Le Burundi a accueilli du 23 au 24 février 2012 la 7ème Conférence des Ministres Africains de la Fonction Publique. Les participants ont été appelés à réexaminer le plan d’action continental pour la reconstruction et le développement post conflit. Il était attendu également qu’ils conviennent de l’implantation du secrétariat de la conférence des ministres africains de la fonction publique au sein de la commission de l’Union Africaine.
Organisé avec le concours du PNUD, cette réunion s’est déroulée une année après l’adoption de la charte africaine sur les valeurs et les principes du service public et de l’administration ainsi que du cadre d’opérationnalisation de la stratégie à long terme du programme africain de gouvernance et d’administration publique.
Cette charte est fondée sur le désir et l’engagement politique des ministres africains de la fonction publique de renforcer le professionnalisme, la promotion des valeurs et des principes de la démocratie, la bonne gouvernance, les droits de l’homme et pour faciliter l’exercice du droit au développement en Afrique.
Il est important de noter que la question de l’efficacité des administrations publiques demeure un défi important pour l’Afrique malgré tous les efforts consacrés à leurs réformes depuis plusieurs décennies. Les premières vagues de réformes réalisées à l’aune des programmes d’ajustement structurels avaient davantage un objectif de réduction des coûts de l’administration, sans égard à la qualité des services offerts aux citoyens. Ces réformes ont eu pour résultat d’accroître les inégalités. Elles ont aussi fait émerger une prise de conscience : on ne peut lutter contre la pauvreté et atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement sans améliorer durablement la qualité du service public.
De ce fait, l’efficacité du service public est progressivement apparue comme une condition primordiale à une bonne gouvernance qui garantit une réalisation effective des plans nationaux de développement et des stratégies de réduction de la pauvreté. Pour arriver à une administration publique efficace, divers grands défis doivent être surmontés : renforcer les capacités d’analyse, de planification, de suivi et d’évaluation, améliorer les infrastructures, rapprocher les services des citoyens, traduire les orientations politiques en engagements financiers concrets, décentraliser la prise de décisions, les ressources et le pouvoir, gérer de façon plus rationnelle les ressources et les entreprises publiques, stimuler la motivation et la productivité des agents du service public, sans oublier de lutter contre la corruption qui gangrène l’ensemble des sociétés.
La conférence sur la charte africaine a inspiré le Burundi
Cette conférence se tient à un moment crucial où le Burundi est en train de mettre en place une politique nationale de réforme administrative inspirée par la conférence sur la charte africaine.
Selon le premier vice-président de la république du Burundi, M. Térence Sinunguruza, les différentes réflexions menées au sein de la conférence sur la charte africaine ont alimenté le programme national de réforme de l’administration publique burundaise. Ces réflexions ont porté sur les valeurs et les principes de l’administration publique, la stratégie de longue période de la conférence, le développement de guides pour l’implémentation, au niveau national, ...
Après plus d’une décennie de guerre civile, l’administration burundaise vient de se doter d’un programme national post-conflit, qui s’attèlera entre autres à renforcer l’autorité et la capacité de l’Etat central ainsi qu’à repenser l’administration publique comme un système cohérent et équitable dont les activités son toujours orientées vers le service au citoyen, a-t-il indiqué.
Pour sa part, Mme Rosine Sori Coulibaly, représentante résidente du PNUD au Burundi, a indiqué que l’administration publique doit être en mesure de proposer les politiques, concevoir les programmes et dispenser les services nécessaires dans une optique de développement pour la satisfaction des populations, surtout les plus vulnérables comme les jeunes et les femmes. Mme Coulibaly estime également qu’il est important que le processus de réforme soit inclusif et associe toutes les sphères de la société, les organisations de la société civile, les syndicats, les écoles nationales d’administration ainsi que les instituts de gestion de développement.
Actuellement, la reforme de l’administration publique est l’un des chantiers importants du programme du PNUD au Burundi qui entre autres vient d’accompagner le gouvernement vers l’adoption de sa stratégie nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption et dans la formulation de son programme national de réforme de l’administration de publique ainsi que de sa politique nationale de renforcement des capacités.
Au cours de cette conférence, Mme Coulibaly, en qualité de représentant résidente du PNUD et coordinatrice résidente du système des Nations Unies au Burundi, a marqué l’engagement de l’ensemble du système des Nations Unies en général et du PNUD en particulier auprès des partenaires pour accompagner le travail de vulgarisation, de domestication et mise en œuvre des instruments de la conférence qui, à terme, permettront d’apporter une meilleure réponse aux besoins et attentes des populations.
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