ANNEXE : METHODOLOGIE DE
CALCUL DES INDICATEURS
PARTIE I :
INDICATEURS COMPOSITES DE DEVELOPPEMENT HUMAIN.
I.
INTRODUCTION
Le développement humain, c’est
le renforcement des capacités qui élargissent les possibilités offertes aux individus
de mener une vie qui leur semble digne de l’être. Malgré maints efforts pour
expliquer que l’idée est plus large que l’indicateur, le développement
humain demeure assimilé à l’IDH, ce qui amène bien souvent à fermer les yeux
sur les libertés politiques, la participation à la vie sociale et la sécurité
physique.
Or, ces capacités sont aussi
universelles et aussi fondamentales que la santé ou savoir lire et écrire.
Elles sont précieuses pour tout un chacun et, sans elles, bien
d’autres possibilités de choix restent lettres mortes. Si elles ne figurent
pas dans le calcul de l’IDH, c’est parce qu’il est difficile de leur donner une
expression chiffrée, et non parce qu’elles seraient d’une quelconque manière
moins importantes pour le développement humain.
L’IDH constitue certes un point
de départ utile, mais il fait l’impasse sur certains aspects essentiels du
développement humain, notamment l’aptitude des individus à participer aux
décisions qui affectent leur existence. Un individu peut être riche, en bonne
santé et instruit, mais s’il n’a pas cette possibilité, il souffre d’un déficit
de développement humain.
L’absence
des paramètres liés à la liberté dans la composition de l’IDH a été souligné
dès la publication du premier Rapport
mondial sur le développement humain. C’est pour y remédier qu’a été
élaboré un indicateur de la liberté humaine (ILH) en 1991, suivi d’un indicateur de la liberté
politique (ILP) en 1992. Néanmoins,
aucun de ces instruments n’a été conservé au-delà de sa première
année d’application, ce qui témoigne de la difficulté de
rendre compte dans un agrégat unique d’aspects aussi complexes du développement
humain.
II.
INDICATEURS DU DEVELOPPEMENT HUMAIN (IDH)
L’IDH est un outil synthétique
de mesure du développement humain. Il chiffre le niveau moyen atteint par
chaque pays sous trois aspects essentiels :
·
Longévité et santé, représentées
par l’espérance de vie à la naissance.
·
Instruction et accès au savoir,
représentés par le taux d’alphabétisation des adultes (pour deux tiers) et par le taux brut de scolarisation, tous
niveaux confondus (pour un tiers).
·
Possibilité de disposer d’un
niveau de vie décent, représentée par le PIB par habitant (en PPA).
Avant de calculer l’IDH
lui-même, il faut établir un indice pour chacune de ces dimensions. La
détermination de ces indices dimensionnels, -c’est-à-dire correspondant à
l’espérance de vie, au niveau d’instruction et au PIB-, passe à chaque fois par
la définition d’une fourchette de variation, avec un minimum et un maximum.
Les résultats obtenus dans
chaque dimension sont exprimés par une valeur comprise entre 0 et 1 selon la
formule générale suivante :
|
Indice
dimensionnel = |
Valeur
constatée - Valeur minimale |
|
Valeur
maximale - Valeur minimale |
L’IDH correspond à la moyenne
arithmétique de ces indices dimensionnels.
Valeurs minimales et maximales
pour le calcul de l’IDH
|
Critère |
Valeur
maximum |
Valeur minimum |
|
Espérance de vie à la naissance (en années) |
85 |
25 |
|
Taux d’alphabétisation des adultes (en% ) |
100 |
0 |
|
Taux brut de scolarisation combiné (en% ) |
100 |
0 |
|
PIB par habitant (en PPA) |
40 000 |
100 |
EXEMPLE DE CALCUL DE L’IDH.
1.
Calcul
de l’indice de l’espérance de vie
L’indice de l’espérance de vie
mesure le niveau atteint par le pays considéré en terme d’espérance de vie à la
naissance. Pour le Burundi, l’espérance de vie atteinte était 47.60 ans en
2002, soit un indice d’espérance de vie de 0.377.
