Le riz qui donne le sourire à tous !

23 nov. 2016

© PNUD Burundi/Aaron Nsavyimana/ 2016 – Depuis son adhésion à la coopérative Tugwanyubukene Judith Nizigama a appris les techniques culturales modernes, comme le semi en ligne qui lui permet d’utiliser peu de semences tout en triplant la production de ses champs. Elle a également appris comment conserver ses semences et n’est plus obligée d’en acheter aux commerçants à un prix exhorbitant.

 

Par Aaron Nsavyimana

Giharo, province de Rutana - En localité de Buyaga, dans le cadre du « Projet d’appui à la consolidation de la paix et de la stratégie nationale de réintégration socio-économique des personnes affectées par le conflit au Burundi (PACSNAR), le PNUD soutient financièrement deux coopératives qui regroupent 66 producteurs de riz. L’association sans but lucratif Burundi Business Incubator (BBIN), assure l’encadrement des coopérateurs en collaboration avec SPARK, une ONG hollandaise spécialisée dans la promotion de nouvelles initiatives de développement. Grâce au travail de ces deux partenaires du PNUD, les deux groupements rizicoles ont augmenté leur production et amélioré les méthodes de gestion de leurs organisations.

Cela fait un peu plus d’une année maintenant que les deux coopératives Tugwanyubukene (Luttons contre la pauvreté) et Dushirehamwe (Mettons nos efforts ensemble) existent à la plus grande satisfaction de leurs adhérents coopérateurs.

« Le riz donne le sourire à tout le monde », souligne Judith Nizigama, membre de la coopérative Tugwanyubukene. « Avant mon adhésion à la coopérative Tugwanyubukene, ma famille croupissait dans la misère. Il n’y avait pas la paix à la maison, car je me chamaillais souvent avec mon mari quand celui-ci rentrait le soir après avoir bu de la bière. Je croyais qu’il dépensait dans la boisson le peu d’argent gagné dans la journée, au lieu d’acheter de quoi manger pour le repas du soir de la famille. Heureusement mes soupçons étaient mal placés, car ce sont ses amis qui lui payaient la bière ». Aujourd’hui, grâce à la coopérative, la situation a changé. « C’est moi qui invite mon mari pour lui payer une bière après avoir vendu le surplus agricole », raconte Judith espiègle. Son mari ajoute même que sa femme est le pilier de la famille et lui témoigne une très grande considération.

Judith a appris les techniques culturales modernes, comme le semi en ligne qui lui permet d’utiliser peu de semences tout en triplant la production de ses champs privés. Pour ce qui concerne le riz moissonné en commun par la coopérative, le partage entre les membres d’une partie de la récolte permet d’augmenter le revenu des ménages et leur fait oublier les problèmes de famine et de pauvreté d’hier.

Cette année la coopérative a moissonné 48 tonnes de riz sur 15 ha emblavés, dont 5 ha loués grâce aux ventes de la récolte précédente. Dix tonnes de riz ont été partagées entre les coopérateurs et le reste du riz a été vendu. Avec l’argent tiré de cette vente, la coopérative a acheté des engrais chimiques qu’elle va commercialiser à un prix rémunérateur lors de la prochaine saison culturale.

« Plus aucun d’entre nous ne vend sa récolte à bas prix aux commerçants spéculateurs, ni n’est obligé de leur acheter ses semences à des prix exorbitants, au moment des semis. Nous avons appris désormais comment conserver nos semences ». En quelques mots, Judith a résumé l’intérêt d’être en coopérative. Celle-ci lui donne assez à manger, lui permet d’améliorer sa condition de vie et de pourvoir à l’éducation de ses enfants. Elle a ainsi l’espoir que plus tard ils pourront l’aider « grâce à leurs diplômes ».

Pour Nestor Ntiranyibagira, président de la coopérative Dushirehamwe, la récolte a été bonne cette année ; 51 tonnes sur 10 ha. « Nous avons donné 500 kg à chaque coopérateur, une quantité qu’aucun d’entre nous n’avait réussi à produire individuellement. La coopérative compte doubler la superficie cultivée et spéculer en achetant du riz non décortiqué pour le revendre à la période des semis, quand il commence à se raréfier sur le marché ».

En plus d’étendre leurs surfaces de culture, les deux coopératives envisagent de construire leur propre hangar de stockage, d’acheter une décortiqueuse et de diversifier leurs cultures en exploitant le maïs, l’arachide, la patate douce et le haricot. Enfin, elles souhaitent développer l’élevage bovin, caprin et porcin.

Bernard Bukuru, le président de la coopérative Tugwanyubukene, conclut « le projet nous a mis ensemble pour mieux travailler et organiser notre développement. Il suffit de regarder nos membres pour comprendre. Avant, ils étaient démunis et portaient des habits déchirés, maintenant ils sont propres et ont le sourire aux lèvres ».

Notons que ce projet est appui est donné dans le cadre du « Projet d’appui à la consolidation de la paix et de la stratégie nationale de réintégration socio-économiques des pers