Le Burundi est un des pays post-conflit qui souffre encore des séquelles de la guerre. Une des plus criantes est la violence basée sur le genre. Malheureusement cette violence, très répandue dans le pays, n’est que trop peu rapportée dans les instances concernées. Certaines victimes préfèrent passer sous silence leur triste situation par crainte de représailles.
Pour atténuer les conséquences néfastes de ce phénomène, le gouvernement et le système des Nations Unies à travers ses agences : PNUD, UNFPA, ONUFEMMES, UNICEF et PAM ont mis en place un projet pilote, le centre HUMURA, qui signifie « retrouver la paix et la quiétude ». Celui-ci se charge de la prise en charge intégrée des victimes des violences basées sur le genre. Il est implanté dans le province du centre du pays, à Gitega, tout proche de l’hôpital de la ville, afin de pouvoir recourir aux services de celui-ci.
Développer des compétences diversifiées
Ayant pour mission de développer des compétences diversifiées pour apporter des réponses synergiques et coordonnées dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), le centre apportera aux victimes une assistance médicale, psychosociale, juridique et communautaire à travers l’étroite collaboration de quatre ministères impliquées dans la lutte contre les VBG : le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le SIDA, le Ministère de la Solidarité Nationale, des Droits de la Personne Humaine et du Genre, le Ministère de la Sécurité Publique et celui en charge de la justice.
Inauguré le 29 juin 2012 par le 2ème vice-président de la République du Burundi, M. Gervais Rufyikiri, ce centre ardemment souhaité servira de lieu de transit, d’apaisement et de reconstruction morale pour toutes les victimes des traitements inhumains. Il marque l’engagement du gouvernement dans le combat pour éradiquer le fléau des violences faites aux femmes, a indiqué le deuxième vice-président de la république.
« La grandeur d’une civilisation se mesure par les mesures de protection des faibles », a déclaré M. Rufyikiri, tout en soulignant que « ce centre est l’un des projets d’application des programmes nationaux visant la promotion et la protection des droits de la personne humaine sans distinctions de sexe, d’âge ou tout autre facteur discriminatoire. »
D’autres centres ouvriront à l’avenir
La ministre de la Solidarité Nationale, des Droits de la Personne Humaine et du Genre, Mme Clothilde Niragira a indiqué qu’à l’avenir, d’autres centres pourront être implantés dans les autres régions du pays pour faciliter la prise en charge des victimes des VBG. A titre illustratif, le centre de développement familial de Gitega a enregistré en 2011 plus de 500 victimes des VBG, selon sa coordonatrice. La ministre a ainsi invité la population à s’investir pour décourager toutes les formes de VBG qui minent la société burundaise. Elle a cité notamment les viols sexuels, les violences domestiques en grande partie commises contre les femmes et filles. Elle entend également déposer très prochainement sur la table du gouvernement une loi réprimant les VBG.
« Faute de pouvoir éradiquer ce crime, le devoir minimal est de pouvoir au moins offrir des services de qualité aux victimes », a indiqué le représentant de l’UNICEF au Burundi, M. Johannes Wedenig.
Plusieurs résultats ont été déjà atteints mais les actions menées nécessitent d’être continuées, affinées et consolidées. « Le fait que les femmes soient toujours abusées est une atteinte grave à leur dignité mais qu’elles manquent en plus d’assistance et que justice ne leur soit pas faite est un manquement innommable », a déploré M. Wedenig.
L’inauguration du centre HUMURA est donc le début d’une autre étape importante en matière d’assistance des victimes. Le souhait des Nations Unies à travers le représentant de l’UNICEF est que les services offerts soient de plus grande qualité et répondent aux normes et standards d’un centre intégré. « Un mauvais accueil et traitement d’une victime de violence constituent pour elle une seconde forme de violence…», a –t-il fait savoir.
Il y a lieu de souligner que bien que la plupart des victimes sont les femmes et les filles, les conséquences s’abattent sur l’ensemble de la communauté et dans tous les domaines aussi bien économiques que sociaux, d’où une impérieuse nécessité de serrer les coudes pour dire halte au VBG !