Indice
d’espérance de vie = ![]()
2.
Calcul de l’indice de niveau d’instruction.
L’indice de niveau d’instruction
mesure le niveau atteint par le pays considéré en termes d’alphabétisation des
adultes et d’enseignement (taux brut de scolarisation combiné dans
le primaire, le secondaire et le supérieur). La procédure
consiste, tout d’abord, à calculer un indice pour l’alphabétisation
des adultes et un autre pour la scolarisation. Ces deux indices sont
ensuite fusionnés pour donner l’indice de niveau d’instruction, dans
lequel l’alphabétisation
des adultes reçoit une pondération des deux tiers et le taux brut de
scolarisation d’un tiers. Au Burundi, où le taux d’alphabétisation
des adultes atteignait 42.06% et le taux brut de scolarisation combiné 30.98%
en 2002, l’indice de niveau d’instruction est de 0.395.
Indice d’alphabétisation
des adultes =
Indice de scolarisation =
Indice de niveau d’instruction =
3. Calcul
de l’indice de PIB.
L’indice
de PIB est calculé sur la base du PIB par habitant corrigé (en PPA). Le revenu
est pris en compte dans l’IDH afin de rendre compte de tous les aspects du
développement humain qui ne sont pas représentés par la longévité, la
santé et l’instruction. Son montant est corrigé parce qu’un revenu illimité n’est
pas nécessaire pour atteindre un niveau de développement humain acceptable. Le
calcul s’effectue donc à partir d’un logarithme du revenu. Pour le Burundi,
dont le PIB par habitant était de 445.2 dollars (PPA) en 2002, l’indice de PIB
s’établit à 0.249.
Indice
du PIB =
4. Calcul de l’IDH.
Une fois
que les trois indices dimensionnels ont été calculés, il ne reste plus qu’à
déterminer leur moyenne arithmétique pour parvenir à l’IDH.
IDH = 1/3 (indice d’espérance de vie)
+ 1/3 (indice de niveau
d’instruction)
+ 1/3 (indice de PIB)
IDH = 1/3 (0.377) + 1/3 (0.395 +
1/3 (0.249) = 0.340
III.
INDICATEURS DE
III.1. INDICATEURS DE PAUVRETE
HUMAINE (IPH)
Alors que l’IDH mesure le niveau
moyen atteint par un pays donné, l’IPH s’attache aux carences ou manques
observables dans les trois dimensions fondamentales déjà envisagées par
l’indicateur du développement humain :
·
Vivre longtemps et en bonne
santé : risque de décéder à un âge relativement précoce, exprimé par la
probabilité, à la naissance, de ne pas atteindre 40 ans.
·
Acquérir un savoir et une
instruction : exclusion du monde de la lecture et des communications, exprimée
par le taux d’analphabétisme des adultes.
·
Disposer d’un niveau de vie
décent : impossibilité d’accéder à ce que procure l’économie dans son ensemble,
exprimée par le pourcentage de la population privée de points d’eau aménagés et
par le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans souffrant
d’insuffisance pondérale.
Le calcul de l’IPH est plus
simple que celui de l’IDH. En effet, les critères utilisés pour mesurer ces
carences sont déjà normalisés entre 0 et 100 (puisqu’ils se présentent sous
forme de pourcentage).
II n’est donc pas nécessaire de
passer par des indices dimensionnels.
Dans le Rapport de cette année,
le manque de données récentes et fiables concernant l’accès aux services de
santé a réduit à deux variables prises en compte pour mesurer les carences en
termes de niveau de vie :
-
Pourcentage de la population
privée de points d’eau aménagés,
-
Pourcentage de la population
n’ayant pas accès aux services d’assainissement,
-
Et le pourcentage d’enfants de
moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale.
Une moyenne non pondérée de ces deux
éléments sert ensuite de données d’entrée au calcul de l’IPH proprement dit.
