Les Objectifs du Millénaire

Réduire l'extrême pauvreté et la faimAssurer l'éducation primaire pour tousPromouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmesRéduire la mortalité infantileAméliorer la santé maternelleCombattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladiesAssurer un environnement durableMettre en place un partenariat mondial pour le développement

 Réduire l'extrême pauvreté et la faim

En analysant un à un les indicateurs par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le développement, il est clair que la réalisation des Objectifs du Millénaire pour développement d’ici 2015 reste difficile au Burundi.

On estime que 70 % de la population burundaise vit actuellement avec moins de 1 USD par jour. De manière globale, entre 1990 et 2004, la qualité de vie des burundais s’est fortement détériorée avec le doublement du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de la pauvreté qui est passé de 34,1 % à en 1990 à 70,5 % en 2004. L’espérance de vie est tombée de 51 ans en 1993 à moins de 42 ans en 2005. La question de lutte contre la faim reste une question préoccupante pour le pays. Une sécheresse prolongée dans les provinces du nord du pays et la baisse des récoltes enregistrées dans d’autres provinces du pays, suite aux aléas climatiques, a conduit ces dernières années le pays dans une situation de crise alimentaire. Le pays reste jusqu’à maintenant dans une situation d’autosuffisance alimentaire précaire pour une frange importante de sa population.

Pour atteindre l’objectif de réduire la pauvreté et la faim, le Burundi devra relève sa situation économique qui est une situation de déficits dans tous les domaines et qui dicte une intervention rapide pour lutter contre la famine qui tend à se généraliser dans tout le pays d’une part et des mesures structurelles pour redresser définitivement l’économie nationale et la placer sur le chemin de la croissance économique.

La pauvreté est donc le défi le plus important auquel le Burundi doit s’attaquer sérieusement car ce phénomène croit très rapidement « doublement en l’espace de 15 ans » et prend es proportions inquiétantes avec le temps.

La réinstallation et la réinsertion, base de la lutte contre la pauvreté

Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour

Dans le cadre de la lutte contre l’extrême pauvreté en date du 8 janvier 2008,le gouvernement du Burundi etle PNUD ont inauguré le village de paix de Nyarunazi, en commune Buhinyuza de la province Muyinga (Nord-Est du pays).

La construction de ce site village sur lequel sont érigées 300 maisons destinées aux rapatriés, aux déplacés, aux batwa, aux démobilisés et autres groupes vulnérables, s’inscrit dans le cadre du programme social d’urgence du gouvernement du Burundi qui a été présenté à la table ronde des bailleurs de fonds, organisée à Bujumbura, en février 2006. Pour assurer le financement de ce programme, le gouvernement du Burundi et les donateurs se sont convenus de la mise en place d’un fonds fiduciaire dont la gestion a été confiée au PNUD. Le programme prévoyait la construction de 10 villages de réinstallation des sinistrés (rapatriés/expulsés, déplacés et autres vulnérables dont les sans terre et/ou sans référence). A nos jours, le gouvernement du Burundi a programmé l’utilisation d’un milliard deux cent quatre vingt cinq millions six cent quatre vingt six mille six cent soixante francs Burundais (1.285.686.660 FBU), soit l’équivalent d’un million cent trente et un mille sept cent soixante six dollars (1.131.766 $) pour la construction de 1200 maisons sur quatre sites de paix dans les provinces de Muyinga, Bururi, Bujumbura Rural et Bubanza.

Le village de Nyarunazi qui est l’un des quatre villages qui ont bénéficié du financement de ce fonds fiduciaire, a vu le jour grâce aux contributions du Royaume Uni, du Royaume de Norvège et du Royaume de Belgique au fonds fiduciaire. Le coût des travaux d’aménagement du site et la construction des maisons du village de Nyarunazi est estimé à trois cents millions de francs burundais (300.000.000 FBU), soit l’équivalent de 264.085 dollars américains.

A l’occasion de l’inauguration de ce village, le Directeur Pays du PNUD, M. Broek a indiqué que le leitmotiv qui guide le PNUD et le système des Nations Unies au Burundi dans son action est de concourir à la consolidation de la paix et à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Fiers de recouvrer un abri, Bénigne Ngendahonankwa, Youssuf Mugisha et son épouse Françoise Uwitonze témoignent, « nous avons acquis maintenant une base pour assurer notre développement et nous tirer de la pauvreté qui nous menacent, certes nous avons besoin d’un soutien en matière alimentaire et en soins de santé, mais comme le gouvernement nous promet une terre pour cultiver, nous allons satisfaire à nos besoins alimentaires et reprendre la vie normale ».

« Disons que nous avons une base essentiel pour reprendre une vie normale parce que nous avons entendu que ce village sera un modèle de développement socio-économique », a renchéri Youssuf.

Pour le 2 èmeVice-Présidet de la République, M. Gabriel Ntisezerana, l’inauguration du village de Nyarunazi a une double signification pour le gouvernement et la population burundaise ; d’une part elle marque la fin de la crise et l’entrée dans un air nouveau où il faut s’atteler aux projets de développement ; d’autre part, malgré les problèmes économiques que traversent le pays, c’est un signe éloquent que le gouvernement a fait de la lutte contre la pauvreté une de ses principales priorités.

Ainsi, a-t-il insisté, la reconstruction vient soutenir la politique du gouvernement visant la consolidation de la paix et le développement durable.

Le grand souhait de M. Ntisezerana est de voir ce village se transformer en un véritable village modèle de paix et développement.

Il importe de souligner qu’en plus d’avoir permis aux ménages des sinistrés sans abri d’accéder au logement décent que les travaux de construction de ce village ont généré de l’emploi aux habitants de Buhinyuza, ce qui a permis d’améliorer leurs conditions de vie, selon Jacques Bucumi qui a pu accéder à un revenu lui permettant de subvenir à ses besoins primaires.

Ainsi, grâce à l’approche du travail rémunéré « cash for work », 45.000 ouvriers en moyenne, dont 37 % de femmes, y compris les bénéficiaires des maisons ont régulièrement travaillé sur le chantier pour un montant global d’environ 165.00.000 de francs burundais de rémunérations salariales, soit près de 55 % du coût global des travaux d’aménagement du village et de construction des maisons. ce qui a permis d’améliorer leurs conditions de vie

Il est aussi important de souligner que l’accès au logement étant une étape importante pour ces sinistrés sa ns abri et même sans adresse pour certains, d’autres besoins essentiels devraient être couverts pour que ce village devienne un véritable pole de développement. Il s’agit notamment de l’octroi des espaces agricoles, de la construction des infrastructures socio-communautaires (écoles, centres de santé, marchés, adductions d’eau, potable etc.). Les activités génératrices de revenus devraient également être initiées en complément aux travaux agricoles. Il en est de même des activités d’éducation à la paix, au VIH/SIDA et aux droits de la personne humaine.