En août dernier, en vue d’établir un cadre de dialogue avec les citoyens, le gouvernement du Burundi a entamé un processus de concertation à travers l’organisation des états généraux de la société civile. Ceux-ci ont recommandé la mise sur pied d’un cadre permanant de dialogue pour offrir l’occasion à la société civile de contribuer au développement du pays.
Du 17 au 18 avril 2012, les acteurs concernés se sont retrouvés à nouveau dans l’objectif de concrétiser cette volonté. Selon le Ministre de l’Intérieur, M. Edouard Nduwimana, ce nouveau rendez-vous constitue une matérialisation du souhait légitime d’entretenir l’harmonie de l’action entre les différents partenaires. Il s’agira également d’analyser les voies et moyens d’approfondir la question de la mise en place des mécanismes et le cadre de concertation entre la société civile et le gouvernement. Le Ministre de l’Intérieur a souligné que dans le cadre de la décentralisation, des ateliers thématiques vont être organisés pour que les problèmes réels de terrain soient abordés de plus près. Ils seront organisés selon les domaines d’intervention avec les ministères sectoriels dont relèvent les secteurs des droits de l’homme, gouvernance et corruption, santé et environnement, médias, femme et enfance, business, sport, culture, enseignement et formation, emploi, etc. « Sept mois après le chantier de Gitega, il est impératif de marquer le pas pour évaluer l’étape franchie, les difficultés et les contraintes rencontrées ainsi que les perspectives pour un travail performant », a dit M. Nduwimana. Cela permettra notamment de poursuivre et consolider la concertation permanente entre la société civile et les pouvoirs publics et d’évaluer l’état de mise en application des recommandations issues des états généraux de la société civile par les parties prenantes.
Le dialogue et la concertation confirment les efforts entrepris
« L’instauration du dialogue et la concertation comme mécanisme de collaboration entre la société civile et les pouvoirs publics vient confirmer les efforts entrepris. Ceux-ci ont permis entre autres une participation active de la société civile dans l’élaboration des instruments de planification du développement, comme la stratégie de nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption », a relevé pour sa part Xavier Michon, Directeur pays du PNUD.
Ce dialogue devient important au moment où le pays entreprend la mise la mise en œuvre de son cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, ainsi que des mécanismes de justice de transition, dont la réussite requerra l’implication et l’appropriation de toute la population burundaise, dans un climat de collaboration étroite et de dialogue franc.
Se réjouissant de cette démarche, il a indiqué que les Nations Unies s’engagent à soutenir de telles plateformes de dialogue et de concertation pour un véritable partenariat administration publique-société civile.

La société civile appelle à la création d’un cadre de concertation
S’exprimant au nom des différentes organisations de la société civile invitées à l’atelier, la représentante de la maison de la presse, Mme Denise Mugugu, a rappelé que la tenue des états généraux de Gitega a été non seulement un cadre exceptionnel de réflexion sur la façon dont les uns et les autres s’acquittent de leur mission, mais également une preuve que le gouvernement du Burundi attache une grande importance à la société civile.
Toutefois, elle a noté qu’actuellement, plusieurs dossiers provoquent des divergences de vue importantes entre le gouvernement et la société civile. Ils sont liés à la justice, aux problèmes de gouvernance, notamment la corruption, à la mauvaise gestion et la vie chère, au respect des droits et libertés publiques, particulièrement celles relatives à l’expression publique des opinions. C’est dans le souci de décrisper les tensions entre les pouvoirs publics et la société civile, et de s’occuper des vrais problèmes du pays que la société civile appelle de tous ses vœux la création d’un cadre de concertation. L’adoption d’un cadre légal qui définit sa mise en place devrait le précéder. « La société civile ne demande qu’à contribuer pour une meilleure gouvernance, et il revient aux pouvoirs publics de savoir en tirer profit », a déclaré Mme Mugugu.