L’octroi de microcrédits aux plus démunis devrait sortir 800 familles de la pauvreté

30 juin 2017

© PNUD Burundi / Patrice Brizard / 2017 - L’octroi de microcrédits de développement à des populations démunies a pour objectif de familiariser les bénéficiaires à la culture de l'épargne et du crédit, et de permettre à terme de soutenir le développement d’un tissu de petites entreprises, source de dynamisme économique, de créations d’emplois et de revenus.

 

Par Aaron Nsavyimana

Rumonge – Dans cette petite ville située au sud du Burundi, le PNUD appuie des initiatives locales qui, par l’octroi de microcrédits de développement, cherchent à sortir les populations démunies de la spirale de la pauvreté. Ce projet fait l’objet d’une entente entre le Programme d’appui à la mise en convergence territoriale et l’engagement (PACTE) du PNUD et le Fonds de microcrédit rural (FMCR) du ministère du Développement communal. Celui-ci, pour rendre plus efficace l’allocation de Microcrédits aux pauvres économiquement actifs (MCPEA)[1], a confié l’exécution du projet à la FENACOBU (Fédération nationale des Coopecs), une structure faitière regroupant les Coopératives d’épargne et de crédit (COOPEC) établies dans toutes les communes du pays. L’octroi de ces microcrédits, a pour objectif de familiariser les bénéficiaires à la culture de l'épargne et du crédit, et de permettre à terme de soutenir le développement d’un tissu de petites entreprises, source de dynamisme économique, de créations d’emplois et de revenus.

Le PACTE, opérationnel dans les provinces de Makamba, Rumonge et Bujumbura, jette un pont entre la phase de réintégration post conflit et le passage vers le développement économique local. Il sert d’outil de prise de décision et de mise en place de la politique nationale de décentralisation, de la stratégie de Développement économique local (DEL) du ministère du Développement communal. Les activités de ce programme sont alignées sur les orientations du gouvernement et visent le développement économique local par la promotion des coopératives rurales ; l’insertion des populations pauvres ; la promotion des activités génératrices de revenus et le renforcement des activités des acteurs locaux.

« Le produit MCPEA s’adresse aux pauvres économiquement actifs désirant développer des activités génératrices de revenus », explique William Kezimana, agent de crédit de la FENACOBU, et qui collabore avec la COOPEC Rumonge à l’allocation des microcrédits MCPEA. « La FENACOBU encourage les futurs bénéficiaires à se constituer en petits groupes de solidarité de 5 à 10 personnes que l’on invite à se cautionner mutuellement. Chaque bénéficiaire reçoit 50 000 FBU (30 dollars) qu’il doit rembourser en cinq mois. Nous leur accordons un mois de différé. Chaque bénéficiaire rembourse le capital et un intérêt de 9 %, soit 10 900 FBU par mois. À la fin du crédit, chaque bénéficiaire aura déboursé 54 500 FBU ».

 L’identification des bénéficiaires du microcrédit suit un processus participatif qui s’opère dans le cadre de réunions d’information communautaires où chacun est invité. Après ces premières actions de sensibilisation, des rendez-vous sont pris avec les personnes intéressées. Le processus devient alors sélectif « Nous éliminons d’abord ceux qui n’ont pas de domicile fixe, ainsi que ceux qui proposent de vendre des bouteilles de bière », souligne William Kezimana. « Nous essayons de bien recentrer notre cadre de travail de manière précise et on procède ensuite à la deuxième étape dite de sensibilisation des intéressés ». Les personnes retenues à ce stade apprennent à former les groupes de solidarité, puis à entreprendre des activités génératrices de revenus comme la vente de charbon, noix de coco, noix de palme, huile de palme, fruits, légumes, tomates, beignets, arachides, afin de rembourser leur crédit.  

Le démarrage de cette initiative n’a pas toujours été facile. « Au début nous avions du mal à rassembler les gens, car ils ont peur de s’endetter, de prendre un crédit, de peur d’être emprisonnés en cas de faillite ou de non-paiement des mensualités de crédit. Nous avons dû faire un long travail de persuasion avec le soutien du personnel du FMCR pour faire disparaître cette crainte et convaincre les personnes à faire le saut. Petit à petit, les gens ont compris le bien-fondé de la démarche de crédit et aujourd’hui nous recevons des demandes dépassant notre capacité financière ».

Dans trois mois la première tranche d’allocation de crédit arrivera à son terme. Les sommes remboursées seront alors reversées dans le circuit du crédit. Les bénéficiaires qui se seront bien comportés au cours du premier crédit seront reconduits pour une deuxième tranche s’ils le souhaitent, et ceux qui seront partis, seront remplacés afin de reconstituer les groupes. Avec l’expérience d’un premier crédit, les groupes de solidarité ont maintenant acquis une certaine autonomie d’organisation et de décision : par exemple une personne ne pourra entrer dans un groupe sans l’accord des autres membres. Il sera également possible de fusionner deux groupes, selon la volonté des bénéficiaires.

« Presque toutes les 808 familles bénéficiaires remboursent leur crédit normalement, à l’exception de quelques rares retardataires qui nous ont assuré qu’elles s’acquitteront des montants dus très prochainement », affirme William Kezimana. « C’est un signe que ces familles s’engagent pour sortir bientôt de la pauvreté et, comme elIes le disent elles-mêmes, « nous voyons un changement depuis que nous avons reçu ce crédit ».

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[1] Le gouvernement du Burundi a mis en place en 2014 deux mécanismes d’aide à la population rurale démunie afin de lui permettre d’accéder au crédit : le Fonds de garantie pour le monde rural (FG) et le Microcrédit aux pauvres économiquement actifs (MCPEA).

 

 

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