© Landry Gakuba / PNUD Burundi/ 2021 – De gauche à droite – Mme Nicole Flora Kouassi, Coordonnatrice Résidente a.i du SNU et représentante Résidente du PNUD, Mme Marie Chantal Nijimbere, Ministre de la Communication, des TIC et des Médias, Mme Angeline Ndayishimiye, la Première Dame du Burundi, Mr Jimmy Hatungimana, Maire de la ville de Bujumbura, lors de la célébration de la Journée internationale des jeunes filles dans le secteur des TIC.

Par Gakuba Landry

Du 19 au 22 avril 2021 a été célébrée, à Bujumbura, la semaine des jeunes filles dans le secteur des TIC sous le thème « Connecter les filles, améliorer les perspectives d’avenir ». Cette commémoration est le résultat de l’engagement du Burundi à mettre en œuvre la résolution 70 de la Conférence de plénipotentiaires de l'Union internationale des télécommunications (Dubaï, 2018) qui invite tous les membres de l'UIT à célébrer la Journée internationale des jeunes filles dans le secteur des TIC chaque année, le quatrième jeudi d'avril. Cette journée est une initiative mondiale de sensibilisation pour encourager les jeunes filles et dames à faire des études et embrasser une carrière dans le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).  

Instituée par l’UIT, elle offre l’opportunité aux pays membres de célébrer les filles talentueuses dans ce secteur mais aussi de s’évaluer par rapport à leurs engagements à promouvoir l'égalité hommes/femmes ainsi que l’autonomisation des femmes grâce aux TIC. Ceci relève de l’Objectif 5 de développement durable (ODD 5) à savoir "Parvenir à l'égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles".

Dans le contexte actuel de l’évolution du monde et dominé par la pandémie liée à la COVID-19, les technologies numériques se sont imposées dans tous les secteurs de la vie.

Cependant, et malheureusement comme c’est en général le cas, les écarts de genre dans le domaine des technologies numériques constituent aussi une réalité pour ce qui est de l’accès aux TIC, les compétences et le leadership.

En effet, selon le Partenariat Equals¹ la représentation des femmes et des filles demeure encore très faible dans les différents secteurs de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de l’élaboration des politiques dans le domaine des TIC². A titre d’exemple, les données publiées par European Statistical (d’Eurostat) en 2018 démontrent que sur les 1,3 million de personnes entreprenant des études supérieures en TIC, les femmes ne représentaient que 17 %.

« Ce moment doit être une sonnette d’alarme pour chacun, chacune de nous. Il convient de nous interroger sur le nombre de femmes/filles qui ont terminé leurs études dans le secteur des TIC et qui ont eu accès aux mêmes opportunités d’emploi que les hommes/garçons ? Combien de femmes/filles qui dirigent des entreprises de télécommunications ou qui ont un poste de prise de décisions dans ce domaine ? Combien d’enfants de sexe féminin soutenus à faire un choix consenti pour des études dans le domaine d’ingénierie, sciences et mathématiques ? Quelle portion de la population constituée des femmes, a accès aux TIC et a des compétences numériques avérées en la matière ? Combien de femmes ont accès à l’internet, au téléphone ou à un ordinateur portable ? Combien de femmes ayant évolué dans ce domaine occupent des postes de prise de décisions au sein des universités et autres institutions étatiques et privées », s’est interrogée Mme Nicole Flora Kouassi, Coordonnatrice Résidente a.i du Système des Nations Unies et Représentante Résidente du PNUD.

La ministre ayant la communication dans ses attributions, Mme Marie Chantal Nijimbere, a fait savoir que, dans ce 21è siècle qui est un siècle numérique, le Gouvernement du Burundi est conscient que l’usage des TIC est primordial dans tous les secteurs d’activité d’un pays. Que le Programme National de Développement 2018-2027 donne une place considérable aux TIC, à leur développement, à l’accès de toute la population à cette technologie et à la formation y relative. Et d’ajouter, « En plus de cela le gouvernement a mis en place la Politique nationale de développement des TIC. Cette politique prend en compte le rôle de la fille et de la femme car elles ont un rôle important dans le développement du pays ».

Dans son allocution la Première Dame du Burundi, Mme Angeline Ndayishimiye, a encouragé les filles à faire les études dans le domaine des TIC et à embrasser leur carrière dans ce secteur vu qu’elles sont aussi intelligentes que leurs frères. « Dieu a donné l’intelligence aux garçons autant qu’Il l’en a donné aux filles. Chères filles qu’on aime et qu’on sait intelligentes, il ne faut plus délaisser ce domaine des TIC. Vous avez l’intelligence et les aptitudes pour faire les études dans ces filières et réussir dans ces domaines. Je vous encourage, jeunes filles et jeunes femmes à vous lancer dans les TIC et ne soyez pas que des utilisatrices de cette technologie mais soyez des développeuses des solutions TIC ».

