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Inauguration du village de paix à Nyarunazi : 300 ménages ont désormais un toitLe mardi 8 janvier 2008,le gouvernement du Burundi etle PNUD ont inauguré le village de paix de Nyarunazi, en commune Buhinyuza de la province Muyinga (Nord-Est du pays). La construction de ce site village sur lequel sont érigées 300 maisons destinées aux rapatriés, aux déplacés, aux batwa, aux démobilisés et autres groupes vulnérables, s’inscrit dans le cadre du programme social d’urgence du gouvernement du Burundi qui a été présenté à la table ronde des bailleurs de fonds, organisée à Bujumbura, en février 2006. Pour assurer le financement de ce programme, le gouvernement du Burundi et les donateurs se sont convenus de la mise en place d’un fonds fiduciaire dont la gestion a été confiée au PNUD. Le programme prévoyait la construction de 10 villages de réinstallation des sinistrés (rapatriés/expulsés, déplacés et autres vulnérables dont les sans terre et/ou sans référence). A nos jours, le gouvernement du Burundi a programmé l’utilisation d’un milliard deux cent quatre vingt cinq millions six cent quatre vingt six mille six cent soixante francs Burundais (1.285.686.660 FBU), soit l’équivalent d’un million cent trente et un mille sept cent soixante six dollars (1.131.766 $) pour la construction de 1200 maisons sur quatre sites de paix dans les provinces de Muyinga, Bururi, Bujumbura Rural et Bubanza. Le village de Nyarunazi qui est l’un des quatre villages qui ont bénéficié du financement de ce fonds fiduciaire, a vu le jour grâce aux contributions du Royaume Uni, du Royaume de Norvège et du Royaume de Belgique au fonds fiduciaire. Le coût des travaux d’aménagement du site et la construction des maisons du village de Nyarunazi est estimé à trois cents millions de francs burundais (300.000.000 FBU), soit l’équivalent de 264.085 dollars américains. Le village de réinstallation aménagé et viabilisé offre plusieurs avantages dans le contexte burundais où la terre devient de plus en plus rare. En plus de préserver l’utilisation rationnelle des terres disponibles, l’aménagement des villages permet de créer des pôles de développement par l’amélioration du cadre de vie, la concentration d’infrastructures sociales de base et le développement des activités extra agricoles telles que les métiers, les services, les marchés etc. Le projet de reconstruction de l’habitat et de l’aménagement de 4 villages de réinstallation dont les travaux de construction ont été confiés au projet d’appui au rapatriement et à la réintégration des sinistrés, du ministère de la Solidarité Nationale, du Rapatriement, de la Reconstruction Nationale, des Droits de la personne Humaine et du Genre, vient répondre à ce défi posé par l’intensification du retour de réfugiés et des déplacés intérieurs, le souci d’améliorer les conditions de vie des plus nécessiteux par l’amélioration des conditions de leur accueil et de leur réinstallation durable. L’exécution du projet est également un atout pour préserver la cohésion sociale et la réconciliation nationale par la participation communautaire à des travaux d’aménagement et de préparation des chantiers. A l’occasion de cette inauguration, le Directeur Pays du PNUD, M. Antonius Broek, a indiqué que le PNUD est fier de cet heureux événement dans la mesure où les maisons construites sur le site de Nyarunazi, constituent le premier lot de celles qui ont été construites par le PARESI grâce au fonds fiduciaire du programme d’urgence. Il a profité de cette inauguration pour exprimer sa gratitude envers les pays donateurs du programme d’urgence à savoir : les Royaumes de Belgique, d’Angleterre, de Norvège et du Maroc qui sont les principaux contributeurs du programme. M. Broek a indiqué que le leitmotiv qui guide le système des Nations Unies au Burundi dans son action est