L’ambassadeur Albert Mbonerane, acteur de la société civile dans le domaine de l’environnement, figure parmi les partenaires principaux appelés à enrichir le rapport national sur le développement durable. Ce document sera présenté à la conférence internationale « Rio + 20 » prévue en juin 2012 dans la capitale brésilienne. La préparation de ce rapport bénéficie de l’appui du PNUD.
M. Mbomerane, lors de la validation officielle du rapport Burundi RIO +20, a déclaré « qu’au même titre que le partenariat public-privé, le partenariat public-société civile et le partenariat privé-société civile s’avèrent indispensables pour assurer le développement durable du pays ». Il s’est également réjouit du dialogue amorcé entre le gouvernement et la société burundaise, considéré aujourd’hui comme des partenaires complémentaires pour travailler à la construction d’un développement durable du pays.
Ancien ministre de l’environnement, Mbonerane est à la tête de quatre organisations environnementales qui sont : Action ceinture verte pour l’environnement (ACVE), Action de lutte contre la malaria (ALUMA), FENASE (Fédération des acteurs non étatiques intervenant dans le secteur de la santé) et la Fondation Roi Mwezi Gisabo. Celle-ci est un exemple de partenariat privé-société civile, produit de la collaboration entre l’ACVE et Interbank, une banque privée opérant à Bujumbura. Elle s’est assignée notamment l’objectif de protéger le lac Tanganyika.
Quatre organisations en phase avec la déclaration de Libreville
Les quatre organisations répondent aux aspirations de la déclaration de Libreville sur la santé et l’environnement. Celle-ci prône la mise en œuvre de toutes les déclarations et conventions internationales relatives à la santé et à l’environnement. « Nous réalisons un plaidoyer pour un environnement propre pour la santé de l’homme. Par exemple en assurant un bon assainissement du milieu, le paludisme pourrait être éradiqué », témoigne M. Mbonerane.
« Le rôle de la société civile, dit-il, est de mener un plaidoyer pour que les gens comprennent la nécessité de protéger l’environnement, d’agir en « chien de garde » pour protéger les actions réalisées et d’alerter en cas de problème environnemental. Nous accompagnons le gouvernement sur terrain pour l’aider à réaliser ses objectifs et nous agissons comme des partenaires à travers les ministères techniques ».
Des réalisations palpables
Avec l’appui de l’ambassade de France au Burundi et avec l’aide de l’ACVE, le jardin public de Bujumbura a été réhabilité et aménagé. Aujourd’hui, un accord signé entre la mairie de Bujumbura et l’ACVE confie la gestion du parc à cette dernière, ce qui concrétise le partenariat public-société civile. « Pour une ville comme Bujumbura qui connait une augmentation de la population et des entreprises, le jardin public constitue le poumon vert de la ville. Il est aussi un espace de rencontre des cultures et de détente, surtout pour les jeunes », note Mbonerane.
Dans la province de Muramvya (centre du Burundi), entre 2009 et 2011, l’ACVE a encadré 100 ménages agricoles dans le domaine de la gestion durable du sol, de l’augmentation de la production des terres, et de la lutte contre l’érosion. Aujourd’hui, ces agriculteurs ont franchi un autre pas en se constituant en association. Ils ont construit notamment un hangar de stockage pour protéger leurs récoltes contre le vol et les intempéries.
Le lac Tanganyika est la principale ressource d’eau potable consommée par la population de Bujumbura. Cette eau, ainsi que sa biodiversité et ses réserves piscicoles, sont malheureusement menacées par les différents résidus et déchets qui se déversent dans cette réserve vitale pour la population.
Le projet « paysage protégé du nord-est du lac Tanganyika » a pour objectif de protéger les berges de la rivière Ntahangwa, l’une des principales rivières qui traversent Bujumbura et de réglementer sa gestion. Elle figure parmi les grands affluents de ce lac et reste une voie de transit des polluants des eaux du Tanganyika.
En collaboration avec la société brassicole du Burundi « BRARUDI » et à travers la Fondation Roi Mwezi Gisabo, des actions de salubrité ont été engagées dans la commune de Buyenzi, connaissant des conditions environnementales déplorables. Les ordures et les déchets de diverses sortes sont généralement dirigés vers le lac Tanganyika.
« Aujourd’hui, beaucoup d’habitants de Buyenzi amènent les déchets dans les bacs publics que nous avons mis à leur disposition, c’est déjà beaucoup », souligne Mbonerane.
Les projets porteurs de développement durable se construisent peu à peu au Burundi. L’impact de la Conférence de Rio + 20 aura, espère-t-on une influence positive sur la démultiplication des initiatives de préservation de l’environnement au pays des tambours sacrés.
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