Lancement de trois projets du secteur de la sécurité


C’est en donnant un coup de pinceau pour redonner éclat aux murs de la caserne de Kayanza, en compagnie du représentant exécutif du secrétaire général des Nations Unies au Burundi, M. Youssef Mahmoud et des ministres en charge de la défense nationale et des anciens combattants et celui de la solidarité nationale que le président de la république, M. Pierre Nkurunziza, a marqué ce 21 mars 2008, le lancement de trois projets du domaine de la réforme du secteur de la sécurité, financés par le fonds fudiciaire des Nations Unies  pour la consolidation de la paix.

L’intervention du fonds fudiciaire des Nations Unies  pour la consolidation de la paix dans le secteur de la sécurité s ‘élève à plus de 12 millions de dollars. Comme le dit l’adage : « la sécurité n’a pas de prix mais elle a tout de même un coût minimum », a souligné M. Mahmoud. 

Les trois projets concernent :  (i)le casernement des membres de la force de défense nationale (FDN) pour atténuer l’impact de leur présence au sein des populations, (ii) la promotion de la discipline et l’amélioration des relations entre la force de défense nationale et la population à travers la moralisation du corps et (iii) l’appui à la réinsertion sociale des familles déplacées dans les casernes militaires.

D’après le représentant exécutif du secrétaire général des Nations Unies au Burundi, M. Youssef Mahmoud, ces trois projets viennent appuyer le secteur de la sécurité. Ils contribueront assurément à créer les conditions de vie favorables pour la mise sur pied effective d’une armée plus professionnelle et républicaine, évoluant en harmonie avec l’ensemble de la population, et capable de remplir ses missions tant sur le plan national qu’international, a déclaré M. Mahmoud.  

Il a fait savoir que pour mieux assurer la sécurité et l’ordre public, trois autres projets sont développés de concert avec les autorités nationales, il s’agit des projets (i) appui pour un service national de renseignement respectueux de l’Etat de droit, (ii) désarmement de la population civile et lutte contre les armées légères et de petit calibre (ce projet a été initié depuis plusieurs années déjà par le gouvernement du Burundi avec l’appui  technique du et financier du PNUD) et (iii) appui pour une police nationale du Burundi de proximité opérationnelle.

M. Mahmoud a salué l’appui déterminant de tous les partenaires internationaux intervenant au profit du Burundi dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité. De ce fait, ils participent grandement à la consolidation de la paix. « Ces efforts témoignent à suffisance de l’importance que le gouvernement du Burundi et ses partenaires accordent à ce secteur qui tient une place centrale dans le processus de consolidation de la paix » a dit M. Mahmoud.
 
Pour sa part, dans son discours de la journée, le président de la république du Burundi, M. Pierre Nkurunziza,  a indiqué que les consultations populaires menées dernièrement dans le cadre de la   mise en oeuvre des projets de consolidation de la paix, ont montré combien le phénomène de pauvreté grandissante reste une préoccupation pour l’ensemble de la population burundaise.

Convaincu qu’il n’y a pas de développement sans paix, M. Nkrurnziza a appelé les partenaires du Burundi à débourser les financements promis en mai 2006, lors de la tenue, à Bujumbura, de la table ronde des partenaires au développement du Burundi.

Selon M. Nkurunziza, la réhabilitation des casernes est un signe éloquent que la guerre fait de plus en plus place à la paix et que le moment est venu de reconstruire le pays.

M. Nkurunziza a également appelé à la discipline pour l’ensemble des corps de défense et de police et promis de sévir exemplairement en appliquant la loi dans toute sa rigueur contre tout militaire ou policier qui affichera un comportement indigne.

Pour rendre l’armée et la police plus performantes, le président Nkurunziza a annoncé qu’une réformé va être engagée au sein de l’armée, du service national de renseignement et de la police en vue de les doter d’une formation et d’un savoir nécessaire pour mieux défendre les droits de hommes.

Les familles de militaires déplacées dans les camps ont reçu une invite du président de la république de regagner leurs zones d’origine car « il n’a  d’avenir dans les camps, maintenant que la paix s’installe au Burundi », a dit Nkurunziza. Dans cette perspective, le président Nkurunziza a remis un paquet retour composé notamment de tôles, à trois familles volontaires qui avaient trouvé refuge au camp Kayanza suite à la guerre.

Le président burundais a promis d’analyser la question de veuves et d’orphelins pour qu’ils retournent chez eux en toute dignité humaine.

Parlant de la situation du terroir, le ministre de la défense, le lieutenant général Germain Niyoyankana a précisé que suite à la crise, l’état des casernes s’est petit à petit détérioré tandis que 995 familles qui totalisent 5000 membres vivent actuellement  un statut de déplacés à l’intérieur des camps.

17 casernes sur les 28 qui ont besoins d’être réhabilitées vont être remis à neuf, 14 dans le cadre des projets de consolidation de la paix et 3 autres à travers les financements offerts par la Hollande.

Selon le ministre de la défense, en vue d’améliorer les relations entre la force de défense nationale et la population, des échanges sportifs et culturels seront organisés entre la population et les forces de l’ordre. Par ailleurs, l’armée va contribuer à la reconstruction du pays par le biais de la restauration de l’environnement qui va s’effectuer à travers le reboisement.