Centre Humura: Signature de la convention de partenariat.

Ce lundi 30 avril, Monsieur Laurent Kavakure, Ministre des Relations Extérieures et Madame Rosine Sori-Coulibaly, Coordinatrice Résidente des Nations Unies au Burundi, ont signé la convention de partenariat entre le Gouvernement et les Nations Unies sur le  centre HUMURA, qui devrait ouvrir ses portes dans les semaines à venir. Cette institution pilote, basée à Gitega, la deuxième ville du pays, aura pour fonction l’accueil complet des victimes de violences basées sur le genre.

Les bâtiments réhabilités qui accueilleront le Centre HumuraL’ouverture de ce type de centre venant en aide aux femmes est tristement indispensable  au Burundi, où le fléau des violences basées sur le genre connait un développement important. Selon une enquête du Ministère de la Solidarité Nationale, des Droits de la Personne Humaine et du Genre, 2330 viols et 3707 cas de violences basées sur le genre  (VBG) on été recensés en 2010. Les cas de viols ont doublé comparé aux chiffres de l’année 2009...  et plus de 60% des victimes enregistrées ont moins de 18 ans. Les viols et violences ont généralement lieu dans les ménages, sur le lieu de travail, à l’école ou encore dans les champs, selon l'étude qui précise que les moyens utilisés sont la “ruse, la force, les armes ou encore l’abus de l’autorité”. Certains cas restent impunis ou ne sont même pas rapportés et les auteurs sont en grande partie des proches des victimes. 
L’idée de la création du Centre HUMURA découle d’une prise de conscience du Gouvernement Burundais et du Système des Nations Unies au Burundi de l’urgence de formuler une réponse à ces violences. L’intention derrière la mise en place du centre est de prendre en charge de manière globale les victimes et d’aider à leur réinsertion dans la société. L’approche intégrée qui sera utilisée veillera à ce que les patientes du centre puissent non seulement être hébergées dans un logement d’»urgence», mais aussi trouver des réponses médicales, psychologiques, juridiques et socio-économiques aux abus dont elles ont été victimes.

Les défis sont encore nombreux

Le Ministre des Relations Extérieure et Mme la Coordinatrice du Système des Nations Unies au Burundi, lors de la signature de la Convention de Partenariat du centre Humura
Les bâtiments qui accueilleront le centre ont été mis à disposition à Gitega par le Ministère de la Santé Publique et ont été restaurés avec l’appui du PNUD. 16 chambres, ainsi que des espaces communs, seront équipés pour accueillir les victimes, femmes et enfants. Le terrain entourant les bâtiments sera mis à la disposition des patientes pour qu’elles puissent cultiver un potager. Les agences des Nations Unies contribueront également au financement des équipements élémentaires du centre, de la nourriture, du renforcement   des capacités du personnel, de l’accompagnement juridique et de la réinsertion économique et psycho sociale des victimes.  Le gouvernement prendra en charge quant à lui l’engagement du personnel et les salaires, les frais de fonctionnement du centre, les fournitures de bureaux, l’entretient des véhicules et du bâtiment. 


Lors de son discours prononcé après la signature de la convention de partenariat, Mme Rosine Sori-Coulibaly a rappelé les défis qui existent encore  dans les réponses que pourra donner le centre HUMURA aux femmes: «(...) Des défis subsistent et concernent entre autres la capacité du centre à répondre aux besoins des femmes en détresse, à s’assurer de la pérennité des appuis, à impliquer des structures relais proches des victimes dont les CDF, à créer des partenariats avec d’autres structures existantes afin de renseigner le mieux possible le phénomène et de s’assurer que les femmes des régions éloignées de Gitega trouvent des structures adéquates pour répondre à leurs attentes... Les défis sont présents aussi au sujet de la prévention à termes des VBG et de la réduction du nombre des cas par la sensibilisation mais aussi dans la prise de dispositions juridiques appropriées.»

L’accord de partenariat a été signé en présence des représentants des agences du Système des Nation Unies soutenant le projet HUMURA: l’UNICEF, l’OMS, le PNUD, UNFPA, le PAM et ONUFEMMES. Côté gouvernement, le Ministère de la Solidarité Nationale, des Droits de la Personne Humaine et du Genre, le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, le Ministère de la Justice et le Ministère de la Sécurité Publique contribueront à la mise en route du centre et à son fonctionnement.