Appui à la sécurité communautaire et la cohésion sociale auprès des jeunes touchés par les conflits

20 juil. 2016

© PNUD Burundi/Patrice Brizard/ 2016 - 65 % de la population burundaise est composée de jeunes. C’est la couche la plus vulnérable de la société, car en butte à la lutte pour la survie quotidienne et sans grand espoir de trouver un emploi. En situation politique et sociale instable ces jeunes sont prédisposés et exposés à toutes formes de dérives. C’est à eux que s’adresse en priorité le projet d’appui à la sécurité communautaire et la cohésion sociale, notamment dans les provinces de Bujumbura Mairie, Bujumbura Rural et Bururi.

Par Guemou Louis Togba et Patrice Brizard

Bujumbura, Kamenge – C’est devant un public nombreux, composé de plusieurs centaines de jeunes, des autorités municipales, de représentants des services techniques de l’État, des chefs d’agence de l’ONU et de M. Paolo Lembo, Coordinateur résident du Système des Nations Unies et Représentant résident a.i. du PNUD au Burundi, que Son Excellence M. Jean Bosco Hitimana, Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, a prononcé son discours de lancement du projet d’« appui à la sécurité communautaire et la cohésion sociale auprès  des jeunes touchés par les conflits ». Ce projet est mené conjointement par le FNUAP, le PNUD et le Programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) dans trois provinces cibles : Bujumbura Mairie, Bujumbura Rural et Bururi.

Les composantes et priorités du projet

L’approche du FNUAP sera basée sur la création de « Clubs de paix et de solidarité » dans les communautés qui serviront à identifier et cibler les jeunes pour les interventions spécifiques du projet pour les trois agences d’exécution.

Le PNUD pour sa part se concentrera sur trois zones spécifiques de Bujumbura Mairie. Son action visera, via la mobilisation des jeunes des Clubs de paix et de solidarité des zones concernées, à participer avec les ménages et les autorités locales à l’identification de projets de réhabilitation communautaire. Ces projets de réhabilitation fourniront des emplois temporaires (3 mois) à des jeunes femmes et hommes, sous condition d’épargner une partie de leur salaire journalier. Ils investiront ensuite cette épargne  dans une activité économique qu’ils auront identifiée au préalable avec l’appui du PNUD.

Enfin le programme des VNU mettra en place un service de proximité de volontariat pour sensibiliser les jeunes de Bujumbura Mairie. Cette sensibilisation fera la promotion du volontariat comme moyen d’acquérir autonomie et compétences menant à l’emploi.

Selon les statistiques[1] 60 % de la population burundaise est composée de jeunes, la couche la plus vulnérable, et dont l’âge varie entre 15 et 24 ans. Confrontés à de dures réalités pour leur survie au quotidien, les jeunes sont de plus frappés de plein fouet par le chômage. Ils vivent dans le dénuement et ont beaucoup de mal à accéder aux services socio-économiques de base.  Ces jeunes sont donc prédisposés et exposés à toutes formes de violence, et aux dérives et récupérations politiques.

Une marche des jeunes pour construire la paix

Les activités de lancement du projet ont été précédées d’une marche des jeunes de différentes associations et de scouts, avec en tête du cortège les autorités comme le Ministre, M. Jean Bosco Hitimana, et le Maire de la ville de Bujumbura, M. Freddy Mbonimpa. Tout au long de cette marche à travers les quartiers Kinama, Mutakura, et Cibitoke, les jeunes ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Oui à la paix », « Bâtissons la paix » ou « Amahoro » en kirundi. La marche s’est terminée au Centre jeune Kamenge où se sont déroulées les cérémonies officielles de lancement du projet.

Aider les jeunes à atteindre leur plein potentiel

Au cours du déroulé de ces cérémonies, émaillées de chants et danses par un groupe de jeunes artistes burundais et de sketches de théâtre, le Ministre Jean Bosco Hitimana a annoncé dans son allocution que « Le projet donnera la possibilité aux jeunes de renforcer la cohésion sociale et de participer au développement socio-économique de la communauté ». Aussi, a-t-il exhorté les jeunes à s’impliquer effectivement dans la réalisation des objectifs du projet en faveur des communautés des provinces ciblées. Le Ministre a ajouté que le projet offrira aux jeunes de ces provinces la possibilité d’interagir et d’acquérir les moyens de leur subsistance, tout en renforçant la coexistence pacifique, la cohésion sociale, et le développement socio-économique. M. Jean Bosco Hitimana a par ailleurs promis que le gouvernement « suivra avec la plus grande attention la réalisation des résultats escomptés ».

M. Paolo Lembo a rappelé dans son message que les Nations Unies avaient pris conscience de l’importance d’offrir  des ressources et des opportunités à tous les jeunes. Dans le 3ème plan prioritaire de la consolidation de la paix, les Nations Unies consacrent une place importante à la problématique de la jeunesse, notamment leur participation à la cohésion sociale et aux initiatives de réconciliation. « Le projet permet d’offrir à la jeunesse burundaise, de divers milieux socio-économiques et politiques, la possibilité de contribuer à la cohésion sociale et de renforcer la confiance à travers un processus participatif », a précisé M. Paolo Lembo. Il s’est ensuite adressé directement à la jeunesse, dans un message improvisé et émouvant pour un Burundi débarrassé de la violence et de la misère, « afin que  les jeunes puissent atteindre leur plein potentiel en tant qu’individus et en tant que citoyens ».

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[1] Recensement de la population de 2008 et projections des démographes.