Le PNUD au Burundi

Le PNUD est présent au Burundi depuis 1975. Dès l’ouverture de la coopération avec le Burundi, le PNUD a apporté son assistance au pays dans divers domaines de développement socio-économiques. Récemment, le PNUD a été très proche du gouvernement et du peuple burundais par l’accompagnement du processus de paix aussi bien interne qu’externe, l’assistance aux communautés de base en vue d’assurer la transition de l’urgence au développement, la mobilisation de la communauté internationale, la coordination de l’aide et l’appui au processus électoral.  

 En 2005, le gouvernement du Burundi et le PNUD avaient conclu un programme de coopération 2005-2007 axé sur - la promotion de la bonne gouvernance pour atteindre les OMD - la transition des interventions d’urgence vers un processus de développement – l’ appui aux efforts d’intensification de la lutte contre le VIH/Sida. Le genre, les droits de l’homme et l’environnement ont été considérés et pris en compte comme thèmes transversaux.

Ce programme s’est inspiré du document du Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté Intérimaire (CSLP-I) et du Plan Cadre d’Assistance des Nations Unies (UNDAF) qui constitue une réponse intégrée du système des Nations Unies aux défis majeurs du Burundi pour l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

L a promotion de la bonne gouvernance pour atteindre les OMD visait globalement la r estauration de la paix et la réconciliation. Il visait spécifiquement : (i) le renforcement des institutions démocratiques et le raffermissement de l’Etat de droit ; (ii) la modernisation du système électoral ; (iii) la promotion de la participation, de la décentralisation pour une gouvernance locale ; (iv) la promotion et la protection des droits et libertés ; (v) la lutte contre les inégalités à l’égard de la femme ;(vi) la planification dans une vision de long terme; (vii) le renforcement de l’appareil statistique pour le suivi de la pauvreté et des OMD; (viii) la mise en place de mécanismes de contrôle garantissant la transparence et la redevabilité des gestionnaires de l’Etat ; (ix) le renforcement de la coordination et la mobilisation des ressources.

 La transition des interventions d’urgence vers un processus de développement apour objectifs de renforcer les capacités du Gouvernement, de la société civile et des communautés pour l’accueil et la réintégration des sinistrés (rapatriés, déplacés et autres personnes vulnérables) et de poser les bases d’un développement durable. Les activités du programme devraient permettre ainsi de doter les institutions gouvernementales, les communautés et les organisations de la société civile des capacités requises pour faire face à la problématique de sinistrés et pour promouvoir la gouvernance locale.

En vue de positionner comme un catalyseur incontournable pour une transition fluide de l’humanitaire vers le développement durable, il disposait de quatre composantes, à savoir :

  • Appui au renforcement de la cohésion sociale à travers la réactivation des mécanismes traditionnels de résolution des conflits et la mobilisation sociale,
  • Développement et mise en oeuvre des programmes intégrés de réhabilitation/reconstruction d’infrastructures socio-économiques fonctionnelles,
  • Amélioration de l’accès des communautés aux ressources et moyens de production et,
  • Appui à l’organisation et à la préparation des acteurs locaux dans la perspective d’une décentralisation effective et d’un mode efficace de gouvernance locale.

L' appui aux efforts d’intensification de la lutte contre le VIH/Sida avait pour but de contribuer à la riposte du Gouvernement du Burundi à la pandémie du VIH/SIDA.

Il a mené ses activités dans quatre provinces du pays : Bujumbura Mairie, Gitega, Ruyigi et Muyinga en couvrant dix (10) programmes d’actions autour de cinq axes de lutte contre le SIDA:

- Renforcement du système de planification en matière de lutte contre le VIH/sida ;

- Renforcement des capacités de coordination du CNLS ;

- Renforcement des capacités des PVVIH ;

- Soutien à l’élaboration des plans d’action des ministères et des entreprises ;

- Mobilisation des ressources et appui à la gestion du fonds global.

Résultats atteints

Dans le domaine de la promotion de la Bonne Gouvernance en vue de l’atteinte des OMD, le Programme a pu réaliser des succès importants dont l’appui et la coordination du processus électoral de 2005 ainsi que le renforcement des capacités des élus nationaux et locaux et de l’administration ; l’appui à la finalisation du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté Complet (CSLP-Complet) et l’organisation d’une Table Ronde (mai 2007) des partenaires pour mobiliser les ressources requises pour le financement des programmes prioritaires retenus dans ledit CSLP ; l’appui à l’élaboration d’une étude prospective « Burundi 2025 » et d’une stratégie nationale basée sur les OMD qui devraient être finalisés avant la fin de cette année en cours (2007) ; l’élaboration de certains outils de planification locale en l’occurrence, les monographies provinciales et communales et un plan type de développement communal; l’appui à la préparation des réformes dans les domaines de la Justice, des Droits de l’Homme et de l’Administration (Décentralisation) préconisées par l’Accord d’Arusha ;

En ce qui concerne l’appui à la transition de l’urgence (conflit) au développement (post-conflit), le Programme a appuyé le pays dans la réhabilitation des sinistrées (rapatriés et déplacés) et la lutte contre la pauvreté à travers notamment le développement de certains services sociaux de base comme les infrastructures scolaires et sanitaires, ainsi que le développement des activités génératrices de revenus.