de concourir à la consolidation de la paix et à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Il a rappelé qu’après la production de manuels scolaires et la formation des enseignements du primaire en anglais, swahili et éducation civique à travers la direction générale des bureaux pédagogiques, l’assistance en intrants agricoles par la FAO, les maisons construites par le PARESI constituent une autre réalisation du programme d’urgence. En ce moment, d’autres chantiers sont ouverts ou le seront incessamment, notamment la construction de 42 écoles primaires réparties dans les 17 provinces du pays et la réhabilitation des prisons. Il a également annoncé la livraison au cours de ce trimestre des équipements de santé qui vont soulager les besoins pressants dans ce secteur. Il a ainsi indiqué qu’on ne pourrait pas parler de paix sans que tous les filles et fils de la nation soient dans des conditions minimales de décence ; aussi le PNUD à travers la programme d’urgence et le programme de réintégration, cherche-t-il à adresser de façon équitable et en pleine coopération avec tout le système des Nations Unies au Burundi les besoins de réhabilitation et réintégration des sinistrés dans leurs communautés et aider ces dernières à améliorer leurs conditions de vie. Le Représentant Exécutif Adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies au Burundi, Mme Bintou Keita, s’est pour sa part réjoui de voir que plus de 1.500 personnes dorment désormais à l’abri des intempéries et ont retrouvé un point d’encrage dans un environnement apaisé. Selon Mme Bintou Keita, ce village de paix doit servir de point de départ à des activités qui permettront à ses habitants de développer solidairement leur habitat et leur avenir. Le Représentant Exécutif Adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies, a ajouté que le village de Nyarunazi est un exemple, car il permet à des groupes de personnes d’horizons et de situations différentes de cohabiter en paix, de ressouder des liens sociaux autour d’un projet de vie commun. En effet, des personnes rapatriées ou expulsées de Tanzanie, des personnes déplacées, des démobilisés, des ménages batwa vulnérables vivent désormais ensemble à Nyarunazi. C’est une illustration concrète des efforts du gouvernement et des partenaires du Burundi vers la consolidation de la paix, a dit Mme Bintou Keita. Les autorités administratives de Muyinga, en l’occurrence l’administrateur communal de Buhinyuza et le gouverneur de la province de Muyinga ont particulièrement souligné, dans leurs mots de circonstances, les besoins non couverts pour les habitants du village de Nyarunazi et l’ensemble de la population de cette commune qui enregistre, en plus des rapatriés, des déplacés, des batwa, des démobilisés, d’autres catégories de vulnérables qui ont besoin de l’aide pour survivre dont les veuves, les vieillards, les orphelins du Sida et les handicapés. Les besoins non satisfaits s’inscrivent particulièrement dans les domaines de l’habitat décent, de la sécurité alimentaire, de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement, de l’électrification et de l’accès au revenu minimum pour couvrir les besoins primaires notamment par la promotion des activités commerciales et les métiers. Selon les deux autorités administratives, les communautés de Buhinyuza sont disposées à apporter leur pierre à leur auto développement, en témoigne la construction par ces dernières de 5000 maisons dont l’élévation des murs est déjà terminée. Elles ne cherchent actuellement que de l’appui extérieur en tôles ou autres matériaux de construction pour pouvoir couvrir leur toiture. Les besoins en alimentation et en santé figurent parmi les plus aigus à couvrir pour les propriétaires de maisons du village de Nyarunazi comme le témoigne Bénigne Ngendahonankwa, Youssuf Mugisha et son épouse Françoise Uwitonze.