EXEMPLE DE CALCUL DE L’IPH
Mesure de manques en
terme de niveau de vie
Les carences en terme de niveau de
vie sont exprimées par une moyenne non pondérée de deux éléments :
Moyenne non pondérée = 1/2 (population n’ayant pas accès à des points d’eau aménagés)
+ 1/2
(population de la population n’ayant pas accès aux services de santé)
+ 1/2
(enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale)
Population n’ayant pas accès à
des points d’eau aménagés = 52.3%
Population n’ayant pas accès aux
services de santé = 18.2%
Enfants de moins de cinq ans
souffrant d’insuffisance pondérale = 26.8%
Moyenne non pondérée =
La formule pour calculer l’IPH est la suivante :
IPH =
[1/3(P1a+P3a +P3a) ]1/a
Où:
PI
= Probabilité, à la naissance, de décéder avant 40 ans (multiplié par 100)
P2
= aux d’analphabétisme des adultes
P3 = Moyenne non pondérée des pourcentages de la
population n’ayant pas accès à des points d’eau aménagés et
d’enfants de moins de cinq
ans souffrant d’insuffisance pondérale. a=3
Exemple
de calcul en 2002 :
PI = 38.0%
P2 = 57.3%
P3 = 32.4%
IPH =
[1/3(38.03 + 57.33
+ 32,43) ]1/3
= 0.452
III.2. INDICATEUR DE PAUVRETE MONETAIRE
L’indice de pauvreté le plus simple
et le plus connu est le « ratio de pauvreté » ou « incidence de la pauvreté » (noté Po), qui
n’est autre que le rapport du nombre de pauvres par rapport au nombre total
d’individus dont se compose la population.
Bien que cet indice soit le plus
communément employé, il s’attache exclusivement au nombre de pauvres, mais il ne
permet pas de renseigner sur l’étendue de la pauvreté. En effet, si la personne la plus
pauvre devient encore plus pauvre, l’incidence n’en rendra pas compte
puisque le nombre de pauvres n’aura pas varié. Une possibilité de remédier
à cette difficulté consiste, en pratique, à élargir la mesure en faisant
intervenir l’étendue moyenne de la pauvreté en prenant en compte à
la fois le nombre des pauvres et l’étendue de leur pauvreté. C’est ce que l’on
appelle « Intensité, acuité ou ampleur de la pauvreté » (noté P1).
L’intensité de la pauvreté se
calcule donc par la distance moyenne qui sépare une personne pauvre du seuil de
pauvreté. Elle est exprimée en pourcentage par rapport à ce seuil ; et
cette moyenne se calcule sur l’ensemble de la population : pauvre ou
non. Puisque cet outil de mesure représente la distance moyenne à laquelle se
trouvent les pauvres par rapport au seuil de pauvreté, elle
rend ainsi compte d’une aggravation de leurs conditions de vie.
Ce dernier indicateur est certes
déjà meilleur que le premier mais, il a pour caractéristique de n’être sensible
qu’à la situation de l’individu pauvre « moyen » ; il ne rend pas compte de
celle des plus pauvres d’entre les pauvres. Foster, Greer et Thorbeck
(1984) ont suggéré un élargissement, qui
englobe tout degré de préoccupation pour les plus pauvres et ont obtenu un
autre indicateur qui mesure « le
degré d’inégalité dans la pauvreté » (noté P2).
Cette gravité peut être mesurée
comme une moyenne pondérée du carré des distances par rapport au seuil de
pauvreté et est exprimée par rapport à ce seuil. Les pondérations correspondent
aux différentes distances individuelles. Là encore, cette moyenne se calcule
sur l’ensemble de la population. Et puisque les pondérations
s’accroissent en fonction de la pauvreté, cet outil de mesure est sensible aux
inégalités entre les pauvres.
