser des investissements conséquents afin de moderniser le secteur agricole et développer les secteurs porteurs de croissance comme le tourisme, l’artisanat, les mines et les nouvelles technologies de la communication (TIC). Une grande attention doit être accordée à la participation du secteur privé comme moteur du développement, à la promotion d’un climat attractif des affaires et à la mise en place d’infrastructures d’appui à la production.

Aujourd’hui, les secteurs des mines et du tourisme bien que porteurs de potentialités, sont peu développés, avec une contribution respective au PIB de 1 et 2 pour cent. Les parts du secteur privé, de l’industrie, du commerce et des services sont aussi insignifiantes et représentent respectivement 5, 0,2 et 30 pour cent. Les investissements dans le capital humain, les infrastructures, l’énergie, les transports et les communications demeurent aussi un enjeu majeur notamment pour stimuler les investisseurs étrangers.

Un grand vide à combler

La faible productivité du pays entre 1960 et 1997 n’a pas permis une transformation structurelle de l'économie permettant de générer des niveaux de croissance économique élevés et stables.

En dépit de cette inquiétante situation l’espoir est permis, car le pays cumule plusieurs potentialités qui sont autant d’opportunités pour sortir du marasme.

Le secteur agricole reste l’épine dorsale de l’économie du pays et les récentes adoptions de la Stratégie nationale agricole (SAN) et du Plan national d’investissement agricole (PNIA) pour la période allant de 2012 à 2017, offrent un cadre adéquat aux principales orientations de l’action future du pays pour le développement de son agriculture et de l’élevage. Le même cadre met fortement l’accent sur la professionnalisation des producteurs, la promotion de l’innovation et le développement des filières et de l’agro-business, ce qui englobe l’élevage et la pêche.

Par ailleurs, les secteurs des mines et du tourisme représentent un potentiel prometteur. En effet, le Burundi possède de grandes réserves de nickel et d’autres minerais. Des efforts sur le plan légal et technique sont actuellement déployés afin d’être en mesure de démarrer leur exploitation. Le tourisme est également l’un des principaux secteurs porteurs de croissance du pays et des efforts importants ont été mis en œuvre pour redynamiser et promouvoir ce secteur.

Le pays s’est également engagé à améliorer le climat des affaires, notamment à travers les réformes engagées sur le plan légal, l’amélioration du régime fiscal et des délais de création d’entreprise.

L’intégration du Burundi à la Communauté des États d’Afrique de l’Est lui ouvre un vaste marché régional dont le PIB représente environ 75 milliards de dollars. Le Burundi bénéficie également de l’accompagnement de ses partenaires internationaux pour l’amélioration de l’accès à l’emploi. Le PNUD qui l’appuie pour la préparation de l’Agenda post-2015, travaille aussi à la mobilisation des fonds nécessaires à la mise en œuvre du programme d’accélération de la croissance à moyen terme ou « Cadre stratégique croissance et de lutte contre la pauvreté de deuxième génération », CSLP II (2012-2016). Le PNUD s’est également engagé à aider le Gouvernement dans la conduite d’un processus participatif d’élaboration de la Politique nationale de l’emploi (PNE).

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