Entretien avec Margareta Alm, Officier de sécurité au PNUD.
© Patrice Brizard / PNUD Burundi / 2019 – « Les femmes ont des besoins spécifiques en termes de sécurité, simplement parce qu’elles sont femmes », affirme Margareta Alm, Officier de sécurité au PNUD.


Par Patrice Brizard

Entretien avec Margareta Alm, Officier de sécurité au PNUD.

Bujumbura – « Nous sommes tous exposés à des risques et situations sécuritaires, mais il est reconnu que pour les femmes les risques sont parfois un peu différents », affirme Margareta Alm, officier sécurité du PNUD basée à Dakar, Sénégal, venue animer à Bujumbura une formation de trois jours (28-31 janvier) à la sécurité dispensée aux personnels féminins du PNUD.

« La formation de sécurité WSAT (Women’s Security Awareness Training) a été mise en place pour mieux répondre aux besoins particuliers des femmes en matière de sécurité. C’est pourquoi elle se fait entre femmes : les formatrices sont des femmes, les participantes sont des femmes, toutes sont collègues féminines du PNUD. L’objectif est d’obtenir un forum mieux adapté à leurs besoins spécifiques et aux situations sécuritaires uniques qu’elles peuvent avoir à vivre, simplement parce qu’elles sont femmes », justifie Margareta.

Parmi les problématiques abordées, on peut citer la sécurité au lieu de résidence ou comment voyager plus en sécurité. « Je donne par exemple quelques recommandations sur les petites choses utiles aux femmes, à mettre absolument dans leurs bagages », précise Margareta.  

Une formation à la sécurité qui s'adresse au personnel féminin des Nations Unies
© Aaron Nsavyimana / PNUD Burundi / 2019 - « La formation de sécurité WSAT (Women’s Security Awareness Training) qui s'adresse au personnel féminin des Nations Unies était animée par Margareta Alm.

« Au cours de la formation, Il est important de donner aux participantes l’occasion de discuter et d’échanger sur les risques et les expériences vécues, afin de trouver ensemble les moyens de mitiger de tels risques sécuritaires ». Les sujets traitent surtout des principes de base de la sécurité, comme le comportement à adopter pour ne pas s’exposer aux risques. Les participantes font des petits exercices de table ou forment des groupes pour discuter de scénarios établis à partir de SIRs (Security Incident Reports) décrivant les risques assez fréquemment encourus dans des situations sécuritaires. Ces scénarios donnent l’occasion aux femmes de discuter de ce qui doit être fait si l’une d’entre-elles se retrouve dans une situation semblable.

« Le harcèlement sexuel, les violences conjugales et domestiques ne constituent pas pour les Nations Unies des sujets propres à la sécurité et relèvent plutôt des Relations humaines et du management. La formation ne peut cependant pas se dispenser de discuter de ces problématiques, de leur signification exacte et des étapes et mécanismes à mettre en place si jamais une femme est exposée à de telles situations difficiles. Prenons la violence conjugale, un officier de sécurité des Nations Unies ne peut pas intervenir dans la vie des couples et « gérer leur lit », mais il peut donner aux femmes certains outils, comme leur apprendre à mettre en place un plan de sécurité afin de fuir si nécessaire et sauver leur vie. Entre collègues, il est tout aussi important de savoir reconnaître les signes de violence conjugale, afin de comprendre certains types de comportements inhabituels chez une collègue, et ainsi pouvoir lui offrir une épaule, lui donner un soutien… »

 

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