« Nous sommes contents, aujourd’hui, nous avons un toit mais nous avons aussi besoin de quoi manger, si le gouvernement et les autres bienfaiteurs pouvaient nous aider à accéder à la nourriture, à la terre pour cultiver et aux soins de santé gratuits, nos conditions de vie s’amélioreront davantage », ont-ils déclaré. La Ministre de la Solidarité Nationale, du Rapatriement, de la Reconstruction Nationale, des Droits de la personne Humaine et du Genre, Mme Immaculée Nahayo, a salué la participation active des communautés dans les travaux de construction de ce village aux côtés de la cheville ouvrière de son ministère qui est le PARESI. Elle s’est réjouie de l’entente et l’équité qui ont caractérisé l’affectation des maisons du village de Nyarunazi, car, devant l’immensité des besoins, la priorité a pu être accordée aux plus nécessiteux des nécessiteux. Elle a annoncé la volonté du gouvernement de redoubler d’efforts pour aider les populations burundaises à retrouver leur dignité en leur assurant un habitat décent. Mme Nahayo a souligné que sur les 10 villages que le gouvernement a prévu de construire dans ses prévisions prioritaires, 4 seulement ont pu trouvé des financements. Ces besoins vont être davantage ressentis dans les jours à venir où le Burundi attend le retour de 100.000 rapatriés de Tanzanie avec la fermeture annoncée des camps de réfugiés burundais dans ce pays. Pour manifester la solidarité envers les bénéficiaires des maisons du site de Nyarunazi et d’autres personnes vulnérables, la ministre Nahayo a apporté une aide composée d’environ 6 tonnes de haricot et 6 tonnes de farine de maïs destinée à soulager la misère des 300 familles de Nyarunazi, de 200 familles de batwa, de 157 familles de personnes handicapées et de 30 orphelins, chaque famille recevant 10 kg de haricot et 10 kg de farine. Dans son discours inaugural, le 2 ème vice - président de la république, M. Gabriel Ntisezerana, a indiqué que la remise de ce village marque l’engagement du gouvernement à contribuer davantage à la reconstruction du pays. Devant l’immensité des besoins, il a fait savoir que l’Etat est conscient que beaucoup reste à faire pour que toute la population de Nyarunazi et Buhinyuza accède à un abri. Il a ainsi demandé la compréhension des habitants de Nyarunazi, en état de besoin, qui n’ont pas bénéficié de toit dans le cade de la construction de ce village tout en les invitant à s’entraider dans le cadre de la reconstruction. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mener un fort plaidoyer auprès des donateurs afin de mobiliser les financements nécessaires en vue d’aider les populations burundaises à accéder à un abri décent et à une bonne santé. Pour M. Ntisezerana, l’inauguration du village de Nyarunazi a une double signification pour le gouvernement et la population burundaise ; d’une part elle marque la fin de la crise et l’entrée dans un air nouveau où il faut s’atteler aux projets de développement ; d’autre part, malgré les problèmes économiques que traversent le pays, c’est un signe éloquent que le gouvernement a fait de la lutte contre la pauvreté une de ses principales priorités. Ainsi, a-t-il insisté, la reconstruction vient soutenir la politique du gouvernement visant la consolidation de la paix et le développement durable. Le grand souhait de M. Ntisezerana est de voir ce village se transformer en un véritable village modèle de paix et développement. « L’entente et le bon voisinage que vous démontrerez, montreront que tout burundais a droit de vivre partout sur le sol burundais sans discrimination régionale, ethnique, religieuse, culturelle et autres », a martelé M. Ntisezerana. Reconnaissant que d ‘énormes besoins doivent être satisfaits pour permettre aux populations de Nyarunazi et particulièrement celles du village de Nyarunazi de recouvrer la dignité et oublier le passé, M. Ntisezerana, les a invitées à approcher l’administration provinciale et communale afin d’acquérir un terrain pour cultiver et subvenir à leurs besoins alimentaires. Il importe de souligner qu’en plus d’avoir permis aux ménages des sinistrés sans abri d’accéder au logement décent que les travaux de construction de ce village ont généré de l’emploi aux habitants de la commune Buhinyuza, de Muyinga pour la main d’oeuvre ordinaire et des provinces frontalières de Muyinga pour les travaux nécessitant une main d’œuvre spécialisée. Ainsi, grâce à l’approche du travail rémunéré « cash for work », 45.000 ouvriers en moyenne, dont 37 % de femmes, y compris les bénéficiaires des maisons ont régulièrement travaillé sur le chantier pour un montant global d’environ 165.00.000 de francs burundais de rémunérations salariales, soit près de 55 % du coût global des travaux d’aménagement du village et de construction des maisons. Il est aussi important de souligner que l’accès au logement étant une étape importante pour ces sinistrés sa ns abri et même sans adresse pour certains, d’autres besoins essentiels devraient être couverts pour que ce village devienne un véritable pole de développement. Il s’agit notamment de l’octroi des espaces agricoles, de la construction des infrastructures socio-communautaires (écoles, centres de santé, marchés, adductions d’eau, potable etc.). Les activités génératrices de revenus devraient également être initiées en complément aux travaux agricoles. Il en est de même des activités d’éducation à la paix, au VIH/SIDA et aux droits de la personne humaine.
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