Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles

25 nov. 2016

© PNUD Burundi / Aude Rossignol / 2013 - Le 25 novembre, Orangeons le monde pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles. Orangez le Burundi !

Message de Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU

Le monde reconnaît de plus en plus enfin que la violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. Pourtant, nous pouvons et devons encore faire bien davantage pour transformer cette prise de conscience en une prévention et en une intervention dignes de ce nom.

La violence à l’égard des femmes et des filles impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. Lorsque les femmes ne peuvent pas travailler en raison de la violence, leur emploi peut s’en trouver menacé, les empêchant de se procurer des revenus qui leur font cruellement défaut, remettant en cause leur autonomie et nuisant à leur capacité de rompre des relations avec des partenaires violents. La violence à l’égard des femmes entraîne également une perte de productivité chez les entreprises et grève les ressources des services sociaux, du système judiciaire et des organismes de soins de santé. La violence familiale et conjugale demeure très répandue, aggravée par l’impunité de ces crimes. Le résultat se traduit par des souffrances considérables ainsi que par l’exclusion des femmes, qui se voient ainsi privées de la possibilité de jouer pleinement le rôle qui leur revient de droit dans la société.

Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. Les femmes et les filles ne peuvent pas se le permettre non plus – et ne le devraient pas du reste. Pourtant, cette violence persiste chaque jour, partout dans le monde. Et les efforts déployés pour résoudre ce problème, quoique riches en volonté politique, pâtissent d’un sous-financement chronique.

Depuis 2008, je dirige la campagne Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes, qui appelle à une action mondiale pour accroître les ressources et proposer des solutions. J’invite les gouvernements à démontrer leur engagement en augmentant sensiblement leurs dépenses dans tous les domaines pertinents, y compris à l’appui des mouvements des femmes et des organisations de la société civile. J’encourage également les dirigeants du monde à contribuer à ONU-Femmes et au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes. Nous attendons aussi du secteur privé, des organisations philanthropiques et des citoyens concernés qu’ils assument la part de responsabilité qui leur incombe. Aujourd’hui, nous voyons le monde illuminé en orange, symbolisant un avenir radieux pour les femmes et les filles. Grâce à un investissement attitré, nous pouvons maintenir ces feux lumineux, défendre les droits de l’homme et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles pour de bon.