Concernant le lutte contre le VIH/SIDA, le Programme a contribué avec l’appui des autres partenaires à la mise en œuvre du Programme National de lutte contre le VIH/SIDA et réalisé un certain nombre d’activités pour lutter contre les discriminations liées au genre et pour promouvoir la préservation de l’environnement.

Au cours du quatrième trimestre 2006, le PNUD a revu son Programme de coopération 2005-2007 pour se conformer à partir de l’année 2007, à la nouvelle architecture des Nations Unies au Burundi définie par le Conseil de Sécurité dans sa résolution 1719 (2006) qui a créé le BINUB (Bureau Intégré des Nations Unies au Burundi). Son mandat qui s’inscrit dans le cadre de la Commission de Consolidation de la Paix mise en place fin 2005 par l’Assemblée générale des Nations Unies est « de continuer d’aider le Gouvernement burundais à consolider la paix en renforçant les capacités nationales nécessaires pour s’attaquer aux causes profondes du conflit ».

Le Nouveau Cadre Stratégique de Consolidation de la Paix au Burundi

Le Cadre stratégique pour la consolidation de la paix au Burundi reflète les engagements mutuels du Gouvernement et de ses partenaires à œuvrer de concert à la résolution des défis et menaces à la construction d’une paix durable dans le cadre d’un dialogue continu, transparent et flexible.

Un consensus sur la définition de ces défis et menaces a été dégagé au cours des consultations menées entre le Gouvernement du Burundi et ses partenaires. Les consultations ont rassemblé et permis de recueillir les contributions d’un large éventail de parties prenantes dans la consolidation de la paix au Burundi, y compris des représentants des partis politiques représentés au parlement, de la société civile, des organisations féminines, des confessions religieuses, du secteur privé, des agences du système des Nations Unies et des partenaires internationaux.

L’intervention du PNUD dans ce nouveau Cadre stratégique de Consolidation de la Paix au Burundi se fait à travers le Nouveau Programme Conjoint d’appui à la Consolidation de la Paix et de la Gouvernance.

Ce programme conjoint “Paix et Gouvernance” est une initiative inter-agence, mise en oeuvre par le Bureau Intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB), UNIFEM, UNICEF, UNESCO, FAO, UNFPA, l’UN-Habitat et le PNUD. Ainsi, ce programme représente une approche intégrée au soutien que les Nations Unies apportent au Burundi dans le domaine de la gouvernance et de la consolidation de la paix.

Objectifs du Programme « Paix et Gouvernance »

L’objectif principal du programme intégré de Paix et de Gouvernance est que les populations participent effectivement au processus de décisions politiques et économiques les concernant et leur permettant de jouir pleinement des dividendes de la paix. Son objectif principal et les interventions stratégiques qui le composent s’inscrivent dans la droite ligne du CSLP dans son axe stratégique « Amélioration de la Gouvernance et de la Sécurité », des priorités retenus dans la Feuille de Route conjointe Gouvernement/BINUB et du mandat accordé au BINUB dans le cadre de la Résolution 1719. Les objectifs stratégiques définis pour ce Programme sont les suivants :

  • Le développement d’une culture démocratique au sein des différentes structures de représentation par le renforcement des capacités institutionnelles et la mise en place de mécanismes de concertation entre partenaires nationaux ;
  • L’appui aux réformes en matière de sécurité et dans le secteur de la Justice ;
  • Le renforcement des capacités et de la responsabilité de la société civile ;
  • L’appui à la poursuite des réformes de l’administration publique en vue de l’instauration d’une Administration publique plus transparente, décentralisée pour une efficacité améliorée et une accessibilité des services publics accrue ;
  • Le soutien aux institutions d’information, de communication et d’éducation communautaire afin qu’elles fassent la promotion de la culture de la paix auprès de la population ;
  • Le renforcement des capacités nationales en matière de planification stratégique et de gestion de l’aide ;
  • La mise en place d’un cadre institutionnel permettant un accès équitable des populations à la terre et aux autres facteurs de production accrue.

Stratégie d’approche

L’approche vise une complète appropriation des programmes par les partenaires nationaux, un impact réel et immédiat, et une meilleure coordination des intervenants au niveau institutionnel et communautaire. Ainsi, pour chaque objectif stratégique, et selon les besoins, les services rendus par les Nations Unies incluront :

  • L‘appui technique, pour notamment faciliter et accompagner en amont les institutions nationales en charge de l’initiation et de la conduite des réformes institutionnelles, la conception, le développement et le pilotage des programmes relatifs à la consolidation de la démocratie et de la paix ;
  • Le plaidoyer et information, pour mobiliser les énergies autour de défis non encore tenus en considération dans les programmes actuels et en faveur du Gouvernement pour l’assistance de la communauté internationale ;
  • L’exécution directe, en privilégiant les actions à impact rapide et durable au sein des communautés et des institutions nationales aussi bien étatiques que non étatiques ;
  • La formation, pour renforcer les capacités des partenaires nationaux tout en veillant à adapter l’appui apporté en fonction de leur capacité d’absorption.