Lutte contre la pauvreté : Quel bilan ?

Lutte contre la pauvreté Bujumbura, le 18 Février 2011 - Approuvé en 2006, le premier cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) est en fin d’exécution. Avant d’entreprendre la préparation d’un deuxième CSLP, le Gouvernement a décidé d’en évaluer sa performance et son impact.

Le CSLP avait pour objectifs principaux, la gouvernance et la sécurité, la croissance durable et équitable, le développement du capital humain et la lutte contre le SIDA. Ces 4 domaines ont donc été évalués  sous l’angle de l’état des lieux, les mesures prises durant la période d’exécution et les résultats obtenus. Un accent particulier a été porté sur l’impact de la stratégie sur la vie économique et sociale et sur les priorités qui devront guider les politiques futures du Gouvernement et de ses partenaires en matière de réduction de la pauvreté et de croissance économique. Cette analyse, à elle seule, définit donc les priorités qui doivent dominer l’action future des pouvoirs publics et de la communauté internationale.

Dans l’ensemble, le bilan du premier CSLP est très positif. Les progrès sur le plan de la gouvernance et de la sécurité sont substantiels dans la quasi-totalité des sous-secteurs. Les résultats obtenus dans les secteurs de l’enseignement primaire et de la santé de base sont remarquables. C’est seulement sur le plan de la croissance économique que les progrès réalisés sont nettement insuffisants. La croissance du PIB de 4% de 2006 à 2009 est loin de suffire à réduire le taux de pauvreté qui frise les 67%. Le secteur primaire continue toujours de faire vivre 97% des burundais les plus pauvres. Il faut donc faire beaucoup plus pour stimuler la croissance du secteur rural en mettant l’accent sur l’agriculture, l’élevage et le développement rural en général.

Seule la mobilisation d’un secteur privé compétent et efficace permettra au pays de relancer la croissance et de diversifier les cultures d’exportation pour fournir des produits de qualité. Faire fonctionner le cadre de concertation public/privé en plus de développer les PME et la micro-finance devient donc la priorité des priorités.

Un effort visible doit être envisagé pour développer les infrastructures, les transports, l’énergie, les TIC. Cet effort suppose la mobilisation de ressources additionnelles au niveau des budgets nationaux et de l’aide internationale.

Protéger les acquis

D’importants progrès ont été réalisés vers la normalisation de la vie politique mais les efforts entrepris pour améliorer la gouvernance doivent être pérennisés. Il s’agira à cet effet de poursuivre la construction d’un système politique démocratique, de renforcer la sécurité, de réduire les effectifs de l’armée et de la police ainsi que les dépenses de défense pour pouvoir continuer d’accroître les ressources affectées à la croissance et au développement social.

La réforme de la gestion des finances publiques connaît, elle, des progrès satisfaisants mais il ne faut pas s’en contenter. Il faudra poursuivre les réformes des procédures et des systèmes qui ont déjà donné de bons résultats et renforcer encore les corps de contrôle. Une campagne rigoureuse de lutte contre la corruption doit être entreprise pour redorer l’image du Burundi. Actuellement, la corruption nuit beaucoup aux efforts de mobilisation des ressources auprès des donateurs et du secteur privé.

Parallèlement, il est impératif d’accélérer la réforme de la justice et la professionnalisation de la fonction publique. Il est recommandé de construire et d’équiper davantage les tribunaux, de former les magistrats et de renforcer l’indépendance des corps de la magistrature. Traiter les conflits fonciers au niveau local, sécuriser la propriété des terres et mettre en place une justice transitionnelle sont aussi des éléments essentiels.

Enfin, cette analyse permet au Gouvernement d’initier un changement profond sur les orientations du développement du Burundi.  L’objectif visé ici est clairement de placer le Burundi dans le concert des pays de la sous région qui s’efforcent d’atteindre un niveau de développement susceptible de les hisser au rang des pays à revenu intermédiaire dans les toutes prochaines années.

Dans cette optique, le CSLP II capitalisera sur les conclusions de cette évaluation de la mise en œuvre du CSLP I.  Il s’agira de veiller à ce que le nouveau cadre de développement du Burundi mette en œuvre des programmes prioritaires capables de répondre aux besoins et préoccupations exprimés par la population.

 

 

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