La décentralisation et les gouvernements locaux : piliers du développement durable

30 mars 2016

© PNUD Burundi/Geneviève Delaunoy/2016 - À la tribune du Forum des gouvernements locaux des pays de la Communauté des États d’Afrique de l’Est, de gauche à droite, S.E. Madame Jeanne d'Arc Kagayo, ministre du Développement communal ; M. Mwangi Kiunjuri, Ministre Kenyan de la Décentralisation et de la Planification ; et Natalie Boucly, Directrice pays du PNUD.

Par Geneviève Delaunoy

L’expérience de terrain le montre : si l’on accroît la gouvernance locale, cela contribue à rapprocher les populations des administrations. Conséquence directe, elles participent davantage à la prise de décision sur les sujets qui les concernent et se sentent impliquées dans le développement de leur communauté, de leur région, de leur province, ce qui crée un cercle vertueux pour l’ensemble du pays.

Cette décentralisation effective est au cœur de la coopération régionale des pays de l’Afrique de l’Est dans laquelle le Burundi, la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya et le Rwanda sont fortement impliqués, aujourd’hui.  En effet, depuis 2005, les gouvernements locaux se sont regroupés au sein de la  Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (EALGA-East African Local Government Association). En 2008, Ils ont été rejoints par l’Association burundaise des élus locaux (ABELO).

Depuis cette date, trois Forums des gouvernements locaux  (EALGF) ont déjà été organisés. La quatrième session s’est déroulée au Burundi, en sa capitale  Bujumbura,  les 29 et 30 mars 2016, avec l’appui du PNUD, autour du thème suivant: « Bâtir des gouvernements locaux suffisamment équipés  pour rendre des services de qualité aux populations et contribuer à l’atteinte des objectifs de l’Agenda post-2015 ».

 

Complémentarité locale, nationale et régionale

L’Honorable Mwangi Kiunjuri, Ministre kenyan de la Décentralisation et de la Planification (Devolution and Planning) a présenté les premiers résultats du Plan stratégique 2015-2020, adopté au Forum de Nairobi en 2014, et en particulier l’étude menée avec l’appui du PNUD sur trois des cinq axes retenus dans ce Plan ; à savoir le développement local, le financement des collectivités locales et la démocratie inclusive. Une conclusion majeure se dégage : sans transfert fiscal conséquent du pouvoir central vers les collectivités locales, la décentralisation ne pourra pas se développer concrètement sur le terrain. Après validation du document par l’Assemblée, M. Kiunjuri a passé le flambeau de la présidence de l’EAGLF à S.E Madame la Ministre burundaise du Développement communal, Jeanne d’Arc Kagayo, qui a conduit les travaux du Forum. Une délégation marocaine, comprenant des parlementaires, dont une femme, était aussi présente  au Forum pour partager son expertise et engager des débats fructueux sur la décentralisation.

Les objectifs du Forum des gouvernements locaux sont les suivants :

  • Présenter une vision régionale commune de gouvernance locale d’intégration, de décentralisation et de commerce ;

  • Promouvoir le bien-être social et économique des citoyens par un développement durable, une gouvernance locale juste et démocratique ;

  • Renforcer les gouvernements locaux en Afrique de l’Est à travers un plaidoyer auprès des gouvernements nationaux pour qu’ils transfèrent les pouvoirs et les ressources nécessaires aux collectivités locales ;

  • Mettre en œuvre les 17 Objectifs de développement durable (ODD) via les gouvernements locaux.

Lors de son discours d’introduction, Mme la Ministre du Développement communal, Jeanne d’Arc Kagayo, a rappelé l’importance de « promouvoir la décentralisation et la démocratie locale pour garantir une meilleure prise de décision, une mobilisation de ressources propres, un partage de bonnes pratique et la fourniture des services publics locaux en mettant l’accent sur les normes, les standards et la redevabilité envers les citoyens ».

Pour le PNUD, co-organisateur de ce Forum, la situation actuelle au Burundi, illustre bien la nécessité d’impliquer davantage les gouvernements locaux et les territoires, qu’il s’agisse de la crise socio-économique ou encore des risques de catastrophes naturelles dus, entre autres, au phénomène de changement climatique lié à « el Niño ». Il s’avère donc indispensable d’engager activement les territoires pour mettre en œuvre une stratégie de proximité et atteindre un niveau de résilience communautaire qui assurent la survie des populations les plus vulnérables et les plus affectées par des conflits et désastres qui frappent périodiquement le pays.

C’est dans ce contexte qu’en concertation avec le gouvernement du Burundi, le PNUD s’est engagé dans un processus de capitalisation de différentes expériences réalisées, tant au Burundi que dans d’autres pays, en matière de décentralisation et de développement humain au niveau local. Concrètement, cela a débouché sur le Programme d’Appui à la mise en convergence territoriale et l’engagement pour le développement humain (PACTE).

L’objectif est de promouvoir un processus de relèvement communautaire vers le développement local durable qui puisse aboutir à la croissance économique, à l’égalité sociale, à la construction/consolidation de la paix et à la protection de l’environnement à l’échelle locale.

Pour Mme Natalie Boucly, Directrice Pays du PNUD, « à travers le Programme PACTE et ses mécanismes de gouvernance, le PNUD cherche à rapprocher la population des élus locaux et des  administrations locales en ouvrant un espace de dialogue et de concertation territoriale. Le PACTE veut également aider à valoriser l’économie locale et à resserrer les liens entre la population active et les institutions de microfinance pour mieux accompagner la création d'entreprises locales autour des potentialités économiques régionales. Le rôle des gouvernements locaux sera encore plus pertinent et essentiel dans cette démarche car il permettra de planifier d’une façon participative les investissements prioritaires à réaliser au niveau du territoire, et de les inscrire dans les politiques et stratégies ministérielles ».

À l’issue de ce Forum, les participants ont adopté une Déclaration finale qui consacre l’importance du gouvernement local comme pilier du développement durable mais qui souligne aussi l’urgence de mettre en place les dispositifs institutionnels, légaux, fiscaux, humains et financiers pour permettre aux collectivités locales de bien planifier leur stratégie, réussir leur décollage socio-économique et, au final, gagner la bataille contre la pauvreté.

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