Développer une filière de la pêche responsable et durable sur le Lac Tanganyika

13 août 2015

© PNUD Burundi / Aaron Nsavyimana / 2015 - Le financement du PNUD a permis à la COPEDECOBU d’acheter quatre pirogues équipées de moteurs hors-bord et de caisses isothermes pour stocker le poisson sous glace après sa capture. Le poisson se conserve plus longtemps et peut être transporté sur une longue distance. La qualité et la fraicheur des prises permettent aux pêcheurs de vendre leur poisson à un bien meilleur prix à Rumonge et à Bujumbura où ce produit est très prisé.

 

Par Aaron Nsavyimana

RUMONGE - Au Burundi,  le secteur de la pêche fait vivre environ 100 000 personnes et contribue pour un tiers à la consommation en protéines animales de la population[1]. Malgré son rôle névralgique dans l’économie du pays, le secteur est longtemps resté mal organisé.

En 2008, à l’initiative de la région des Pays de la Loire (France), une avancée pour la création d’une filière pêche conséquente a pu voir le jour à Rumonge grâce à l’installation d’une machine à glace destinée à faciliter le conditionnement du poisson. Fin 2014, le PNUD s’est associé à cette initiative pour développer le Projet catalytique d’appui au développement d’une filière pêche responsable et durable au Burundi. L’apport financier de l’institution en 2015, à hauteur de 36 321 081 FBu (23 150 USD) a ainsi contribué à l’amélioration de la qualité du poisson marchand et, plus globalement, à l’autonomisation et à professionnalisation de la filière du commerce du poisson sous glace. Cette initiative vise également à favoriser le développement d’une pêche durable qui préserve les ressources halieutiques, le lac et sa biodiversité.

La professionnalisation de la filière

Trois grandes associations du secteur[2] ont fusionné en une seule agence représentative de la filière pêche, la Coopérative de pêche pour le développement et la commercialisation du poisson au Burundi (COPEDECOBU). Celle-ci est fonctionnelle depuis septembre 2014 et compte 1737 inscrits parmi les 8022 pêcheurs recensés sur le littoral du Lac Tanganyika. La quantité du poisson pêché depuis la création de la coopérative est passée de 80 000 tonnes en 2013 à 140 000 tonnes aujourd’hui.

Avant la création de la COPEDECOBU, « Chacun s’organisait à sa manière, rien ne marchait correctement », se souvient Ibrahim Nzeyimana, 58 ans, vendeur de poissons depuis 35 ans et président de la COPEDECOBU. Aujourd’hui, les trois associations travaillent ensemble et se partagent les activités de la filière sous la férule de la COPEDECOBU, et en collaboration avec la direction (ministérielle) de la pêche. Cette dernière a trouvé en la coopérative un interlocuteur capable de faire évoluer de manière structurée l’ensemble du secteur. Le métier de pêcheur présente de grands risques et l’affiliation de la COPEDECOBU à l’Institut de sécurité sociale (INSS), a représenté un avantage non négligeable pour les membres de la coopérative. « De quoi attirer de nouveaux adhérents à la COPEDECOBU », se réjouit Ibrahim.

Du poisson de qualité, la création d’emplois et un nouvel élan pour les exportations

L’inexistence de moyens adéquats pour le transport du poisson freine le développement de la filière de la pêche au Burundi. En l’absence de camions frigorifiques, celui-ci est transporté dans des camionnettes sous la chaleur du soleil, ce qui détériore sa fraicheur et sa qualité. 

Le financement du PNUD a permis à la COPEDECOBU d’acheter quatre pirogues équipées de moteurs hors-bord et de caisses isothermes pour conserver le poisson sous glace après sa capture. Cette acquisition a porté à six le nombre de pirogues propriétés de la coopérative. « Notre objectif est de produire un effet multiplicateur, qui démontre aux pêcheurs l’intérêt d’utiliser la glace dans la pêche, et les encourage à adopter cette pratique », explique Jean Bosco Baragunaguza, 46 ans, pêcheur et secrétaire exécutif de la COPEDECOBU. « Sous glace, le poisson peut être transporté sur une longue distance et être conservé longtemps sans  risque de détérioration.. La qualité et la fraicheur de notre pêche nous permet de vendre notre poisson à un bien meilleur prix à Rumonge et à Bujumbura où le poisson est très prisé ».  

L’initiative est aussi créatrice d’emplois : chaque pirogue peut emmener de 6 à 8 pêcheurs, soit une quarantaine de personnes. Le développement de services connexes autour de la pêche, comme la restauration et la construction d’un centre de traitement du poisson à Buterere (Bujumbura), unique au Burundi, vont améliorer les conditions de transformation du poisson sur le plan qualitatif et sanitaire et augmenter les revenus de la filière, notamment en ouvrant la voie des exportation vers le Rwanda et l’Ouganda.

Préserver la ressource, le lac et sa biodiversité

La COPEDECOBU se soucie en outre de la conservation de la biodiversité du Lac Tanganyika et de la protection de son environnement. Tout particulièrement elle lutte contre l’utilisation des filets maillants prohibés qui épuisent la ressource en capturant les jeunes poissons ; contre la destruction des berges du lac, notamment pour l’extraction du sable ; et pour délimiter et identifier les zones de frayère, afin de les préserver. La COPEDECOBU sensibilise les pêcheurs pour qu’ils contribuent à l’achat du carburant nécessaire à la bonne marche des pirogues de surveillance motorisées installées dans chaque port.

Aujourd’hui la COPEDECOBU pense à l’avenir et au retrait futur des bailleurs. Elle s’attelle à susciter de nouvelles initiatives et pense déjà aux stratégies de pérennisation des activités de la filière pêche.

 

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[1]  Sources COPEDECOBU et département des Eaux, Pêche et Aquaculture

[2] L’ADEP (Association pour le développement des pêcheurs), la FPFPB (Fédération des Pêcheurs et des Fournisseurs de poissons du Burundi) et l’AVEPOMABU (Association des Vendeurs de Poissons sur le Marché central du Burundi).

 

 

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