© Fleury Kid INEZA / PNUD Burundi/ 2020 – Un agent-pulvérisateur entrain de fumiger une maison en commune Kiremba.

Par Fleury Kid Ineza

 

Le paludisme est l’une des principales causes de décès au Burundi. Au cours des six premiers mois de 2019, 4,7 millions d’épisodes palustres avaient été enregistrés, soit un ratio théorique d’une personne sur deux. A cette crise sanitaire déjà existante, depuis le 31 mars 2019, le Burundi a confirmé son premier cas de COVID-19, ouvrant un autre front pour les services sanitaires dont la réponse coordonnée a été organisée autour de 2 stratégies :CDM(Campagne de Distribution de Moustiquaires) et Campagne PID(Pulvérisation Intra Domiciliaire).Leur organisation est rendue possible grâce à la subvention du Fonds Mondial pour la lutte contre la malaria, la tuberculose et le VIH, dont le PNUD est le principal récipiendaire au Burundi.

 

Pour cette année 2020, la PID s’est déroulée du 09 au 29 octobre à Ngozi et Muyinga,les 2 provinces les plus touchées par l’épidémie.Les Communes de Buhinyuza, Muyinga, Mwakiro, Gasorwe, Gashoho,Kiremba, Marangara, Tangara et Nyamurenza ont bénéficié de la pulvérisation en priorité,du fait de l’incidence annuelle élevée. Au total, 200 836 ménages avaient été ciblés et 184 031 ménages ont été traités, soit un taux de réalisation de 96,63%. Les provinces de Ngozi et Muyinga sont les deux provinces du pays les plus affectées par le paludisme.

 

En 2017, dans la province de Ngozi, 149 374 cas avaient été examinés positifs sur une population de 205 839 habitants, soit une incidence annuelle de 7260/00 habitants.  A Muyinga, le nombre de cas examinés positifs pour le paludisme était de 223 267 cas sur une population de 314 407 habitants, soit une incidence annuelle de 7100/00.  Pour changer cette donne, trois tours de pulvérisation intra domiciliaire ont donc été réalisés de 2017 à 2019, avec un taux de couverture de 90% des ménages dénombrés. Ce qui a engendré, une baisse sensible de l’évolution des cas et du nombre de décès observés dans ces régions, comme le témoigne Karamiriza Pascal, habitant de la commune Kiremba, mari et père de 2 enfants :

« Avant il y avait tout le temps des vagues de malaria dans notre maison mais depuis 2019, il n’y a plus de malaria dans mon foyer. Toute ma famille est protégée grâce à ces campagnes de pulvérisation ».

 

A ce jour, les campagnes PID sont renforcées par une forte digitalisation du processus, notamment pour la collecte des données du dénombrement des ménages, leur identification par un code unique, leur géolocalisation, le suivi et évaluation de la mise en œuvre de la campagne, le rapportage et la visualisation des données en temps réel grâce au partenariat local privé.

Les insecticides de dernière génération sont utilisés depuis 2020, en l’occurrence Fludora Fusion, permettant un changement de colichine pour faciliter la logistique.

 

Grâce à l’efficacité de cet insecticide, le calendrier de fumigation a changé, passant de deux campagnes par an à une seule, pour maintenir le cap. Marc, l’un des 724 agents pulvérisateurs et qui a une expérience de 4 campagnes PID, affirme que « le médicament utilisé protège même contre d’autres insectes nuisibles, comme les punaises ».

 

La pulvérisation intra domiciliaire d'insecticide à effet rémanent, est l’une des principales méthodes utilisées pour lutter efficacement contre le paludisme sur une grande échelle et qui donne des résultats satisfaisants.

 

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