Lutte contre les changements climatiques : Quel peut être le rôle des communautés ?

30 nov. 2015

© PNUD Burundi / Aaron Nsavyimana / 2015 - Le Burundi, comme de nombreux pays du Sud, est déjà particulièrement affecté par les effets des changements climatiques. Des initiatives sont en cours pour inverser la tendance. Parmi celles-ci les activités soutenues par le Fonds pour l'environnement mondial/Programme des micro-subventions (FEM/PMS).

Par Aaron Nsavyimana

La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) s’ouvre à Paris ce 30 novembre. Une échéance cruciale qui doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous, pour maintenir le réchauffement climatique en-dessous du seuil de 2°C. Le Burundi, comme de nombreux pays du Sud, est déjà particulièrement affecté par les effets des changements climatiques. Des initiatives sont en cours pour inverser la tendance. Parmi celles-ci les activités soutenues par le Fonds pour l'environnement mondial/Programme des micro-subventions (FEM/PMS).

Kirundo, la province septentrionale du Burundi, fut longtemps considéré comme le grenier du pays, alimentant le reste du territoire en haricots et sorgho. Mais la production agricole a fortement baissé. Aujourd’hui la province est confrontée à des perturbations climatiques attribuées, selon les communautés locales, aux impacts négatifs de l’homme sur la nature. Dans le but d’améliorer  la résilience climatique et la restauration de la fertilité des sols de la région, le PNUD participe à hauteur de 49 688 dollars au financement d’un projet FEM/micro-subventions sur la colline Kiyonza qui surplombe le lac Cohoha. L’objectif principal du projet étant de protéger la végétation naturelle des berges du lac, menacée par la mise en culture des collines bordant les rives du lac. Une des conséquences immédiates de ces mises en culture est la fuite des poissons vers la rive rwandaise du lac mieux protégée.

Une dizaine d’associations comptant 423 membres dont 123 femmes, 250 hommes, 50 jeunes et 24 batwa exécutent ce projet.  La responsabilisation de la population est engagée pour faire face aux changements climatiques, réduire leur effet par l’aménagement du littoral, l’installation de dispositifs antiérosifs et la protection de la zone tampon par le reboisement d’une bordure de 30 m. Les arbres et arbustes replantés séquestrent une part du CO2, gaz à effet de serre. Dans le cadre précis de la résilience climatique, le projet vise également à long terme à amener les communautés à développer des activités génératrices de revenus comme l’élevage et d’améliorer la production agricole avec l’apport en fumure organique. Dix vaches ont été données aux communautés dans le cadre d’une chaîne de solidarité communautaire.

« Au début du projet, nous  ne pensions pas que notre zone allait changer au point d’attirer la convoitise des voisins qui  commencent à nous imiter ! Une différence nette s’observe entre un champ appartenant à un agriculteur membre de l’association et celui d’un autre agriculteur », explique Léopold Barusasiyeko, vice-président de l’association de protection de l’environnement de  Kiyonza.

En effet, en bordure des courbes de niveaux, des plantes fourragères et des essences arbustives ont été plantées qui assurent la rétention d’eau, évitent l’érosion du sol et gardent la fraîcheur des champs en période de sécheresse.  Ces espèces cohabitent parfaitement avec les cultures telles que la calliandra, la greviléa et l’Aeschnomene elephroxylon. « Le lac ne subit plus l’envasement dû au ruissellement des eaux de pluies et les arbres plantés au bord du lac ont permis de rétablir les zones de frayère pour la reproduction et la ponte des poissons. Actuellement, le poisson   revient du côté burundais, ce qui nous permet d’accéder à ce produit qui était devenu rare. Notre implication dans la gestion du littoral empêche aussi aux pêcheurs d’utiliser des filets prohibés, par conséquent le poisson se reproduit plus rapidement », indique Léopold.

Jacqueline Niyongoma, 40 ans et son voisin Rwasa Ruhayira, 61 ans ont été choisis pour recevoir chacun une vache, car Ils répondaient aux critères communautaires comme disposer d’assez d’herbe fourragère pour nourrir le bétail. Leurs champs sont parmi les plus productifs de la zone alors qu’avant  ces lopins de terre étaient comptés parmi les propriétés ingrates.

Ces résultats sont la preuve que Richard Nkurunziza, encadreur provincial des associations à Kirundo, vient de gagner son pari « protéger le lac à l’instar de ce qui se fait sur sa rive rwandaise. Pour l’avenir, nous pensons déjà à un projet plus vaste d’aménagement des exploitations qui longent le lac. Cette fois-ci nous prévoyons de prendre en compte l’aspect résilience en introduisant une activité génératrice de revenus qui incite la population à protéger l’environnement et à en tirer un certain revenu. Aujourd’hui, grâce à la protection et à la fertilisation des sols,  la population produit assez pour se nourrir et dégager un surplus destiné à la vente. La population est sensibilisée et nous ne doutons pas que  le projet va faire école auprès des communautés environnantes pour quelles en dupliquent les bonnes pratiques ».

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