Les jeunes burundais découvrent le monde dans sa diversité
La projection le 22 avril du film « One Day on Earth » au Centre Jeunes Kamenge - CJK - (banlieue de Bujumbura) et à l’Université du Burundi a réuni 300 participants qui ont découvert les résultats en images du premier documentaire tourné le même jour (10.10.10) dans tous les pays du monde. Mme Rosine Sori-Coulibaly, Représentante Résidente du PNUD, M. Ismaila Mbengue, Représentant du UNFPA au Burundi et M. Justin Singbo, Directeur Adjoint programme au PNUD ont enrichi de leurs expériences et de leurs réflexions les débats menés après les projections.
La production de ce documentaire, soutenu par le PNUD, été une occasion pour les jeunes burundais de voir le monde dans sa diversité et de mesurer leurs responsabilités pour léguer un monde viable aux générations futures.
Le Centre Jeune Kamenge, né en 1992, a la vocation de ressembler les jeunes des quartiers nord de Bujumbura autour des idéaux de paix par le biais d’actions éducatives, sportives et socioculturelles. Il intéresse aussi les jeunes à la sauvegarde de l’environnement, à la lutte contre le Sida, à la reproduction responsable et la cohabitation pacifique dans cette zone qui a été durement frappée par la guerre civile. Aujourd’hui, plus de 38.000 jeunes âgés de 10 à 30 ans sont membres de ce centre.
Est-que le monde est foutu ?
Lors du débat qui a suivi le film, les jeunes de Kamenge ont centré leurs préoccupations sur les questions touchant à la répartition inégale des ressources et des richesses, à la poussée démographique et à la formation de la jeunesse pour qu’elle devienne la solution aux problèmes.
« En découvrant tous ces problèmes, je m’interroge, est-que le monde est foutu ? Pourquoi il y a tant de problèmes alors que nous avons des dirigeants ? Tous les problèmes que nous avons observé sont à éradiquer, le moment est venu pour user de toute influence sur ces dirigeants pour trouver des solutions efficaces aux problèmes posés, les promoteurs de ce film devraient aider dans tout ça », a dit Anicet Ndayishimiye, membre du Centre Jeunes Kamenge.
D’autres spectateurs, moins alarmistes, trouvent que filmer le monde dans sa diversité humaine montre plusieurs facettes et constitue un atout. « Ces images peuvent orienter les engagements, provoquer des changements en vue de trouver des solutions aux problèmes qui minent le monde », estime Bienvenu Bigirimna.
Armand Remesha, 23 ans, est membre du Centre Jeunes Kamenge. Au chômage après ses études réussies en gestion, il s’engage comme animateur bénévole au club environnement du CJK. Tous les mercredis, il sillonne les 6 communes du nord de Bujumbura et anime les débats dans la perspective de préserver l’environnement au Burundi. Le film « One Day on Earth » l’a renforcé dans son engagement en faveur d’un monde meilleur : «J’ai découvert qu’il existe d’autres pays pauvres au monde, du même niveau social que le Burundi. Cette situation appelle une solidarité mondiale. Si nous voulons venir mettre fin aux problèmes de l’environnement, et de la pauvreté, le chemin est certes long, mais nous pouvons venir à bout des problèmes, ensemble. Nous avons des autorités, ils ont le pouvoir, la conjugaison de leurs efforts et de leur volonté peut améliorer le monde », rassure Remesha. « La première priorité à mes yeux est d’éduquer la jeunesse parce que c’est elle l’avenir du monde. En mobilisant et en sensibilisant les jeunes, nous pouvons avoir un monde meilleur. Ma modeste contribution en ce sens va commencer par la demande d’une copie de ce documentaire pour discuter de son contenu pendant les séances de sensibilisation que je mène comme bénévole. Je vais me baser sur ce film pour amener les jeunes et ma communauté à changer de comportement dans le sens de la contribution au développement du pays », souligne Remesha.
Les universitaires s’intéressent au rôle des Nations Unies et à l’atteinte des OMD
A l’Université du Burundi la projection a été facilité par le le Club RFI de Bujumbura. Les débats ont pris une orientation différente. Les étudiants étant convaincus que la planète Terre est un patrimoine commun à toutes les nations du monde, les préoccupations ont surtout mis de l’accent sur la suppression des conflits et le rôle joué par les Nations Unies dans ce domaine et pour contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement. Pour comprendre davantage le rôle des Nations Unies dans la prévention et la résolution des conflits ainsi que dans la lutte contre la pauvreté, un rendez-vous a été pris avec la communauté universitaire pour se retrouver à nouveau lors d’une journée d’échanges.
Plus d’informations sur l’initiative « One Day On Earth » : www.onedayonearth.org