© Patrice Brizard / PNUD Burundi /2017 – Le Burundi dépend à 95 pour cent du bois pour le chauffage et la cuisson. Un kilo de charbon provient de la carbonisation de 10 kilos de bois, mais cette carbonisation réduit la disponibilité énergétique de 80 pour cent. Le faible rendement énergétique de la carbonisation du bois contribue largement à la déforestation du pays. L’urgence est donc à la reforestation et à la substitution ou la réduction de l’utilisation du bois, à la fois pour sauver cette ressource qui se raréfie, préserver l’environnement et lutter contre le changement climatique.


Par Patrice Brizard

Ngozi – Du 26 au 28 juin 2019, le PNUD et le ministère de l’Environnement, ont organisé un atelier à l’attention des acteurs des secteurs public et privé qui interviennent dans les domaines liés aux changements climatiques. L’objectif de l’atelier était d’identifier les meilleurs projets ayant trait à la lutte et à la résilience contre les effets des changements climatiques, afin de les soumettre pour financement au Fonds vert pour le climat (FVC).

« Le changement climatique constitue le défi majeur du 21e siècle. Il demeure l’urgence absolue et il importe de mettre en place des mécanismes de coordination durables pour toutes les initiatives émanant des principales parties prenantes à la lutte contre ces changements climatiques », a déclaré Marie-Ange Kigeme, cheffe de l’unité Développement durable et Création d’emplois (DDCE) au sein du PNUD. Elle estime que dans un proche avenir, le Fonds vert pour le climat sera un acteur majeur de l’opérationnalisation des projets et programmes pertinents de lutte contre les changements climatiques.

Un avis partagé par M. Jean Claude Mbarushimana, Directeur général au ministère de l’Environnement qui a déclaré que « Le Fonds vert pour le climat apporte un ballon d’oxygène à nos projets qui à l’avenir ne devraient plus manquer de bailleurs dès lors qu’ils remplissent les critères requis par le FVC ».

Atténuer les changements climatiques et s’adapter aux effets, un objectif réaliste

À l’issue des échanges de l’atelier, les participants ont identifié, dans différents secteurs, cinq projets et programmes d’envergure nationale de lutte contre les effets néfastes des changements climatiques au Burundi, à savoir :

  1. Un projet pour le développement d’une agriculture résiliente au changement climatique (programme sur 5 ans renouvelables) ;
  2. Un programme de reboisement du pays à grande échelle pour favoriser la résilience climatique ;
  3. La définition d’un Programme national de développement des énergies renouvelables ;
  4. Un projet d’assainissement pour éradiquer l’explosion des cas de paludisme et autre maladies liées au changement climatique ; et
  5. Un projet de protection des infrastructures contre les inondations : cas des villes de Bujumbura et de Rumonge.

Ces projets iront alimenter une future Banque d’idées qui servira à identifier et consolider les projets en phase avec les procédures du FVC et du Burundi. L’objectif en retour étant que les projets soumis au FVC soient ensuite financés conjointement par le FVC et le Burundi.

« Le pas est d’autant plus significatif que cette banque de projets pourra servir à quiconque   est désireux de contribuer à la lutte contre les changements climatiques », a salué Bernard Rubarika, président de la Fédération de coopératives pour le développement du monde rural (FDMR) au Burundi.

« Si le problème des changements climatiques est global, les solutions doivent être locales », a prôné pour sa part Olivier Abayisenga, Coordinateur du projet Readiness au PNUD Burundi. Il a également conseillé de privilégier le développement des énergies produisant le moins possible d’émissions de gaz à effet de serre et de tendre vers « une économie verte qui semble être l’une des solutions idéales pour l’avenir. Outre qu’elles permettent une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, ces solutions contribuent à réduire les risques environnementaux et de pénuries de ressources ».

Olivier Abayisenga a toutefois appelé tout un chacun à prendre conscience de son rôle, pour la bonne mise en œuvre de ces solutions innovantes qui supposent l’utilisation d’instruments fondés sur des systèmes d’échanges de droits d’émission, de rémunérations de services d’écosystèmes, d’incitations financières (subventions et accès aux capitaux), d’instruments fiscaux (taxes et imposition) et d’autres mesures, comme les activités de recherche, de développement et de démonstration, ainsi que le recours à de nouvelles normes sociales et environnementales.

Par ailleurs, Olivier Abayisenga souligne que, pour mettre en œuvre des réponses efficaces d’atténuation et d’adaptation, le financement climatique, le renforcement de la coordination multisectorielle et des capacités individuelles et institutionnelles, sont d’une grande importance.

Même son de cloche chez Elie Nyamabere, cadre au sein de la Plateforme nationale de prévention des risques et de gestion des catastrophes, qui estime qu’à l’instar des pays développés, pour réduire les risques de catastrophes, le Gouvernement doit avoir la capacité financière pour y faire face. « En d’autres mots, il faut qu’à tous les niveaux, on sache s’adapter par anticipation et non par réaction ».

En guise de recommandations à l’issue de l’atelier, le Directeur général au ministère de l’Environnement a invité les parties prenantes dans la lutte contre les effets des changements climatiques à s’informer formellement sur les critères d’attribution des fonds et des priorités du FVC, ainsi que sur les objectifs stratégiques nationaux, afin de suivre efficacement toutes les procédures de soumission de leurs projets au secrétariat du FVC pour validation. Les participants à l’atelier ont ainsi été exhortés à fournir plus d’effort pour produire des documents de projet bien faits et prêts à être soumis au FVC. Des ateliers similaires seront ouverts à d’autres parties prenantes comme les Organisations non gouvernementales œuvrant au niveau national.

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