CALCUL DES INDICATEURS DE PAUVRETE MONETAIRE[1]
L’indicateur de pauvreté Pα se calcule
comme suit :
Pα
Où:
z
= seuil de pauvreté ;
yi = dépense réelle moyenne
du membre du ménage I ;
= coefficient
reflétant différents degrés d’importance que pourrait accorder le gouvernement
à l’égard de la profondeur de la pauvreté ;
n = population totale ;
q = nombre de pauvres (membres
des ménages en dessous du seuil de pauvreté).
L’interprétation de cet indice varie selon la
valeur donnée au coefficient a.
·
Si
= 0, on ne se
préoccupe que de l’incidence de la pauvreté et pas de sa profondeur.
L’incidence Po est alors égal à la proportion
des pauvres dans la population et se note aussi H. Si par exemple Po = 56%,
cela veut dire que 56% de la population se trouvent en dessous du seuil
pauvreté.
P0 =![]()
![]()
· Si = 1, on se préoccupe
autant de l’incidence (H) de la pauvreté
que de sa profondeur
moyenne
(I).
P1 =
x ![]()
Où:
Yp =
dépense moyenne des pauvres ;
I = ratio du déficit de dépense (déficit de dépense moyenne/seuil de
pauvreté).
Par exemple, si P1 = 15%,
cela veut dire que l’écart relatif entre le seuil de pauvreté et la dépense
moyenne des pauvres est de 15% ; autrement dit, la dépense
moyenne des pauvres ne représente que 85% du seuil de pauvreté. On peut
aussi calculer le déficit total des dépenses des pauvres par rapport au seuil
de pauvreté (DP), soit : DP= q (z -yp) =nzP1.
·
Si
> 1, on tient compte de l’incidence et de la distribution
de la profondeur. Autrement dit, plus la pauvreté est
profonde plus on y attache d’importance. Si par exemple α = 2, P2 est un
indice de pauvreté plus sensible à la situation des plus pauvres
d’entre les pauvres et représente ainsi le degré d’inégalité entre les pauvres.
Le coefficient de contribution à la pauvreté nationale se calcule comme
suit :
Si la population est divisée en sous-groupes j, la contribution de chaque
sous-groupe à la pauvreté nationale (selon Pα) est mesurée par le coefficient CjPα:
CjPα =![]()
![]()
où:
Xj =
proportion du sous-groupe j dans la population totale ;
Pαj = indice de pauvreté du sous-groupe j
;
Pα= indice national de pauvreté.
Par exemple si CjP0 = 10%, cela veut dire que le sous-groupe j contribue à 10%
de l’incidence de pauvreté nationale.
IV.
INDICATEUR SEXO-SPECIFIQUE DU DEVELOPPEMENT HUMAIN (ISDH)
Alors
que l’IDH mesure le niveau moyen atteint par chaque pays, l’ISDH corrige ce
niveau de façon à réfléter les inégalités sociologiques entre femmes et hommes
sous les aspects suivants:
·
Aptitude à vivre longtemps et en
bonne santé, exprimée par l’espérance de vie à la naissance.
·
Instruction et accès au savoir,
exprimés par le taux d’alphabétisation des adultes et le taux brut de
scolarisation, tous niveaux confondus.
·
Possibilité de bénéficier d’un
niveau de vie décent, exprimée par le revenu estimé du travail (en PPA).
Le calcul de l’ISDH s’effectue
en trois étapes. On commence par déterminer des indices concernant les populations
féminine et masculine pour chacune des variables, selon la formule générale
suivante :
|
Indice
dimensionnel = |
Valeur constatée - Valeur minimale |
|
Valeur maximale - Valeur minimale |
On combine ensuite les indices obtenus
pour ces deux catégories concernant chaque variable, de manière à
assigner une pénalité aux différences de niveau entre hommes et femmes.
L’expression mathématique qui en résulte, appelée indice d’égalité de la
répartition, se calcule selon la formule générale suivante :
Indice
d’égalité de la répartition =
{[part
de la population féminine x (part indicielle de la population féminine
)] + [part de la population masculine x (part indicielle
de la population masculine![]()