Le SNU en première ligne dans la promotion de la participation de la fille dans le domaine de TIC

Dans la clôture de la semaine, Mme Nicole Flora Kouassi a tenu à relever la contribution des Agences des Nations Unies au Burundi dans la promotion de la participation de la fille/femme dans le domaine de TIC.

C’est notamment,

  • Le renforcement, par le PNUD, des systèmes au niveau institutionnel inclus : la digitalisation de l’administration publique avec la mise en place d’un portail d’information sur les procédures administratives en ligne appelé ISOKO, la mise en place d’une base des données législatives en ligne, le renforcement de la base des données sur les VBG et un réseau d’alerte rapide auprès du ministère en charge du genre,
  • La mise en œuvre, par UNICEF, du programme nommé Skills4Girls qui renforce le leadership des jeunes filles dans les TIC et le STEM pour permettre aux jeunes filles d’explorer des métiers dans des domaines initialement dominés par les hommes et pour développer les compétences numériques chez les adolescents et les jeunes filles,
  • Le PAM favorise des stages professionnels aux jeunes filles/dames pour le développement de compétences techniques requises pour leur immersion dans un monde professionnel des TIC et la participation dans la mise place des projets de digitalisation,
  • La mise en œuvre du programme « African Girls Can CODE Initiative (AGCCI), dont le Burundi est bénéficiaire, par ONUFEMMES, en collaboration avec L’Union Africaine. Ce programme, couvrant la période de 2018 à 2022, vise à former et autonomiser les jeunes filles âgées de 17 à 20 ans, pour devenir des programmeuses informatiques, des créatrices et des concepteurs, les mettant ainsi sur la voie des études et des carrières dans le secteur de l'information, de la communication et des technologies (TIC),
  • Dans le milieu rural, PNUD, PAM et UNWOMEN appuient l’utilisation de plus en plus de téléphones mobiles par les femmes et les jeunes filles bénéficiaires de programme autonomisation socioéconomiques, pour faciliter le cash transfert en vue de renforcer l’utilisation au niveau le plus simple, des TIC dans l’économie,

Et à la suite de cette semaine focalisée sur les filles dans les TIC, Le PNUD compte mettre en place une plateforme des jeunes filles dans les TIC qui servira de base pour la mise en place d’une plateforme plus large sur les compétences féminines dans différents domaines.

La Coordonnatrice résidente a.i du SNU a aussi fait des recommandations allant dans le sens de cette promotion,

  • Que dans les écoles et au niveau du post fondamental, il y ait mise en place de clubs TIC pour les jeunes filles. Cela permettra une immersion assez tôt dans leur cursus scolaire, déclencherait des intéressements et serait le début potentiel d’une orientation vers ce domaine en expansion,
  • Au supérieur, pour les études techniques et universitaires, mettre en place des mesures incitatives pour que les jeunes filles embrassent les filières des TIC (réduction ou annulation des frais d’inscription, bourses d’études supportées par des entreprises privées...),
  • Pour tout le secteur privé, les organisations non-gouvernementales, organisations internationales et partenaires, faciliter des stages pour les filles, des appuis financiers pour des études ou des spécialisations dans ce domaine, renforcer le respect de la parité genre dans les services de ICT par des quotas.

Dans le cadre de la célébration de cette journée, une compétition de projets innovants usant des TIC et bénéfiques à la fille et la femme a été organisée. 20 candidates finalistes ont eu une séance de coaching leur permettant d’améliorer l’élaboration et la mise en œuvre de leurs projets. Après présentation devant un jury, trois ont été primées. Lydia Iradukunda avec un projet d’une application qui aide les commerçant(es) à mieux gérer leur business. Esther Ndayihimbaze avec un projet d’un logiciel pour l’irrigation agricole automatisée et Chancelle Bamuhaye qui utilise les TIC pour promouvoir les Droits de l’enfant.

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[1] Le partenariat mondial Equals vise à réduire la fracture numérique entre les hommes et les femmes et à combler ce fossé d’ici 2030. Il a été fondé en 2016 par l’UIT, institution des Nations unies spécialisée dans les TIC, l’ONU Femmes, le Centre du commerce international, GSMA et l’Université des Nations unies.

[2] Hélène Beaucher, Réduire la fracture numérique entre les hommes et les femmes par l’éducation, Revue internationale d’éducation de Sèvres, Décembre 2020

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