Régulariser le mariage pour donner une dignité aux femmes et aux enfants des couples dits illégaux

6 déc. 2013

© PNUD Burundi/Aaron Nsavyimana/2013 - Madame Derphine Barayigenera signe de son empreinte digitale le registre d’état civil à l’occasion de la régularisation de son mariage avec monsieur Stéphane Murima.

Par Aaron Nsavyimana

Burundi , Bujumbura - L’union libre cache souvent la polygamie une pratique pourtant prohibée par la loi burundaise. Elle connaît une montée fulgurante dans la localité de Kigwena, dans la commune de Rumonge, au Sud du Burundi où le retour massif de Burundais rapatriés de Tanzanie a gonflé le nombre de foyers fondés hors contrat de mariage. Ces unions libres sont jugés illégales par la législation burundaise qui ne reconnaît le mariage qu’à travers le droit écrit, au contraire de la Tanzanie où les usages coutumiers, comme la cohabitation permanente, homologuent le mariage. Au Burundi, les conséquences sont énormes pour les femmes et les enfants issus de ces couples formés sans le fondement juridique d’une union scellée devant un représentant de l’État. Leurs droits civiques et matrimoniaux sont ainsi carrément niés.

À Kigwena, la situation est très inquiétante. L’administrateur communal de Rumonge, M. Gérard Ndikumana, estime qu’un tiers des familles de la commune vivent en concubinage. L’ampleur de ces « mariages illégaux », comme on les appelle communément a poussé le ministère de l’Intérieur à lancer, en collaboration avec l’autorité communale, un recensement sur chaque colline afin de connaître le chiffre exact de ces couples concubins. À terme, ce décompte vise la défense de la légitimité des enfants nés hors mariage. Les parents ne se soucient pas de les faire enregistrer à l’état civil, et de ce fait, ils ne peuvent bénéficier des avantages sociaux réservés aux enfants en jeune âge, comme la gratuité des soins de santé et de l’éducation. Autre triste réalité, le respect de la dignité de ces enfants et de leurs mères est souvent bafoué. Certains hommes, profitant du vide juridique, maltraitent ces femmes et leurs enfants et leur infligent un traitement physique et moral dégradant. Ils peuvent aussi les chasser à leur guise, d’autant que la loi ne les protège pas et qu’ils ne bénéficient guère des avantages offerts par le code des personnes et de la famille.

L’administration soucieuse de la situation

Des efforts soutenus de sensibilisation doivent être menés pour revaloriser l’idée du mariage auprès « des couples illégaux » et des Burundais rapatriés de Tanzanie et éviter les nombreux problèmes sociaux qu’entrainent ces unions libres non reconnues par le droit burundais, note l’administrateur de Rumonge. Dans le cadre d’un projet à haute intensité de main d’œuvre financé par le PNUD, l’administration a déjà amorcé une action qui vise à fournir, sur une période de trois mois, de l’emploi temporaire à 80 bénéficiaires parmi les rapatriés, les déplacés, les ex-combattants et les personnes vulnérables de la communauté d’accueil. Pour y parvenir, l’administration locale a concentré son action sur la régularisation des mariages et l’inscription des enfants au registre d’état civil, pour leur assurer la citoyenneté en droits et devoirs. Pour premiers résultats, le projet a achevé récemment la construction d’un marché local ; permis la régularisation du mariage de dix couples et l’enregistrement de 157 enfants aux registres de l’état civil.

Une célébration des mariages festive

C’est dans une ambiance détendue qu’ont été célébrés ces mariages, les mariés laissant exploser leur joie. Les mariés se sont dit oui, sourire aux lèvres, se promettant amour et fidélité et de ne jamais se séparer jusqu’à la mort.

Après lecture des articles du code civil et signature du registre de mariage par les époux et leurs témoins, l’administrateur de Rumonge n’a pas caché sa joie d’avoir des apôtres qui vont l’aider à convaincre d’autres polygames et concubins à leur tour régulariser leur état civil. Ces mariages sont l’occasion de féliciter les mariés, mais aussi de leur prodiguer des conseils. « Je vous félicite. Même si vous vivez ensemble depuis plusieurs années et que vous avez des enfants. Quand vous êtes entrés ici, vous étiez des garçons et des filles, maintenant vous êtes devenus époux, maris et femmes. Unis dans la loi, vous jouissez de tous les droits civils. Vous ne pouvez plus vous séparer et vos enfants jouissent, dès maintenant, des droits que leur reconnaît la loi en vertu de votre mariage. Je félicite aussi les parents qui ont fait inscrire leur enfants, j’espère que les autres vont suivre ce bon exemple », a déclaré Gérard Ndikumana.

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