Sauvegarder et protéger la diversité de la flore et de la faune de la Ruvubu

30 mai 2014

© PNUD Burundi / Patrice Brizard / 2014 - Un habitant de la Colline Rabiro à proximité du Parc de la Ruvubu, province de Karuzi, explique comment sa communauté participe au reboisement des collines pour lutter contre la déforestation et l'érosion des sols.

Par Elvira Carmelle Nezerwe et Jean-Petit Niyonkuru*

Le Parc national de la RUVUBU s’étire le long de la rivière dont il tire son nom et s’étend sur quatre provinces et huit communes, couvrant une superficie  de 50 800 ha. Il constitue la plus grande aire protégée du Burundi et existe depuis 1980. Il est important, tant du point de vue culturel qu’écologique, et abrite des espèces rares d’animaux qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le pays, comme les buffles.

On y trouve également le Cob défassa, les guibs harnachés, les babouins, les singes vervets, les cercopithèques à diadème et plusieurs sortes d’oiseaux. Les antilopes Rouannes et Sitatunga, les chacals et les lycaons, y vivent mais sont moins nombreux. La rivière de la Ruvubu, quant à elle, abrite les hippopotames, les crocodiles et  14 espèces de poissons.

Ces espèces animales sont menacées par le braconnage, fréquent dans le parc, ainsi que par les feux de brousse allumés par les chasseurs. Aussi, Les voyageurs quittant Karusi vers Muyinga allument aussi des feux pour éloigner les animaux et se frayer un chemin. Or, les animaux qui fuient ne reviennent que rarement dans le parc.

Des mesures contre le braconnage

Toutefois, le parc est actuellement protégé. C’est ce qu’affirment la population habitant aux alentours du parc et le responsable de l’Institut national pour l’environnement et la conservation de la nature (INECN) sur la colline de Rabiro. Ils sont rassurants sur les mesures prises contre le braconnage.

L’association pour la protection des ressources naturelles et pour le bien-être de la population du Burundi (APRN/BEPB),  soutenue par le PNUD/FEM (Fonds pour l’environnement mondial) a donné des formations à la population pour les sensibiliser sur l’importance de la sauvegarde du parc. La population a bénéficié du bétail (chèvres) pour les aider dans cette démarche.

Gabin Ndanezerewe, un bénéficiaire du projet, estime que sans la distribution de bétail et la formation dispensée, la réussite de ce programme aurait été compromise, du fait que les ressources des habitants provenaient en grande partie de l’exploitation du parc.

L’APRN a formé, parmi la population, des vigiles qui aident le personnel de l’INECN à faire des patrouilles chaque jour dans le parc pour lutter contre le braconnage. Dans cette même perspective, l’administration locale a instauré des sanctions à l’encontre de quiconque osera tuer un animal du parc. « Dernièrement, un buffle solitaire s’est échappé mais il a été rapatrié sans aucune égratignure »,  témoigne une mère habitant près du parc de la Ruvubu.

L’APRN a également lancé un projet de plantation d’arbres pour la protection de l’environnement. « C’est pour inciter les populations environnant le parc de la Ruvubu à reboiser les terres et à sauvegarder la biodiversité », explique Alexis Nikiza, directeur de l’APRN.

La publication d’un rapport de l’Institut national pour l'environnement et la conservation de la nature (INECN) fustigeait déjà la création tardive des aires protégées pour lutter contre la déforestation de plusieurs régions du pays et la disparition de peuplements végétaux primitifs qui aujourd’hui nous sont inconnus. L’ensemble des espèces végétales constituant la flore au Burundi ont été depuis longtemps répertoriées, mais de nombreuses collines étaient déjà déboisées et la forêt n’y subsistait que sur les crêtes. Si des initiatives ont été prises pour remédier à cette situation, la question n’est pas pour autant résolue et demeure d’actualité.

Protéger les plantes menacées de disparition

C’est dans ce cadre assez défavorable pour la flore que l’APRN a initié le reboisement des collines avoisinant le parc de la Ruvubu. Les initiateurs du projet ont aussi pensé à planter des espèces végétales menacées de disparition. « Nous avons planté 172 400 espèces végétales, dont des eucalyptus, greaveria etc. », précise Alexis Nikiza. Il  ajoute que le bilan est selon lui positif, même si les plants distribués ne sont pas en nombre suffisants. La population locale, d’ailleurs convaincue de l’utilité du reboisement, réclame encore plus de plants pour accélérer le reboisement. Alexis Nikiza espère qu’une autre distribution de plants pourra avoir lieu avec l’arrivée de nouveaux moyens financiers.

Les bénéficiaires se réjouissent tous de cette initiative. « Tout le monde profite du projet. On ne voit plus de terres arides, sans arbres, on ne voit que de la verdure », confie fièrement Pascal Munambo, un quadragénaire habitant la colline de Rabiro.   

Les habitants de Rabiro lancent d’ailleurs un appel aux décideurs nationaux afin qu’ils prennent conscience de la nécessité du reboisement et qu’ils mobilisent des nouvelles ressources financières et mettent en œuvre une stratégie nationale de protection de la flore au Burundi. À court terme ils souhaitent qu’une connaissance approfondie de la flore puisse se traduire par l’élaboration d’une liste exhaustive des espèces floristiques du pays. Le Burundi est appelé à exercer son contrôle des espèces végétales menacées, afin de mettre en place, un mécanisme de valorisation des ressources naturelles nationales.

À Rabiro, la population a compris qu’ils doivent préserver et protéger le parc, car il est important pour leur bien-être et celui des générations futures. Et comme le disait si bien Saint Exupéry « La terre ne nous appartient pas, nous l’empruntons à nos enfants ».

* Cet article a été écrit par des étudiants en communication de l'Université Lumière dans le cadre d'une initiative PNUD, avec le soutien du FEM, de l'APRN, d'IWACU et de Radio Bonesha.

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