Cohésion sociale des jeunes : de la méfiance à la confiance

27 mai 2017

Claudine a réalisé, qu’après avoir bénéficié du projet « Cash for Work », un changement s’est opéré dans sa vie. « Aujourd’hui quand je fais le bilan de mon travail, je me sens fière d’avoir participé à cette initiative et d’avoir contribué au développement de ma commune ».

Par Aaron Nsavyimana

Kamenge, Musaga – Le retour des violences au Burundi en 2015 a eu un fort impact sur les jeunes, augmentant leur vulnérabilité, surtout dans les quartiers pauvres de Bujumbura. Bon nombre d’entre eux sont désœuvrés, car sans emploi et sans grand espoir d’en trouver un. Afin d’en faire des artisans de la paix et de leur redonner espoir, le PNUD a, en partenariat avec les Scouts du Burundi et l’ONG World Vision, mis en œuvre un projet d’appui à la sécurité communautaire et à la cohésion sociale, financé par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (UNPBF). Le projet a ainsi offert des emplois temporaires, dits de « Cash for Work (argent contre travail) », à 600 jeunes dans six zones parmi les plus touchées par la crise. Pendant trois mois, soit 78 journées de travail, ces jeunes ont reçu trois dollars par jour, dont un dollar a été directement épargné. Ce capital de base leur servira à créer des micro-entreprises à la fin du programme de travaux. Le projet a comporté également un volet important d’éducation à la coexistence pacifique pendant les travaux et proposait aux jeunes de suivre des formations à l’issue des travaux pour améliorer leurs compétences et capacités, ce qui les aidera à formaliser leur projet de micro-entreprise.

Les jeunes bénéficiaires, rassemblés par groupe de 100 personnes, ont été employés principalement à des travaux de curage des canaux d’évacuation des eaux usées et de réfection des rues dans les quartiers de Kamenge, au Nord de Bujumbura, et de Musaga, au Sud de Bujumbura. Confiés à Word Vision et exécutés par le CEDAC (Centre d’encadrement et de développement des anciens combattants), les travaux ont servi à ces jeunes de trait d’union et d'espace de rencontre en faveur de leur réconciliation. « Nous avons appris à vivre ensemble, malgré nos divergences. Aujourd’hui, nous sommes unis comme les membres d’une même famille. Les barrières liées à nos provenances politiques, ethniques et religieuses ont été brisées. Au départ, certains jeunes affiliés aux partis politiques rivaux ou ayant des croyances religieuses opposées se regardaient en chiens de faïence. Ils se lançaient des mots désobligeants et les clivages ethniques étaient perceptibles », témoigne spontanément Claudine Ndikumana, l’une des jeunes bénéficiaires du projet à Kamenge.

Toujours au chômage, à 28 ans, Claudine peut dire que grâce au projet elle revient de de loin. « J’étais désœuvrée et passais mon temps sur la route dans des attroupements de jeunes dits « ligala », raconte-t-elle. Après avoir bénéficié du projet, elle a réalisé qu’un changement s’est opéré dans sa vie. « Aujourd’hui quand je fais le bilan de mon travail, je me sens fière d’avoir participé à cette initiative et d’avoir contribué au développement de ma commune : les routes défoncées de mon quartier ont été complétement rouvertes à la circulation ; j’ai pu aider ma famille en difficulté et, avec 29 amis du chantier, nous avons développé une petite fabrique de savon. Nous commercialisons ensuite ce savon sur un étal de rue, avec d'autres produits comme du maïs, de l’arachide, etc. ».

À 10 km plus au sud de Kamenge, le projet est arrivé au moment opportun pour les jeunes de la zone Musaga et de la zone voisine de Kanyosha. Depuis les manifestations de mai 2015, les deux communautés avaient des problèmes pour se parler. « Les quartiers étaient opposés les uns aux autres ; par exemple les jeunes de Kanyosha ne pouvaient pas se rendre à Musaga et vice-versa », raconte Irankunda Meshak, 24 ans, étudiant à l’université. « Avec le projet tout a changé, grâce aux travaux en commun et à la sensibilisation à la cohésion sociale opérée en même temps », souligne Meshak, lui-même chômeur depuis qu’il a achevé ses études secondaires, il y a deux ans. « En plus de contribuer à la réfection de la maison familiale, j’ai pu m’inscrire à l’université et payer les premiers frais académiques ».

Philippe Masabo, responsable du CEDAC, encadre les jeunes bénéficiaires dans les zones de Kamenge, Musaga et Kanyosha. Sur les sept chantiers exécutés dans ses trois zones, Il a remarqué beaucoup de bonnes choses qui lui font espérer que l’on va parvenir à consolider la paix de façon durable entre les jeunes des deux zones. « Suite à la sensibilisation à la communication non violente, à la cohabitation et à la résolution pacifique des conflits, les jeunes sont, petit à petit, devenus bons amis. Ils ont effacé les maux du passé, qui les divisent, pour s’ouvrir sur l’avenir qui les unit. Durant les mois des travaux, les adultes qui regardaient ces jeunes travailler ensemble, ont commencé à se dire, ah ! Finalement c’est possible ! ».

Aujourd’hui, l’urgence est de former ces jeunes à l’entrepreneuriat pour les aider à réaliser concrètement l’idéal qui les anime. C’est à dire les aider à monter des micro-projets pour les transformer en acteurs de développement et les empêcher de retourner à la case départ, conclut Philippe.

 

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Le projet d’Appui à la sécurité communautaire et la cohésion sociale auprès des jeunes est une initiative conjointe du PNUD, FNUAP et VNU. Elle contribue aux efforts nationaux et internationaux visant à renforcer la cohésion sociale à l’intérieur des zones touchées par les conflits à Bujumbura, la capitale du Burundi. Au vu des réalisations effectuées à ce jour et  de l’engouement suscité parmi les jeunes, les autorités locales et la communauté elle même, ce projet est en passe d’être étendu pour une année supplémentaire.

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