Les crises cycliques qu’a connues le Burundi depuis 1972 sur fond de contentieux politiques et ethniques ont jeté des centaines de milliers de burundais sur le chemin de l’exil. Plus d’un million se sont également retrouvés dans des camps de déplacés intérieurs à la recherche de zones plus sécurisées. La Tanzanie, pays situé à L’Est du Burundi, a enregistré le plus grand nombre de ces séparés de leurs origines. Depuis 2002, un mouvement de rapatriement massif de ces réfugiés, dont certains nés à l’exil, a été enregistré de manière spontanée ou dans le cadre d’un créneau organisé par les gouvernements tanzaniens et burundais avec la facilitation du HCR. En regagnant la terre de leurs ancêtres, beaucoup se sont retrouvés sans terre et sans référence, leurs propriétés étant occupées par les voisins ou acquises par d’autres personnes. D’autres, suite aux années passées en l’exil, ne savaient plus localiser leurs terres.
De l’assistance avant de trouver une solution définitive
De retour au Burundi, les partenaires se sont mobilisés pour faciliter la réinsertion des expatriés dans la vie communautaire. C’est dans ce cadre que divers projets sont nés: construction d’abris, distribution de nourriture, prise en charge scolaire des enfants... Il s’agit de l’accès aux services de base, à la terre et aux sources de revenus. Le but visé étant de placer ces rapatriés dans une dynamique de développement durable et équitable. Au-delà de l’habitat, le PNUD a principalement investi ses moyens dans la construction d’infrastructures communautaires (routes, centres de santé, écoles, adductions d’eau,…), le développement agropastoral, les activités génératrices de revenus (métiers, artisanat,…), l’environnement, l’accès à la terre... Toutes ces initiatives ont été accompagnées d'une cohabitation pacifique et d'un retour à la paix.
Dans le cadre de la réintégration totale des rapatriés, le gouvernement du Burundi appuyé par ses partenaires a entamé le processus de remise de lettres d’attribution des terres et maisons aux rapatriés. Le coup d’envoi de cette opération, résultat d’un long processus, a été donné le 18 juin 2012 au village de Nyakazi, commune Kibago de la province Makamba (Sud-Est du pays). La représentante du HCR au Burundi, un représentant du gouvernement et une équipe du PNUD ont pris part à cette manifestation hautement saluée par l’administration et les populations de cette province.
« Je suis très émue de donner les lettres d’attribution, garantie de la propriété sur la maison et le terrain. Un toit et une terre qui vous enracinent dans votre pays. Votre patience et votre espoir ont payé. Désormais tout est possible avec la ténacité et le soutien des amis, des donateurs et des dirigeants », a déclaré aux communautés de Nyakazi, Madame Clémentine Awu Nkweta Salami, représentante du HCR au Burundi.
Pour M. Réverien Simbarakiye, directeur de la réintégration au Ministère de la Solidarité Nationale, des Droits de la Personne Humaine et du Genre, cette remise fait partie des efforts du gouvernement pour améliorer les conditions de vie des populations. « Ces terres vous permettrons d’avoir à manger et de nourrir vos enfants. Le vœu du gouvernement est que vous meniez une vie saine afin d’atteindre le développement durable et de contribuer au développement du pays » a-t-il souligné. Il a demandé au PNUD et au HCR de se tenir prêts pour aider le gouvernement dans le rapatriement et l’accueil des burundais qui regagneront leur pays très prochainement.
Garantir les droits citoyens par le toit et la terre
Gaston Mushindi, 38 ans, né en Tanzanie, marié et père de 5 enfants appartient à la communauté des 200 familles locataires du village de Nyakazi. Avant son retour facilité au Burundi en 2009, il vivait au camp de Gatumba en Tanzanie. Gaston est traversé par une double fierté de rentrer chez lui et de posséder un logement et un capital productif : la terre.
« Je suis d’abord fier d’être dans mon pays où je jouis de la liberté de mouvement. En Tanzanie, nous étions cantonnés dans un espace limité. Nous étions exposés au coup de l’amende ou de l’emprisonnement chaque fois que quelqu’un tentait de sortir du camp. Nous étions dans une sorte de prison. Maintenant je peux aller et venir sur l’ensemble du territoire de mon pays », dit-il avec espoir.
A sa rentrée au Burundi, accueilli dans le village de Nyakazi, il éprouvait d’énormes problèmes pour survivre. Il était obligé de vendre sa force de travail chez les voisins ou de traverser la frontière tanzanienne à la recherche d'un travail, en courant le risque de se faire dépouiller de ses biens. L’an dernier, le gouvernement a octroyé un demi hectare de terre arable à chaque ménage du village de Nyakazi. « Nous croyions avant que c’était un prêt. Aujourd’hui, avec la remise des lettres d’attribution de maisons et de propriétés foncières, nous allons mener une vie normale. L’accès à un toit et à la terre garantissent les droits citoyens à nous autres les rapatriés », s’exclame Mushindi.
Jacqueline Nururutse, 45 ans, veuve avec 4 enfants à charge, vit dans le même quartier que gaston. D’origine twa (ethnie marginalisée au Burundi), son acceptation dans le milieu lui a donné plus de dignité, souligne-t-elle. « Si tu pouvais fouiller mon cœur, tu verrais combien il est très fier. Les papiers d’appartenance de propriété et de maison que vient de nous donner le gouvernement, me donne plus d’espoir, je peux vivre maintenant en toute tranquillité et élever mes enfants en cultivant ma propre terre », souligne t-elle.
L’avancée du Sida pourrait être maîtrisée
Leader communautaire, Nururutse est aussi convaincue que beaucoup de choses vont changer dans le comportement social vécu au village. « La promiscuité, le manque d’occupation, la pauvreté, sont des faits principaux qui favorisent la propagation du sida dans notre milieu de vie. Aujourd’hui, l'espoir renaît grâce à l'appui d'organisations comme le PNUD qui vont financer des associations dans le cadre des activités génératrices de revenus », ajoute t-elle.
En effet, le PNUD, après l’aménagement du marais sis dans le périmètre de Nyakazi, a entrepris un projet de services de reconstruction communautaire (SRC) permettant aux rapatriés, démobilisés et les vulnérables de la communauté d’accueil (emplois temporaires utilisant une haute intensité de main d’œuvre) d’accéder à un revenu monétaire. Les SRC ont été organisés autour des travaux d’intérêt communautaires : routes, centres sportifs, ponts, marchés, écoles, maisons, protection de l’environnement, etc.
Aujourd’hui le démarrage d'associations socio-économiques est en cours d’initiation, dans le cadre de l'appiio aux activités génératrices de revenues (AGR). Elles seront en grande partie orientées vers la menuiserie, la boulangerie, la restauration, la fabrication du savon, la couture, la coiffure, la charge batterie pour téléphone mobile en milieu rural non électrifié, la soudure et le cinéma.
Un poste d'un(e) analyste aux achats pour le compte des projets du PNUD. Date limite pour postuler : 08 juillet 2013. Cliquez ici pour consulter et postuler à cette offre.
Un poste d'un(e) associé(e) administratif(ve) et aux achats pour le compte de ONUFEMMES Burundi. Date limite pour postuler : 25 juin 2013. Cliquez ici pour consulter et postuler à cette offre.
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